Obama enverra 30 000 soldats de plus en Afghanistan

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Quelque 68000 soldats américains sont actuellement déployés en Afghanistan.

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Laurent Lozano
Agence France-Presse
Washington

Le président Barack Obama annoncera ce mardi soir le déploiement accéléré en Afghanistan de 30000 soldats de plus tout en assurant aux Américains que, s'il fait le choix de l'escalade militaire, c'est pour vite finir la guerre et ne pas les embarquer dans un conflit sans fin.

Dans un discours qu'il prononcera à 20H00 devant les élèves de la prestigieuse école militaire de West Point, M. Obama précisera cependant qu'après l'envoi de ces renforts, il commencera à réduire à nouveau le contingent américain bien avant la fin de son mandat en janvier 2013, a dit un responsable de son administration sous couvert d'anonymat.

M. Obama signifiera ainsi à ses compatriotes que leurs soldats ne sont pas en Afghanistan pour dix ans de plus, a dit ce responsable.

Le déploiement de troupes fraîches s'effectuera sur six mois à cadence rapide, a-t-il dit.

Avec ces 30 000 soldats, le contingent américain devrait atteindre environ 100 000 hommes et femmes. Il aura quasiment triplé sous M. Obama.

M. Obama a donné ses ordres de déploiement dès dimanche, avant même d'avoir communiqué aux Américains la décision la plus attendue et peut-être la plus lourde de conséquences de sa jeune présidence.

Les Marines de Camp Lejeune, en Caroline-du-Nord, devraient être les premiers à aller au-devant du danger dans le sud de l'Afghanistan.

M. Obama aura ainsi tenu l'engagement de recentrer sur l'Afghanistan et une «guerre nécessaire» selon lui l'effort détourné à ses yeux par la guerre en Irak.

Mais, depuis janvier, la fatigue a gagné la majorité des Américains devant une guerre lointaine, la plus longue de l'ère moderne américaine après le Vietnam. Loin de sembler toucher à sa fin après plus de huit ans, elle connaît son année la plus meurtrière pour soldats et civils.

Des groupes antimilitaristes ont annoncé une manifestation à l'entrée principale de West Point mardi soir, et d'autres mouvements de protestation dans le pays mercredi.

Pour rassurer ses compatriotes, M. Obama soulignera donc qu'il «ne s'agit pas de construire un pays de toutes pièces; notre engagement n'est pas illimité; ce que nous présentons, c'est une stratégie globale pour l'Afghanistan, avec une fin de partie» en vue, a dit son porte-parole Robert Gibbs à la chaîne MSNBC.

Personne ne s'attend à ce que les Américains aient quitté l'Afghanistan dans les toutes prochaines années, mais M. Gibbs a insisté sur le choix stratégique de hâter le mouvement: «Nous devons être sur place rapidement, mais il faut bien comprendre que nous ne pouvons pas rester éternellement».

Après plus de trois mois d'intenses consultations avec ses généraux, ministres et conseillers, M. Obama a conclu que prendre plus de temps condamnait à l'échec, a dit le responsable s'exprimant anonymement.

Il s'agit de contrer rapidement la dynamique actuelle des talibans, renverser la tendance, accélérer la formation des forces afghanes afin qu'elles soient plus vite en mesure d'assumer la sécurité nationale.

M. Obama voudrait pour cela pouvoir compter sur le gouvernement du président afghan Hamid Karzaï, source de profonde méfiance à Washington.

MM. Obama et Karzaï se sont longuement entretenus de la nouvelle stratégie par vidéo-conférence mardi.

M. Obama devrait souligner à West Point que cette guerre n'est pas seulement l'affaire des Américains, et appeler leurs alliés à dépêcher entre 5.000 et 10.000 soldats de plus selon des chiffres fréquemment avancés.

Le représentant spécial du président français Nicolas Sarkozy pour l'Afghanistan et le Pakistan, Thierry Mariani, a exclu l'envoi de nouvelles troupes de combat au sol. Mais la France pourrait dépêcher des militaires supplémentaires pour la formation de la police et de l'armée afghanes, a-t-il dit.

La chancelière allemande Angela Merkel a semblé réserver sa réponse jusqu'à fin janvier et une conférence internationale sur l'Afghanistan.

M. Obama devrait aussi consacrer une bonne part de son discours au voisin pakistanais de l'Afghanistan, la puissance nucléaire dont le rôle dans le combat contre les extrémistes est primordial.




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