Obama en guerre contre les inégalités

«Donnez une augmentation à l'Amérique», a lancé le... (PHOTO LARRY DOWNING, archives AFP)

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«Donnez une augmentation à l'Amérique», a lancé le président Obama, lors de son discours sur l'état de l'Union.

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(New York) De la tribune même où Lyndon Johnson a lancé sa «guerre contre la pauvreté», il y a 50 ans, Barack Obama a hier soir appelé le Congrès américain à «une année d'action» pour inverser la progression des inégalités économiques aux États-Unis.

Prenant la parole à l'occasion du traditionnel discours sur l'état de l'Union, le président démocrate a assorti son appel d'un avertissement: si le Congrès continue à lui faire obstacle, il agira par décret pour atteindre ses objectifs en matière d'emploi, d'environnement et de retraite, entre autres.

«Ce qui à mon avis unit les gens dans ce pays [...], c'est la croyance simple et profonde en l'idée de la possibilité pour tous de réussir. J'ai hâte de travailler avec vous tous», a déclaré le chef de la Maison-Blanche en s'adressant aux deux Chambres du Congrès, où plusieurs de ses propositions ont échoué au cours des dernières années. «Mais les États-Unis ne restent pas immobiles, et moi non plus. Aussi, quand je pourrai prendre des mesures sans passer par la voie législative pour améliorer les chances de réussir pour un nombre accru de familles américaines, c'est ce que je ferai.»

Barack Obama a annoncé la première de ces mesures: une augmentation du salaire minimum pour les quelque 250 000 nouveaux contractuels de l'État fédéral, à 10,10 $. Il a exhorté le Congrès à étendre cette hausse à l'échelle du pays. Le salaire minimum fédéral s'élève aujourd'hui à 7,25 $.

«Donnez une augmentation à l'Amérique!», a lancé le président sur un ton énergique. «Si vous cuisinez pour nos troupes, si vous lavez leur vaisselle, vous ne devriez pas être contraints de vivre dans la pauvreté.»

Enjeux électoraux

Le discours de Barack Obama ne devait pas seulement servir à relancer sa présidence, minée l'an dernier par les ratés d'une réforme de la santé dont il a défendu les bienfaits hier soir. Il devait aussi définir les enjeux majeurs des élections de mi-mandat, qui renouvelleront en novembre l'ensemble de la Chambre des représentants et le tiers du Sénat.

Le président s'est félicité du «taux de chômage le plus bas depuis cinq ans» et d'un «marché de l'immobilier en train de rebondir». «Les États-Unis sont mieux placés pour le XXIe siècle que tout autre pays sur Terre», a-t-il dit.

Ascenseur social en panne

Mais il a déploré l'accroissement des inégalités, ces 30 dernières années aux États-Unis.

«Les salaires moyens ont à peine évolué, a-t-il dit. Les inégalités se sont creusées. L'ascenseur social est tombé en panne. La vérité, pure et simple, est que même en pleine reprise, trop d'Américains travaillent plus dur qu'avant juste pour joindre les deux bouts, et je ne parle pas de progresser. Et trop d'entre eux ne travaillent pas du tout. Notre travail est d'inverser cette tendance», a-t-il ajouté.

Le président ne s'est pas étendu longuement sur les questions internationales. Il a notamment défendu sa politique vis-à-vis de l'Iran, affirmant qu'il opposerait son veto à toute nouvelle sanction contre Téhéran.

Cathy McMorris Rodgers, représentante de l'État de Washington, a donné la réplique officielle du Parti républicain au discours sur l'état de l'Union. Elle a notamment critiqué la réforme de la santé du président.

«Nous avons parlé à trop de personnes qui ont été informées de la résiliation de leur police d'assurance maladie ou qui ne peuvent plus voir leur médecin habituel», a-t-elle dit.

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La Première dame Michelle Obama donne l'accolade au sergent Cory Remsburg, blessé en Afghanistan.

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Les messages de Michelle

Barack Obama n'aura pas été le seul membre de sa famille à s'adresser aux Américains hier soir à l'occasion du discours sur l'état de l'Union. Sa femme Michelle l'a également fait, sans toutefois avoir à prendre la parole.

Comme le veut la tradition, Michelle Obama a envoyé ses propres messages en s'entourant d'un groupe d'Américains exemplaires ou emblématiques. Se trouvaient parmi eux deux rescapés des attentats de Boston en 2013 : Jeff Bauman, qui a perdu ses deux jambes, et Carlos Arredondo, qui l'a secouru.

La première dame a également convié auprès d'elle le basketteur de la NBA Jason Collins, qui est devenu l'an dernier le premier joueur d'un sport d'équipe majeur aux États-Unis à déclarer ouvertement son homosexualité.

Étaient également présents Gary Bird, chef des pompiers de Moore, ville d'Oklahoma dévastée par une tornade qui a tué 25 personnes en mai 2013, et Kathy Hollowell-Makle, désignée enseignante de l'année 2013, qui travaille dans une école de Washington.




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