Guantanamo: 34 vidéos de l'alimentation forcée seront dévoilées

Un prisonnier dans le camp de Guantanamo.... (Photo Marc Serota, archives Reuters)

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Un prisonnier dans le camp de Guantanamo.

Photo Marc Serota, archives Reuters

Agence France-Presse
Washington

Une juge fédérale de Washington a ordonné mercredi au gouvernement américain de dévoiler 34 vidéos montrant l'alimentation forcée d'un gréviste de la faim syrien emprisonné à Guantanamo.

Lors d'une audience au tribunal de Washington, la magistrate Gladys Kessler, qui avait déjà exigé des autorités américaines qu'elles cessent de nourrir ce détenu contre son gré, a en outre exigé la publication de tous les rapports médicaux du Syrien sur une période d'un an.

Abou Wa'el Dhiab, 42 ans, qui a été déclaré libérable en 2009, est incarcéré sans inculpation ni jugement à Guantanamo depuis près de douze ans.

««C'est la première fois qu'un tribunal fédéral commence à prêter attention aux conditions de confinement à Guantanamo, c'est un pas énorme»»

Clive Stafford Smith
L'un des avocat du détenu syrien Abou Wa'el Dhiab

Dans un document déposé lundi par un de ses avocats, il indique avoir «repris sa grève de la faim en raison du retard à le libérer» et raconte «les harcèlements, intimidations et menaces» sur la possible intervention de l'équipe «d'extraction de force des cellules» (FEC), s'il ne cesse pas son jeûne.

La jugeant comparable à celle en place sous l'administration Bush, le détenu évoque «la politique vicieuse autorisant le poids des détenus à faire le yoyo, avec une suralimentation forcée des prisonniers jusqu'au stade du malaise, avant de l'interrompre totalement jusqu'à la perte de conscience».

Sur les quelque 136 vidéos que l'avocat du gouvernement a indiqué avoir dénombrées d'avril 2013 à février 2014, la juge Kessler a ordonné que 34, qui sont «appropriées», soient remises à la défense de M. Dhiab.

Elles représentent dix-huit heures d'enregistrement et montrent à la fois l'extraction de force de sa cellule et l'alimentation forcée qui suit, lorsqu'il est attaché à une chaise avec des sangles à la tête, aux chevilles et aux poignets, et intubé de force par le nez jusqu'à l'estomac pour être nourri.

«Cela arrive douze ans trop tard mais c'est fantastique», s'est félicité l'un de ses avocats à la sortie de l'audience. «C'est la première fois qu'un tribunal fédéral commence à prêter attention aux conditions de confinement à Guantanamo, c'est un pas énorme», a ajouté Clive Stafford Smith.

Plus de douze ans après l'arrivée des vingt premiers détenus à Guantanamo, le 11 janvier 2002, la prison renferme encore 154 hommes sur les 779 qui y ont été incarcérés au total.

En 2013, plusieurs dizaines de détenus avaient mené une grève de la faim pendant plus de six mois et avaient été alimentés de force. Les autorités de Guantanamo refusent depuis de donner un bilan quotidien mais selon leurs avocats, certains détenus refusent toujours de s'alimenter.




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