«Bridgegate»: le gouverneur du New Jersey au coeur d'un scandale

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«Ce type de comportement est inacceptable et je ne le tolérerai pas», a affirmé mercredi en début de soirée Chris Christie, qui se défend d'avoir été au courant de l'affaire.

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Agence France-Presse

Les visées présidentielles du gouverneur républicain du New Jersey Chris Christie pour 2016 ont affronté mercredi un solide écueil, certains de ses proches collaborateurs étant accusés d'avoir orchestré le récent blocage d'un pont new-yorkais, pour se venger d'un démocrate lui refusant son soutien.

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Plusieurs voies du pont George Washington, une artère essentielle qui relie le New Jersey au nord-ouest de la ville de New York avaient été fermées plusieurs jours en septembre, durant la campagne de réélection de M. Christie, provoquant des embouteillages monstres.

Les médias américains n'ont pas tardé à baptiser le scandale «bridgegate», jeu de mots faisant référence au scandale du Watergate, qui mena à la démission du président Nixon. 

Mark Sokolich, le maire démocrate de la ville de Fort Lee, adossée au pont, y avait vu une vengeance, car il avait refusé de soutenir M. Christie, très soucieux de son image de rassembleur, dans la perspective de la présidentielle 2016.

Des courriels explosifs publiés mercredi par NBC New York et le New York Times, montrent que trois semaines avant cette fermeture, une proche de M. Christie l'avait initiée.

«C'est le moment pour des problèmes de circulation à Fort Lee», avait écrit le 13 août Bridget Anne Kelly, la chef de cabinet adjointe de M. Christie, à David Wildstein, un ami de lycée du gouverneur, nommé par celui-ci à l'Autorité portuaire de New York et du New Jersey, qui contrôle les ponts.

«Compris», avait répondu David Wildstein.

Le maire de Fort Lee n'avait pas été prévenu de la fermeture des voies, à l'époque présentée comme une «étude de trafic». Il avait appelé à l'aide un haut responsable de l'Autorité portuaire, Bill Baroni, le 10 septembre, les bus scolaires arrivant en retard à l'école en raison des embouteillages.

- «Ai-je tort de sourire?», avait réagi une minute après David Wildstein dans un texto envoyé à Mme Kelly.

- «Non», avait-elle répondu.

- «Je me sens mal pour les enfants», avait-il répondu par message texte.

«Ce sont les enfants des électeurs de Buono», avait-elle répondu, en référence à l'opposante démocrate de Chris Christie, Barbara Buono, que le gouverneur a très largement battue en novembre.

Les trois voies avaient été finalement rouvertes par des responsables new-yorkais de l'Autorité portuaire, au grand dam de Mme Kelly et de M. Wildstein. «Le côté new-yorkais a rendu à Fort Lee les trois voies ce matin. Cela nous rend fous», avait-il encore régi par texto.

Mercredi, M. Christie a annulé sa seule apparition publique prévue. Le gouverneur qui habituellement n'a jamais peur de parler, a dénoncé dans un communiqué un comportement «inacceptable» qui «n'est pas représentatif de moi ou de mon administration».

«Je suis révolté et profondément attristé» (...) Cette conduite complètement inappropriée et non sanctionnée a eu lieu sans que je le sache», a insisté le gouverneur. «Ce type de comportement est inacceptable et je ne le tolérerai pas».

MM. Baroni et Wilstein ont démissionné le mois dernier.




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