Sous le choc, Aurora se serre les coudes

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Tuerie d'Aurora

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Tuerie d'Aurora

Douze personnes sont mortes et 58 autres ont été blessées lors de la fusillade survenue dans un cinéma d'Aurora, au Colorado, en juillet. Alors que les spectateurs assistaient à la première du film Batman, un homme a fait irruption dans la salle avant d'ouvrir le feu. »

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Une vigile en la mémoire des victimes de... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Une vigile en la mémoire des victimes de la tuerie du cinéma Century 16 à eu lieu vendredi soir à Aurora, au Colorado.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

 

Gabrielle Duchaine et Nicolas Bérubé, envoyés spéciaux
La Presse

(Aurora) Plus de 36 heures après la tuerie dans une salle du cinéma Century 16 d'une banlieue de Denver, la population d'Aurora se serre les coudes pour se relever du drame qui l'a durement frappé.

Églises, organismes communautaires, centres de santé et simples citoyens ouvrent tour à tour leurs portes à tous ceux qui ressentent le besoin de parler, ou simplement de se retrouver. Un peu partout dans la ville, des gens se serrent, s'embrassent, pleurent et se rassurent.

Vendredi soir, des centaines de personnes, amis et proches des victimes, mais aussi de nombreux citoyens, se sont réunis pour une vigile à la chandelle dans un parc tout près de l'imposant périmètre de sécurité érigé autour du centre commercial où est situé le cinéma. Des dizaines de personnes ont continué à venir se recueillir dans le parc durant la journée de samedi.

Dans la petite foule, Catherine, 16 ans, résidente du quartier, pleurait à chaudes larmes. «Je vais tout le temps dans ce cinéma, ça aurait pu être moi ! Je n'arrive pas à y croire.» Les yeux bouffis, l'adolescente encaissait avec beaucoup de difficulté l'horreur qui venait de frapper sa ville. «Je ne sais pas si j'arriverai un jour à retourner dans ce centre commercial», a-t-elle confié alors qu'une amie lui flattait le dos en signe de réconfort.

Derrière elle, une chorale improvisée chantait des hymnes religieux, installée en cercle autour d'un petit mausolée. Peluches, chandelles, fleurs et mots d'encouragement. «Aurora est forte.» «Nos prières vont avec les victimes.»

À l'école secondaire d'Aurora, où les dizaines de voisins du tueur évacués à cause des engins explosifs dont il a bourré son logement sont hébergés, les visages étaient longs. «Oui, les gens sont traumatisés», confirme une responsable de la Croix-Rouge, Danelle Schlegelmilch. «Mais la communauté se tient. Des gens de tous horizons s'aident et se consolent.»

Dans cette communauté très croyante, les églises de plusieurs confessions tiennent des messes en l'honneur des victimes. Une association religieuse tiendra dimanche une journée portes ouvertes où tous ceux qui sentent le besoin de parler sont invités.

En point de presse à Aurora, samedi après-midi, le gouverneur du Colorado, John Hickenlooper, a tenu à remercier les gens de partout dans le monde qui ont envoyé des messages de soutien. Il a dit que la communauté se «serrait les coudes» face à la tragédie.

«Hier soir, des employés de mon administration sont allés voir un film avec leur famille pour que la vie continue, pour ne pas se laisser avoir par la peur», a-t-il dit.

Tuer des policiers

Les engins explosifs identifiés et partiellement désamorcés par le FBI dans l'appartement de James Holmes étaient destinés à « tuer des policiers », selon le chef de police d'Aurora, Dan Oates.

«Un fil placé le long de la porte devait faire sauter une bombe. De toute évidence, un policier aurait été la première personne à entrer dans l'appartement. Selon moi, cela démontre une intention claire de la part du suspect», a-t-il dit lors d'un point de presse organisé samedi après-midi devant l'hôtel de ville d'Aurora.

Le chef de police a dit que son équipe avait reçu 84 pistes du public, qui est invité depuis vendredi à appeler la police pour donner des informations au sujet de James Holmes. «Ce sont surtout des gens qui l'ont côtoyé qui nous appellent. Chaque information est importante.»

Jim Yacone, envoyé du FBI à Aurora, a quant à lui ajouté que l'environnement observé à distance par un robot dans l'appartement était «extrêmement dangereux» et que les mécanismes aperçus étaient «destinés à tuer».

Des experts du FBI travaillent toujours à sécuriser les lieux. Ils devaient en principe pouvoir entrer dans l'appartement en fin de journée, samedi.

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