New York, premier État à durcir ses lois sur les armes

Des militants pro-armes ont manifesté samedi à Saratoga... (Photo: Reuters)

Agrandir

Des militants pro-armes ont manifesté samedi à Saratoga Springs, dans l'État de New York.

Photo: Reuters

Partager

Dossiers >

Des Américains et des armes

International

Des Américains et des armes

Dans la foulée de la fusillade de Newtown au Connecticut, le débat autour des armes à feu polarise de plus en plus les Américains. Entre d'un côté les partisans d'un contrôle plus musclé et de l'autre les défenseurs purs et durs du deuxième amendement de la Constitution américaine. »

Brigitte DUSSEAU
Associated Press
Washington

Les dirigeants de l'État de New York adopteront mardi une des lois de contrôle des armes à feu les plus sévères en vigueur aux États-Unis.

Un mois après le massacre des petits écoliers de Newtown, l'État de New York est devenu mardi le premier à renforcer ses lois sur les armes, affirmant vouloir ainsi montrer la voie au reste du pays.

Le gouverneur démocrate Andrew Cuomo, parfois cité comme candidat possible à la présidentielle en 2016, avait la semaine dernière invité les élus de son Etat, où les lois sur les armes étaient déjà parmi les plus contraignantes des Etats-Unis, à passer «la loi la plus stricte du pays concernant les fusils d'assaut», «pour montrer la voie» et «mettre fin à la folie».

Dont acte. Le Sénat à majorité républicaine a adopté par 43 voix pour et 18 contre ces nouvelles restrictions dans la nuit de lundi à mardi. La Chambre à majorité démocrate lui a emboîté le pas mardi et a voté (104-43) dans l'après-midi, après plusieurs heures de débat passionné.

La nouvelle loi précise et élargit l'interdiction des armes d'assaut dans l'Etat de New York, comblant plusieurs lacunes actuelles. Elle interdit les chargeurs de plus de sept balles, rend obligatoire la vérification des antécédents des acheteurs, y compris pour les ventes privées et pour les ventes de munitions.

Pour éviter des massacres tel celui de Newtown --perpétré par un jeune déséquilibré surarmé qui a tué 20 enfants de CP et six membres du personnel d'encadrement avant de se suicider le 14 décembre-- les personnels de santé devront également signaler des patients qu'ils estiment dangereux. S'ils ont accès à des armes, celles-ci pourront être saisies.

Deux autres Etats aux gouverneurs démocrates, le Delaware et le Maryland ont également annoncé cette semaine leur intention de durcir leurs lois avec des mesures similaires. Le Connecticut y réfléchit également.

Le Delaware, dont le ministre de la Justice Beau Biden est le fils du vice-président Joe Biden, entend également interdire les armes dans un périmètre de 300 mètres autour des écoles.

Une majorité d'Américains pour interdire les fusils d'assaut

Le débat sur les armes n'a pas cessé depuis le massacre de Newtown, l'un des plus graves jamais commis dans un établissement scolaire américain, et l'un des plus traumatisants, en raison de l'âge et du nombre des victimes.

Au niveau fédéral, la bataille pour faire évoluer la loi s'annonce cependant particulièrement ardue, dans un Congrès extrêmement polarisé, où les républicains n'entendent rien céder au président Obama. Le lobby des armes, la puissante NRA (National Rifle Association) s'oppose également à tout changement.

Le président démocrate, qui avait demandé des recommandations à son vice-président Joe Biden après Newtown, doit annoncer ses propositions mercredi.

Il est favorable à une interdiction des armes d'assaut, à une limitation de la taille des chargeurs et une vérification systématique des antécédents des acheteurs, mais a reconnu que certaines propositions pourraient échouer au Congrès.

Certaines mesures évoquées depuis Newtown, et notamment l'interdiction des fusils d'assaut --une loi qui existait de 1994 à 2004 mais n'a pas été prolongée-- semblent pourtant avoir le soutien d'une majorité d'Américains, selon deux sondages.

55% sont favorables à cette interdiction (40% opposés) selon le centre de recherches Pew. Un sondage Washington Post/ABC News lundi donnait des pourcentages comparables (58-39).

Une immense majorité des Américains (85-12), républicains et démocrates, sont également, selon Pew, pour généraliser les vérifications des antécédents des acheteurs, et veulent qu'on empêche les déséquilibrés d'avoir accès aux armes (80-16).

Mais, souligne Pew, le consensus politique disparaît dès qu'on parle d'autres mesures.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer