Washington va reconnaître le gouvernement en Somalie

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Depuis plus de deux décennies, la Somalie a été livrée au chaos et à la guerre civile jusqu'à ce que les islamistes shebab, affiliés à Al-Qaïda, soient chassés en août 2011 de Mogadiscio.

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La Presse Canadienne
Washington

Les États-Unis reconnaîtront jeudi le gouvernement en Somalie, une première depuis plus de 20 ans dans ce pays plongé dans le chaos et où Washington reste marqué par son intervention militaire ratée au début des années 1990, a annoncé mercredi un responsable américain.

Cette reconnaissance politique pour ce pays de la Corne de l'Afrique, privé d'État central depuis 1991, se fera lors d'entretiens jeudi à Washington entre la secrétaire d'État Hillary Clinton et le nouveau président somalien Hassan Cheikh Mohamoud, a déclaré à la presse le secrétaire d'État adjoint chargé de l'Afrique, Johnnie Carson.

Ce geste diplomatique de Washington sera «une première depuis la chute du gouvernement (de Mohammed Siad Barre) en 1991», a dit M. Carson, le plus haut responsable du département d'Etat pour le continent africain.

Elu président en septembre 2012, «Hassan Cheikh Mohamoud va pouvoir grâce à cette reconnaissance établir de nouvelles relations avec l'agence gouvernementale américaine d'aide USAID (...) mais aussi avoir la possibilité de recevoir l'assistance de la communauté financière internationale», la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), a expliqué le diplomate américain.

Depuis plus de deux décennies, la Somalie a été livrée au chaos et à la guerre civile jusqu'à ce que les islamistes shebab, affiliés à Al-Qaïda, soient chassés en août 2011 de Mogadiscio par une force de l'Union africaine (Anisom). Ces radicaux armés contrôlent néanmoins encore de larges zones rurales du sud et du centre de la Somalie.

Les shebab sont apparus en 2007 des décombres d'un précédent mouvement islamiste, l'Union des tribunaux islamiques, expulsé de Mogadiscio par l'armée éthiopienne.

Depuis 2000, la Somalie, peuplée d'environ huit millions d'habitants, a été dirigée par des autorités de transition sans grande légitimité ni crédit populaire. Le pays dispose depuis août dernier d'un nouveau Parlement, désigné par un comité d'anciens, et depuis le 10 septembre du nouveau président Hassan Cheikh Mohamoud, un universitaire de 56 ans, figure respectée de la société civile.

Il est le premier président élu dans la capitale somalienne depuis le début du difficile processus de reconstruction institutionnelle mené depuis plus d'une décennie avec l'appui de la communauté internationale et notamment des Etats-Unis.

«Notre politique ces quatre dernières années en Somalie et dans la région a fait la différence en consolidant (les institutions centrales) à Mogadiscio, en contribuant à se débarrasser d'éléments clés de la cellule d'Al-Qaïda en Afrique de l'Est et en cassant les reins des shebab», s'est félicité M. Carson.

«Nous sommes très loin du 3 octobre 1993 lorsqu'est survenu Black Hawk Down à Mogadiscio», a-t-il estimé en référence à la bataille de Mogadiscio du 3 octobre 1993 au cours de laquelle 18 soldats américains furent tués après la chute de leur hélicoptère.

Cette bataille de Mogadiscio et les images des corps des soldats traînés dans les rues fut un traumatisme pour les Etats-Unis et leurs forces armées qui pilotaient depuis décembre 1992 une opération de l'ONU en Somalie.

La totalité des militaires américains ont quitté la Somalie en mars 1995.

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