Drones, Guantanamo: Obama craint une «guerre perpétuelle»

Barack Obama a réitéré son intention de fermer... (Photo: Reuters)

Agrandir

Barack Obama a réitéré son intention de fermer à terme la prison de Guantanamo.

Photo: Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Tangi QUEMENER, Stephen COLLINSO
Agence France-Presse
Washington

Barack Obama a davantage encadré le recours aux drones armés, relancé les efforts pour tenter de fermer la prison militaire de Guantanamo et mis en garde jeudi contre une «guerre perpétuelle» des États-Unis contre les extrémistes, selon lui «perdue d'avance».

Dans un discours mettant à jour la stratégie antiterroriste américaine, le président a révélé qu'il avait signé un nouveau mémorandum énonçant les circonstances dans lesquelles son pays pouvait avoir recours à des frappes d'aéronefs sans pilotes à l'étranger.

Ce texte précise que les personnes visées par ces bombardements doivent représenter une menace «imminente» contre les Américains. «Les Etats-Unis n'utilisent pas de frappes lorsque nous avons la possibilité de capturer des terroristes, notre préférence est toujours de les capturer, de les interroger et de les poursuivre en justice», a assuré le président.

Il a en outre cherché à élargir le champ de la discussion en prévenant que «nous ne pouvons pas avoir recours à la force partout où s'enracine une idéologie radicale. Et en l'absence d'une stratégie qui réduirait l'extrémisme à la source, une guerre perpétuelle - via des drones, des commandos ou des déploiements militaires - serait perdue d'avance».

Dans ce discours d'une heure, il est par ailleurs revenu sur le cas d'Anwar Al-Aulaqi, au lendemain de l'aveu par son gouvernement qu'il était responsable de la mort de cet imam radical américano-yéménite dans un bombardement de drone au Yémen en septembre 2011, dénoncée par certains groupes comme contraire à la Constitution.

«Mais lorsqu'un Américain part à l'étranger pour mener la guerre contre les Etats-Unis, et que ni les Etats-Unis, ni nos partenaires ne sont en position de le capturer avant qu'il ne mène à bien un complot, sa nationalité ne devrait pas le protéger, pas plus qu'un tireur isolé en train de faire feu sur la foule ne devrait être protégé d'un commando de la police», a argumenté le président.

«Les plus horribles tueurs du monde»

Lors de ce discours, M. Obama a aussi annoncé qu'il allait lever le moratoire sur le transfèrement vers le Yémen de détenus de la prison militaire de Guantanamo à Cuba, tout en prévenant que les dossiers de ces prisonniers feraient l'objet d'un examen «au cas par cas». Le gouvernement de Sanaa a salué cette initiative.

Alors que 103 des 166 détenus restant à Guantanamo sont en grève de la faim, M. Obama a répété son intention de fermer à terme la prison, une vieille promesse de campagne jusqu'ici non concrétisée.

Il a également indiqué qu'il allait nommer un nouvel envoyé spécial pour superviser les transfèrements de prisonniers, et appelé le Pentagone à désigner un site sur le sol américain où seraient organisés les procès militaires d'exception pour les détenus restant inculpés.

Il a sollicité l'aide du Congrès, dont les élus ont inscrit dans la loi dès décembre 2010 l'interdiction de facto de tout transfèrement de détenus de Guantanamo sur le sol américain.

«Mais l'histoire sera sévère sur cet aspect de notre lutte contre le terrorisme, et sur ceux qui n'auront pas réussi à y mettre fin», a prévenu le président, dont le discours a été interrompu plusieurs fois par une manifestante liée au groupe pacifiste «Code Pink», finalement expulsée de la salle.

Les adversaires républicains de M. Obama ont réagi fraîchement à cet appel, le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, Ed Royce, estimant que «le président continu(ait) à sous-estimer la grave menace qu'Al-Qaïda et ses terroristes affiliés représentent».

Même le sénateur John McCain, favorable à la fermeture de la prison, a dénoncé l'absence de «plan cohérent» tandis que son collègue Saxby Chambliss reste opposé à la libération des prisonniers, qualifiant les 166 détenus des «plus horribles (...) tueurs du monde».

Le discours présidentiel n'a pas non plus convaincu les défenseurs des droits de l'homme: l'influente organisation ACLU a ainsi estimé qu'«il faut faire sortir notre pays du sentier de la guerre dès maintenant, pas dans un avenir non précisé». Et elle a aussi affirmé que les tribunaux militaires d'exception «inconstitutionnels» devaient être «dissous, pas déplacés sur le sol américain».

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1607523:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer