Investiture de Barack Obama: un appel pour plus d'égalité

Partager

Richard Hétu, collaboration spéciale
Agence France-Presse
Washington

Au coeur d'une capitale déchirée par de profondes divisions politiques, Barack Obama a lancé hier midi son second mandat à la Maison-Blanche en appelant les Américains à s'unir autour de l'idéal d'égalité défendu par les pères fondateurs des États-Unis et inscrit dans leur Déclaration d'indépendance.

«Il appartient maintenant à notre génération de poursuivre ce que ces pionniers ont commencé», a déclaré le 44e président lors d'un discours d'investiture aux accents résolument progressistes qui illustre peut-être l'approche plus combative qu'il entend adopter au cours des quatre prochaines années.

«Notre voyage ne sera pas terminé tant que nos femmes, nos mères et nos filles ne pourront gagner leur vie comme le méritent leurs efforts. Notre voyage ne sera pas terminé tant que nos frères et soeurs gais ne seront pas traités comme tout le monde par la loi. Notre voyage ne sera pas terminé tant que nous n'aurons pas trouvé une meilleure façon d'accueillir les immigrés pleins d'espoir qui voient les États-Unis comme le pays du possible», a-t-il ajouté après avoir prêté serment pour la deuxième fois en autant de jours.

Barack Obama, 51 ans, est ainsi devenu le premier président américain à prononcer le mot «gai» lors d'un discours d'investiture. La veille, il avait été assermenté pour la première fois lors d'une courte cérémonie à la Maison-Blanche, histoire de se conformer à la Constitution américaine, qui fixe au 20 janvier à midi la date et l'heure précises du début des mandats présidentiels.

Excédé par les républicains

Quatre ans après être entré dans l'histoire en tant que premier président noir, il a donné l'impression d'être à la fois pressé d'accomplir ses objectifs politiques et excédé par son opposition républicaine.

«Nous ne pouvons pas nous permettre de retard», a-t-il dit au cours d'un discours de 19 minutes prononcé par un temps gris et frisquet. «La prospérité de l'Amérique doit reposer sur les larges épaules de la classe moyenne. Nous ne pouvons nous méprendre en instituant l'absolutisme comme principe, en substituant le spectacle à la politique ou en faisant de l'échange d'injures un débat raisonnable. Nous devons agir, sachant que notre oeuvre sera imparfaite.»

Barack Obama n'a pas donné de détails sur les politiques qu'il entend promouvoir au cours des quatre prochaines années. Il devrait mettre à profit son discours sur l'état de l'Union, prévu le 12 février, pour présenter ses plans afin de combattre les déficits, réduire la violence attribuable aux armes à feu et réformer le système de l'immigration, entre autres.

Mais le président a créé une certaine surprise, hier, en parlant de façon plus détaillée de changements climatiques, un sujet qu'il avait largement ignoré lors de sa dernière campagne présidentielle.

«Nous répondrons à la menace du changement climatique en gardant à l'esprit que ne pas le faire constituerait une trahison pour nos enfants et les générations futures. Certains peuvent continuer de nier le jugement écrasant de la science, mais personne n'échappe à l'impact dévastateur des incendies ravageurs, des sécheresses graves et des tempêtes toujours plus puissantes», a-t-il affirmé, en promettant de continuer à encourager les énergies renouvelables.



Un million de spectateurs

La deuxième cérémonie d'investiture de Barack Obama n'a pas attiré une foule aussi considérable que la première, à laquelle 1,8 million de spectateurs avaient assisté. Un responsable de la cérémonie d'hier a estimé à environ 1 million le nombre de spectateurs qui se sont retrouvés sur le National Mall. Certains observateurs ont cru percevoir moins d'enthousiasme parmi eux, mais ils n'ont sans doute pas rencontré Phyllis Stoolmacher, électrice démocrate du New Jersey.

«J'ai adoré cette investiture pour deux raisons, a déclaré la femme de 66 ans. D'abord à cause de la nature historique de l'événement. C'était ma première investiture et peut-être ma dernière. Et ensuite parce que je suis très enthousiaste et optimiste à propos du président Obama. Étant responsable d'une banque alimentaire près de Princeton, je suis très heureuse de sa volonté de combattre les inégalités dans notre pays.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

  • Le nouveau Barack Obama

    États-Unis

    Le nouveau Barack Obama

    Le nouveau Barack Obama ne tient plus pour acquis la bonne foi ou le bon sens des républicains du Congrès. Pour renforcer sa position auprès du... »

  • Obama 2.0

    États-Unis

    Obama 2.0

    Ce lundi, à Washington, des centaines de milliers de personnes bravaient le froid pour célébrer la seconde investiture de Barack Obama. Nos... »

  • Eric Shinseki, le président de secours

    États-Unis

    Eric Shinseki, le président de secours

    Eric Shinseki, le secrétaire chargé des Anciens combattants, est absent de la cérémonie d'investiture de Barack Obama lundi parce qu'il a été désigné... »

  • Obama lance un appel historique pour les droits des homosexuels

    États-Unis

    Obama lance un appel historique pour les droits des homosexuels

    Signe des temps, et première historique, Barack Obama a explicitement appelé à défendre les droits des homosexuels dans son discours d'investiture au... »

  • Washington en tenue de bal pour célébrer Barack Obama

    États-Unis

    Washington en tenue de bal pour célébrer Barack Obama

    En robe longue lamé argent, satin ou rubis comme Michelle Obama, en uniforme ou en smoking, Washington a revêtu lundi soir sa plus brillante tenue de... »

  • Agnès Gruda | L'espoir n'est plus ce qu'il était

    Agnès Gruda

    L'espoir n'est plus ce qu'il était

    C'était le 20 janvier 2009, sur la longue esplanade qui se déploie devant le Capitole. Des centaines de milliers de gens avaient afflué de tous les... »

publicité

publicité

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer