Le «faux Rockefeller» allemand condamné à 27 ans de prison

Christian Gerhartsreiter, 52 ans, avait été reconnu coupable... (Photo Joe Klamar, Agence France-Presse)

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Christian Gerhartsreiter, 52 ans, avait été reconnu coupable en avril de l'assassinat du propriétaire de sa maison, John Sohus, disparu avec sa femme Linda en 1985 et dont le corps, découpé en morceaux, avait été retrouvé enfoui dans son jardin à Los Angeles en 1994, dans des sacs en plastique.

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Romain Raynaldy
Agence France-Presse
Los Angeles

Un imposteur allemand, qui s'était notamment fait passer pour un héritier Rockefeller, a été condamné jeudi à Los Angeles à une peine de prison de 27 ans minimum, pour une affaire d'assassinat remontant à près de 20 ans.

La sentence prévoit que l'emprisonnement pourra aller jusqu'à la perpétuité si l'accusé se voit refuser ses éventuelles demandes de libération anticipée.

Christian Gerhartsreiter, 52 ans, avait été reconnu coupable en avril de l'assassinat du propriétaire de sa maison, John Sohus, disparu avec sa femme Linda en 1985 et dont le corps, découpé en morceaux, avait été retrouvé enfoui dans son jardin à Los Angeles en 1994, dans des sacs en plastique.

Selon l'accusation, l'Allemand est également responsable de la mort de Linda, dont le corps n'a jamais été retrouvé. Faute d'éléments, aucune poursuite n'avait toutefois été engagée contre lui dans ce dossier.

Le juge George Lomeli, après avoir rejeté une demande de nouveau procès présentée par l'accusé, a lu la sentence devant plusieurs membres de la famille Sohus, réunis à la Cour supérieure de Los Angeles.

M. Gerhartsreiter pourra présenter sa première demande de libération anticipée lorsqu'il aura purgé 85% de sa peine minimum de 27 ans, a précisé à l'AFP la porte-parole du bureau du procureur. Mais dans les affaires d'assassinat, la Californie se fait généralement un point d'honneur à ne pas libérer un prisonnier avant qu'il ait purgé sa peine minimum.

«Une longue épreuve»

Visage effilé, cheveux dégarnis et combinaison bleue, l'accusé n'a montré aucune émotion à la lecture de la sentence.

Invité à faire une dernière déclaration avant sa condamnation, M. Gerhartsreiter a affirmé: «Je voudrais une nouvelle fois réaffirmer mon innocence (et dire) que je n'ai pas commis de crime».

À l'ouverture de l'audience, le juge Lomeli et M. Gerhartsreiter, qui assurait sa propre défense, ont débattu d'une motion de l'accusé réclamant un nouveau procès. Le juge n'a pas accédé à sa demande, au motif qu'elle était «infondée» et l'accusé a retiré sa motion.

La soeur de John Sohus a longuement pris la parole. «Cela a été une longue épreuve, mais c'est bientôt terminé», a-t-elle déclaré, avant de s'adresser directement à l'accusé: «Pourquoi avoir tué John? Où est Linda? Je pense qu'elle est décédée et que vous êtes responsable de sa mort».

Après le crime, Christian Gerhartsreiter, entré aux États-Unis il y a plus de 30 ans, avait déménagé sur la côte est, dans le Connecticut, et vécu sous différents noms d'emprunt, dont celui de Clark Rockefeller, identité sous laquelle il fut marié pendant 12 ans.

Qu'il se fasse passer pour un aristocrate anglais ou un producteur hollywoodien, l'accusé a vécu durant plus de 10 ans sans permis de conduire, ni compte en banque, sans signer le moindre bail, ni prendre l'avion de peur d'être reconnu. Il avait finalement été retrouvé en 2008 et était en prison depuis, dans l'attente de son procès.

Il avait déjà été condamné à cinq ans de prison en 2009 pour l'enlèvement de sa petite fille alors âgée de 7 ans.

Dans son réquisitoire, le procureur avait balayé l'argument de la défense qui soutenait depuis le début que Linda Sohus aurait assassiné son mari.

«Il est coupable de ce meurtre et est en cavale depuis 28 ans», a affirmé le procureur. Pour lui, l'absence de mobile n'innocente pas l'accusé. «Il voulait John mort pour une raison qui lui appartient».

«Il est bien plus plausible que Linda Sohus ait tué son mari plutôt que l'accusé qui n'avait pas de mobile», avait rétorqué la défense, avançant également que l'Allemand aurait été «l'un des meurtriers les plus stupides de l'histoire de la Californie du sud» s'il avait réellement empaqueté les parties du corps de la victime dans des sacs en plastique provenant de l'université où il étudiait.

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