Israël, l'allié qui espionne le plus les États-Unis

Ancien expert de la marine américaine, âgé aujourd'hui... (PHOTO RONEN ZVULUN, ARCHIVES REUTERS)

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Ancien expert de la marine américaine, âgé aujourd'hui de 59 ans, Jonathan Pollard a transmis à Israël des milliers de documents secrets sur les activités du renseignement américain dans le monde arabe

PHOTO RONEN ZVULUN, ARCHIVES REUTERS

Agence France-Presse
WASHINGTON

Israël espionne les États-Unis plus qu'aucun autre de ses alliés, et cette surveillance dépasse les limites, a rapporté le magazine Newsweek mardi.

Les secrets industriels et techniques américains sont principalement visés par l'espionnage israélien, a ajouté le magazine, citant des réunions confidentielles portant sur une législation qui assouplirait les restrictions de visa pour les citoyens israéliens.

Un membre du Congrès qui a assisté à une réunion d'information en janvier a qualifié le témoignage de «très consternant... alarmant... voire terrifiant», et un autre a jugé ce comportement «nuisible», a rapporté le magazine.

«Aucun autre pays proche des États-Unis ne dépasse à ce point les limites dans ses activités d'espionnage comme le fait Israël», s'est exclamé un ancien membre du Congrès qui a participé à une autre réunion confidentielle fin 2013, selon Newsweek.

Selon cet ancien membre du Congrès, les services de renseignement ont cité sans donner plus de précisions «de l'espionnage industriel, des gens qui viennent aux États-Unis pour des missions commerciales, ou avec des sociétés israéliennes qui travaillent avec des sociétés américaines, ou des agents des services secrets sous les ordres du gouvernement, c'est à dire, de l'ambassade (d'Israël)».

Les activités d'espionnage israélien aux États-Unis sont sans comparaison avec celles d'autres proches alliés, comme l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et le Japon, ont indiqué des agents du contre-renseignement à des membres des Commissions des affaires judiciaires et des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, selon Newsweek.

«Je ne crois pas que ces révélations soient une surprise pour quiconque», a encore déclaré l'ancien membre du Congrès.

Une campagne de calomnie à 100%

Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a catégoriquement démenti mercredi qu'Israël se livre à des activités d'espionnage aux États-Unis.

«Il s'agit d'une campagne de calomnie, pernicieuse, totalement mensongère, et d'une invention à 100 %», a répondu M. Lieberman, interrogé par la radio militaire.

Cette polémique éclate au moment où la conseillère de sécurité nationale américaine Susan Rice entame une visite en Israël.

«Israël respecte à la lettre son engagement à ne pas se livrer à des activités d'espionnage aux États-Unis», a assuré le chef de la diplomatie israélienne, faisant allusion aux promesses faites à Washington à la suite de l'affaire Jonathan Pollard, condamné en 1987 à la prison à perpétuité par la justice américaine pour espionnage au profit d'Israël.

Ancien expert de la marine américaine, âgé aujourd'hui de 59 ans, Jonathan Pollard a transmis à Israël des milliers de documents secrets sur les activités du renseignement américain dans le monde arabe

Le ministre israélien chargé du Renseignement, Youval Steinitz, a qualifié les accusations relayées par Newsweek d'«irresponsables», qui n'ont «aucun fondement».

«Israël a décidé depuis 30 ans de ne pas faire d'espionnage aux États-Unis», a déclaré le ministre à la radio publique. «Je n'ai reçu que des louanges sur la coopération entre les services de renseignements américains et israéliens durant mes entretiens ces derniers mois au Congrès ou avec les responsables des différents services de sécurité américains», a insisté M. Steinitz.

M. Lieberman a par ailleurs estimé que, selon lui, les accusations d'espionnage n'étaient pas liées à la demande d'exemption de visas présentée par Israël pour les touristes et visiteurs israéliens souhaitant se rendre aux États-Unis.

Selon les médias israéliens, citant des responsables américains, le rejet de cette demande serait dû aux services de sécurité américains qui redouteraient que la suppression des visas favorise l'implantation d'espions israéliens aux États-Unis.

Le ministre des Affaires étrangères a expliqué que les réserves de l'administration américaine n'étaient pas liées à ces appréhensions, mais «uniquement à des questions techniques et administratives sur laquelle nous travaillons depuis des mois».




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