État de Washington: le nombre de disparus revu à la baisse

Les recherches se poursuivent lentement à Oso, où... (PHOTO RICK WILKING, AP)

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Les recherches se poursuivent lentement à Oso, où le nombre des victimes de la coulée de boue s'élève toujours à 24. Mince consolation, le décompte des disparus a été diminué de 176 à 90, en plus de 35 personnes au statut indéterminé.

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(Darrington, Washington) Les familles des disparus parlent de leurs proches au passé, dans les environs d'Oso, quatre jours après qu'une gigantesque coulée de boue a avalé toute une collectivité.

Les derniers espoirs de voir quiconque sortir vivant du champ de ruines qui a remplacé les maisons, les champs et les routes du petit village rural se sont éteints, hier, comme étouffés par la boue.

Seule bonne nouvelle pour la région: le nombre de personnes portées disparues a chuté, hier soir.

«Les policiers spécialisés en disparitions ont fait beaucoup de progrès quant au nombre de personnes qui manquent à l'appel», a déclaré le directeur John Pennington, du service des mesures d'urgence de l'État de Washington, en conférence de presse.

Mardi soir, «nous parlions de 176 disparus», a-t-il rappelé. «Nous pouvons maintenant dire que 90 personnes manquent à l'appel. Le statut de 35 autres demeure indéterminé.»

Depuis, aucun nouveau corps ou survivant n'a été extirpé de la boue. Le compte officiel des morts se chiffre donc toujours à 24 victimes.

Oso est situé en pays forestier, dans une vallée située à 75 kilomètres au nord de Seattle, soit à quelque 200 kilomètres au sud de Vancouver.

La partie de la collectivité touchée par la coulée de boue constituait le nouveau centre du village, un peu en retrait de l'ancienne rue principale, en déclin. Samedi, une cinquantaine de maisons bâties relativement près les unes des autres ont été projetées à des centaines de mètres ou simplement fracassées par la coulée de boue.

«Il s'agissait essentiellement de résidences principales», a expliqué Tony Groboski, qui tient un petit café dans les environs, au pied d'une montagne enneigée. «Pas seulement des travailleurs forestiers. Des gens ordinaires, des retraités.»

Les volontaires rongent leur frein

Depuis deux jours, la frustration monte à Darrington, une petite communauté forestière située juste à l'est d'Oso, sur la route 530.

Chaque matin, des dizaines de résidants des environs enfilent leurs habits de travail et empoignent leurs outils dans l'espoir que les autorités leur permettent de se rendre sur le site de la tragédie. Ils espèrent y retrouver un proche ou simplement aider les secouristes professionnels.

C'est le cas de Sean Hedeen, un jeune travailleur forestier qui faisait les cent pas devant la caserne de pompiers avec son frère. La famille a grandi à Oso.

«Nous avons nos tronçonneuses. Nous tentons de nous rendre sur le site avec notre propre équipement», explique-t-il. «Et ils ont besoin de travailleurs forestiers pour couper les troncs d'arbres.» Les deux frères connaissent la zone comme le fond de leur poche. «Nous attendons d'être déployés», ajoute Sean.

D'autres résidants d'Arlington et de Darrington n'ont pas la patience des frères Hedeen.

Toute la journée, la radio locale transmettait les récits d'horreur de dizaines d'hommes qui se faufilaient jusqu'à la coulée de boue par des chemins forestiers. «Il y a des bras, des jambes. Lorsqu'on trouve un membre, on espère que le reste du corps y est aussi», expliquait l'un d'eux.

La frustration et l'impatience qui pousse des résidants à organiser leur propre expédition de sauvetage - ou de récupération des corps - frappent jusqu'aux élus locaux. «La frustration vient de notre impuissance», admet Dan Rankin, maire de Darrington. «Nous sommes une communauté de travailleurs qui se lèvent à l'aube et triment dur. Les gens viennent se porter volontaires [pour l'opération de secours] avec la même énergie.»

Un deuil discret

Depuis deux jours, les familles endeuillées sont réunies dans un bâtiment d'Arlington dont l'emplacement est tenu secret par les autorités.

Ce soir, certaines d'entre elles étaient attendues à la chapelle d'Oso, située à quelques dizaines de mètres à peine du barrage installé par la police sur la route 530. Épargnée par la boue.

La veille, vers la même heure, plusieurs dizaines de personnes se sont réunies dans un parc d'Arlington pour une veillée aux chandelles. Ensemble, elles ont chanté Amazing Grace, comme des générations d'Américains avant eux: When this flesh and heart shall fail, and mortal life shall cease...




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