Un journaliste prend la tête de l'unité antiterrorisme du NYPD

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(NEW YORK) Il peut se vanter d'avoir été l'un des deux seuls journalistes américains à avoir interviewé Oussama ben Laden, en 1998, et l'unique à avoir arraché quelques mots à John Gotti devant un micro et une caméra, en 1986.

Au cours d'une carrière journalistique commencée dès l'âge de 14 ans, il aura souvent battu la concurrence grâce à l'étendue de ses contacts et à l'intrépidité de sa personnalité. Il aura également prouvé trois fois plutôt qu'une l'adage selon lequel «le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir».

Lundi matin, John Miller, ancien journaliste-vedette des chaînes de télévision CBS et ABC (il a également travaillé à New York pour la chaîne locale de NBC), commence un nouveau boulot. Et pas n'importe lequel. Il dirigera l'unité antiterrorisme de la police de New York, un poste auquel il a été nommé la semaine dernière par le nouveau chef du NYPD, William Bratton.

Miller succédera à David Cohen, qui a travaillé pendant plus de trois décennies à la CIA avant d'aboutir au NYPD.

Le lendemain de la nomination du journaliste, le Daily News de New York exprimait son scepticisme à la une avec un titre qui n'avait rien de rassurant. «Un gars de la TV est le nouveau chef de l'antiterrorisme», pouvait-on lire en caractères de fin du monde.

Né au New Jersey il y a 55 ans, John Miller n'en sera certes pas à ses premiers pas de l'autre côté de la barrière policière. En 1994 et 1995, il a d'abord servi comme porte-parole principal du NYPD lors du premier mandat de Bill Bratton à la tête de la police new-yorkaise.

Les deux hommes étaient plus que des collègues de travail dont les qualités étaient complémentaires. Inséparables, le visionnaire (Bratton) et l'exécutant (Miller) terminaient souvent leur journée chez Elaine's, un restaurant de l'Upper East Side fréquenté à l'époque par le gratin littéraire et artistique de Manhattan.

Cet attrait pour les mondanités et les projecteurs a contribué au départ précipité de Bratton, qui a été ni plus ni moins forcé à démissionner de son poste par son patron, Rudolph Giuliani. Le maire de l'époque, élu sur le rétablissement de la loi et l'ordre, trouvait que les médias nationaux et internationaux attribuaient un rôle trop important à son chef de police dans le déclin de la criminalité à New York.

Miller n'a pas attendu son reste, quittant le NYPD avec Bratton et retournant dare-dare au journalisme; À la chaîne ABC de 1995 à 2003, il a notamment coanimé l'émission 20/20 avec Barbara Walters. Cette expérience n'avait cependant rien en commun avec le poste qu'il allait occuper de 2003 à 2005: chef de la nouvelle unité du renseignement et du contre-terrorisme du LAPD, un service de police alors dirigé par son bon ami, William Bratton.

Accueilli au sein du LAPD avec une bonne dose de scepticisme, John Miller s'est néanmoins bâti une réputation enviable de gestionnaire, avant de déménager à Washington, où il a occupé, de 2005 à 2011, des postes de direction au FBI (affaires publiques) et au bureau du directeur du renseignement national (division de l'analyse).

Mais l'appel du journalisme s'est de nouveau fait entendre à la fin de 2011. Et John Miller a travaillé jusqu'en décembre dernier pour CBS, devenant notamment collaborateur régulier de l'émission d'information matinale de la chaîne.

Ses allers-retours entre les forces de l'ordre et le journalisme lui ont souvent valu la méfiance de certains de ses collègues. Mais ses multiples contacts au sein du FBI et du renseignement lui ont notamment permis de se distinguer lors de la tuerie de Newtown, au Connecticut, et du double attentat contre le marathon de Boston.

Miller a cependant été sévèrement critiqué pour une entrevue jugée complaisante avec le directeur de l'Agence nationale de sécurité, Keith B. Alexander, et diffusée le mois dernier dans le cadre de 60 Minutes, la prestigieuse émission d'information de CBS.

Le journaliste a défendu son travail, déclarant dans une entrevue au New York Times que le débat sur la NSA s'était déroulé jusque-là «à sens unique». C'est discutable. Mais, dans son nouveau rôle, le chef de l'antiterrorisme à New York n'aura plus droit à aucune marge d'erreur.




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