Jeb Bush le mal-aimé

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Possible candidat républicain à la présidentielle de 2016, Jeb Bush (frère de George W. et fils de George H. W.) semble déplaire à la base de son parti qui le trouverait trop modéré.

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Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) Tout comme Hillary Clinton, Jeb Bush réfléchit ces jours-ci à l'opportunité d'une campagne présidentielle qui ramènerait le nom de sa famille à la Maison-Blanche. Là s'arrêtent les comparaisons.

Selon toutes les indications, la grande majorité des militants et bonzes du Parti démocrate appuierait une candidature de l'ancienne secrétaire d'État américaine et femme du 42e président. De son côté, l'ancien gouverneur de Floride peut certes compter sur le soutien de plusieurs donateurs, stratèges et dirigeants républicains, qui sont à la recherche d'un candidat modéré susceptible d'arracher aux démocrates la présidence.

Immigration et éducation

Mais plusieurs militants républicains manifestent une certaine hostilité à l'égard du fils du 41e président et du frère du 43e. Et ce dernier ne semble pas craindre de confirmer leur suspicion en adoptant des positions qui leur sont inacceptables, notamment sur l'immigration et l'éducation.

Jeb Bush ne serait évidemment pas le premier candidat présidentiel que l'establishment du Parti républicain parviendrait à imposer à sa base. John McCain et Mitt Romney sont les derniers en lice. Mais ils ont tous les deux dû renier certaines de leurs positions, sur l'immigration et la santé, entre autres, afin de plaire aux militants conservateurs.

Jeb Bush semble vouloir adopter une approche différente. Le mois dernier, il a choisi de défier les purs et durs de son parti en décrivant l'immigration illégale comme un «acte d'amour». Vous avez bien lu: un acte d'amour qui prouverait l'engagement des clandestins à l'égard de leurs proches.

«Cela ne devrait pas soulever la colère des gens que des personnes viennent dans ce pays pour subvenir aux besoins de leurs familles», a-t-il déclaré lors d'une rencontre publique à la Bibliothèque présidentielle de son père à Austin, au Texas.

«Ces personnes peuvent apporter une contribution à notre pays si nous nous organisons de meilleure façon», a-t-il ajouté en appelant de ses voeux une réforme du système de l'immigration américain qui ouvrirait la voie à la régularisation des quelque 11,5 millions de clandestins aux États-Unis.

Marié à une Mexicaine d'origine et parlant espagnol, Jeb Bush est un apôtre du rapprochement entre son parti et les Latinos, un électorat clé qui a boudé en masse les républicains lors des élections présidentielles de 2008 et 2012.

Mais son discours du Texas aura surtout réussi à éloigner Jeb Bush de la base républicaine. Celle-ci a jeté les hauts cris après l'avoir entendu assimiler l'immigration illégale à «un acte d'amour» plutôt qu'à un crime ou une violation pure et simple de la loi. Certains militants conservateurs ont même copieusement hué chacune des mentions de sa position sur l'immigration lors d'un rassemblement tenu au début du mois au New Hampshire. Jeb Bush avait décliné de participer à cette rencontre organisée par un groupe conservateur, contrairement à Rand Paul, Ted Cruz et Mike Huckabee, entre autres candidats potentiels à la présidence qui ont la faveur de la base républicaine.

L'éducation est un autre dossier où Jeb Bush n'est pas en phase avec les militants conservateurs, surtout ceux qui s'identifient à la mouvance du Tea Party. L'ancien gouverneur de Floride les prend à rebrousse-poil en défendant les nouveaux programmes scolaires communs adoptés par 44 des 50 États américains et le district de Columbia.

Baptisés Common Core Standards, ces programmes de mathématiques et d'anglais ont pour but de mettre les élèves américains à un niveau compétitif vis-à-vis du reste du monde.

Aux yeux des militants conservateurs, les nouvelles normes nationales n'ont pas seulement le malheur d'avoir l'appui de l'administration Obama. Elles constituent également, selon eux, un prélude à la mainmise du gouvernement fédéral sur l'éducation, ce que Jeb Bush est le premier à nier.

«L'idée que ce soit un programme fédéral est fausse», a-t-il dit récemment en faisant allusion à ces normes voulues à l'origine par l'Association nationale des gouverneurs. «Je ne me sens pas obligé d'aller me mettre à l'abri quand je pense que c'est la bonne chose à faire pour notre pays», a-t-il ajouté.

Questions sensibles

Mais jusqu'où un candidat républicain peut-il s'opposer ainsi à la base de son parti sur des questions aussi sensibles? S'il décide de briguer la présidence, Jeb Bush pourrait bien sûr apporter une réponse à cette question.

Mais son défi ne s'arrêterait pas là. Il devrait aussi faire oublier au moins deux décisions majeures qui entachent le nom de Bush aux yeux des militants conservateurs: le reniement de la promesse solennelle de son père de ne pas augmenter les impôts et le plan de 700 milliards de dollars mis en place par son frère pour venir en aide au système financier.

Bonne chance quand même, Jeb.




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