Le vice-président chinois aux États-Unis

Xi Jinping (à gauche) a été l'invité d'honneur... (Photo: Larry Downing, Reuters)

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Xi Jinping (à gauche) a été l'invité d'honneur d'un repas donné à la Maison-Blanche par le vice-président américain, Joe Biden, et sa femme Jill.

Photo: Larry Downing, Reuters

Nicolas Bérubé
La Presse

(Los Angeles) Sa femme le décrit comme un homme «frugal», «travaillant» et «terre à terre». Xi Jinping semble aussi aimer le basketball: il doit assister à un match des Lakers, à Los Angeles, vendredi.

Le vice-président de la Chine, qui est en voie d'accéder au poste de président en 2013, est en visite officielle aux États-Unis, cette semaine. Les officiels de la Maison-Blanche ont dit que le voyage jetterait les bases des relations sino-américaines pour la prochaine décennie, tant sur le plan militaire qu'économique.

De passage à la Maison-Blanche, hier, Xi Jinping, 58 ans, a dit souhaiter que sa visite aux États-Unis lui permette de «rencontrer et d'échanger avec des gens de divers milieux qui composent la société américaine».

Barack Obama a pour sa part souligné que de bonnes relations entre les États-Unis et la Chine étaient «vitales» pour le monde.

«Avec le pouvoir et la prospérité vient la responsabilité. Nous voulons travailler avec la Chine de manière à ce que tout le monde joue selon les mêmes règles sur le plan du système économique mondial», a dit le président américain, Xi Jinping à ses côtés.

Obama a appelé la Chine à trouver un «équilibre dans ses échanges commerciaux» et à «reconnaître les droits et les aspirations de tous les individus».

Le président Obama n'a pas directement évoqué la Syrie, sujet de discorde entre les deux puissances après que la Chine eut opposé avec la Russie son veto à une résolution de l'ONU condamnant la répression sanglante menée par le régime de Bachar al-Assad.

Xi Jinping a ensuite été l'invité d'honneur d'un repas donné à la Maison-Blanche par le vice-président américain Joe Biden, auquel ont pris part l'ancien secrétaire d'État Henry Kissinger, le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, le PDG de Chevron, John Watson, et le PDG de Walt Disney, Robert Iger, notamment. Durant le repas, M. Xi a défendu le dossier des droits de l'homme de la Chine et appelé les États-Unis à ne pas mettre en place de politiques protectionnistes.

M. Xi a dit que la Chine avait fait «des pas de géant» en matière de droits de l'homme au cours des 30 dernières années, et que «bien sûr, il est toujours possible de faire mieux».

Ces dernières semaines, les républicains ont fait pression sur la Maison-Blanche pour demander au président Obama de se montrer ferme avec le leader chinois. La droite accuse Obama d'accepter passivement l'émergence de la Chine et de fermer les yeux sur ses ambitions militaires et économiques.

Le gouvernement américain fait pression sur la Chine pour qu'elle augmente ses achats à l'étranger et réduise son déficit d'importation avec les États-Unis. Un déficit qui a atteint 295,5 milliards de dollars en 2011.

En Iowa

Fils d'un révolutionnaire chinois, Xi Jinping a rejoint le Parti communiste en 1974.

Il connaît déjà les États-Unis: en 1985, M. Xi avait séjourné avec une délégation chinoise dans la petite ville de Muscatine, en Iowa. Les membres de la délégation avaient passé du temps avec des agriculteurs et des gens d'affaires, et logeaient chez des familles américaines.

M. Xi doit retourner à Muscatine aujourd'hui, où le maire, DeWayne Hopkins, lui remettra les clés de la ville. La visite de la délégation chinoise avait mené à la création d'un programme d'études du mandarin à l'école secondaire Muscatine. Les élèves doivent accueillir le futur président chinois dans sa langue maternelle.

Après son passage en Iowa, Xi Jinping se rendra à Los Angeles, où il compte rencontrer des étudiants et des gens d'affaires.

Tensions autour de la succession

L'arrestation rocambolesque d'un policier près du consulat américain de Chengdu, dans l'ouest de la Chine la semaine dernière, pourrait indiquer des tensions dans la succession en Chine. Il s'agirait d'une tentative du vice-présidentXi Jinping d'écarter de la transition l'aile maoïste du Parti communiste (PCC), rapporte le Wall Street Journal.

Une centaine de policiers ont encerclé le 6 février le consulat de Chengdu, où s'était réfugié Wang Lijun, ancien chef de police de Chongqing, une ville du centre du pays. Quand M. Wang est sorti du consulat, il a été appréhendé et envoyé en «traitement de style vacances », un euphémisme pour la prison dans l'empire du Milieu, selon le quotidien newyorkais.

M. Wang était jusqu'à tout récemment le bras droit de Bo Xilai, chef du PCC de Chongqing, qui est l'un des principaux rivaux de Xi Jinping et a suscité une renaissance de la culture maoïste dans son fief. M. Bo aurait voulu éviter que l'ancien chef de police soit appréhendé par des agents fidèles à M. Xi, par crainte que son interrogatoire ne révèle des informations nuisibles pour M. Bo.

- Avec Mathieu Perreault

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