Ebola: «urgence sanitaire» en Guinée

Le président guinéen Alpha Condé... (PHOTO CELLOU BINANI, ARCHIVES AFP)

Agrandir

Le président guinéen Alpha Condé

PHOTO CELLOU BINANI, ARCHIVES AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Virus Ebola

International

Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Agence France-Presse
CONAKRY

La Guinée a décrété samedi l'urgence sanitaire dans des zones continuant d'enregistrer des cas d'Ebola pour enrayer la progression du virus, tandis que la Sierra Leone voisine espérait faire progresser sa lutte contre l'épidémie avec le nouveau confinement de la population jusqu'à dimanche.

Le Liberia, limitrophe de la Guinée et de la Sierra Leone, a de son côté annoncé le décès, survenu vendredi, du dernier cas confirmé sur son sol. Il s'agit d'une femme testée positive le 20 mars après un mois sans notification de contamination sur le territoire.

Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) arrêté au 22 mars, ces trois pays ouest-africains comptent plus de 99% des plus de 10 300 morts identifiés sur quelque 25 000 cas d'Ebola depuis le début de l'épidémie, apparue en décembre 2013 dans le sud de la Guinée. Tous trois se sont fixés comme objectif d'atteindre zéro cas à la mi-avril.

La Guinée - ayant enregistré plus de 2200 décès sur plus de 3400 cas - avait instauré l'«urgence sanitaire nationale» le 13 août 2014. Elle a décrété samedi «l'urgence sanitaire renforcée» pour cinq de ses préfectures (départements) du sud-ouest et de l'ouest devenues l'épicentre de l'épidémie, pour enrayer la progression du virus.

La décision, annoncée par le président Alpha Condé dans une déclaration à la Nation, est en vigueur pour 45 jours et concerne Forécariah, Dubréka (sud-ouest), Coyah, Kindia et Boffa (ouest), «une zone densément peuplée (où) l'épidémie représente un risque réel» pour le pays, selon lui.

«À Conakry, (la capitale), des mesures rigoureuses vont être aussi prises pour renforcer la vigilance», a précisé le président Condé, regrettant un non-respect «des précautions indispensables pour sauver» les vies.

En vertu de sa décision, les établissements de santé où seront détectés de nouveaux cas seront temporairement fermés; tous les décès feront l'objet de test systématique; des «mesures de cantonnement et de confinement» seront appliquées en cas de besoin, entre autres mesures.

Selon M. Condé, les efforts déployés depuis août 2014 ont permis «des améliorations notables», dont une baisse générale des cas.

Samedi, les centres de traitements à travers la Guinée accueillaient au total «54 malades confirmés et 26 cas suspects», dont aucun en Guinée forestière (sud), l'épicentre initial, a-t-il assuré, en appelant à une mobilisation générale et un engagement sans faille dans la lutte contre Ebola».

«Pas encore tirés d'affaire»

En Sierra Leone, qui enregistre le plus grand nombre de cas (plus de 11 800 dont plus de 3700 morts), les autorités se sont déclarées confiantes pour les progrès de la lutte anti-Ebola à la faveur du confinement de la population, pour la deuxième fois en six mois.

Depuis vendredi à 6 h 00 (2 h 00 heure de Montréal) et jusqu'à dimanche à 18 h 00, les six millions d'habitants du pays sont contraints de rester eux, ce qui donnait à la capitale, Freetown, et aux villes de provinces des allures de cités mortes, selon des journalistes de l'AFP et des témoins.

Comme lors du premier confinement général en septembre 2014, seuls étaient visibles dans les rues les acteurs sanitaires, forces de sécurité ou personnes dûment autorisées à se déplacer, ainsi que les 26 000 volontaires déployés pour du porte-à-porte.

Cette fois, l'accent était particulièrement mis sur la région de l'Ouest, abritant Freetown, ainsi que sur les départements de Port Kolo, Bombali et Kambia (nord), proches de la Guinée, où sont localisés les foyers actuels, selon le chef du Centre national de lutte contre Ebola (NERC), Palo Conteh, qui a fait état d'un très bon accueil.

«Nous ne sommes pas encore tirés d'affaire. (...) Ce n'est pas cette campagne qui nous mènera à zéro cas, mais elle nous aidera à atteindre cet objectif», a dit à l'AFP M. Conteh.

À Jendema (sud-est) et dans ses environs, les consignes anti-Ebola sont respectées grâce à une intense campagne de sensibilisation impliquant les dirigeants traditionnels, a assuré le chef de la cellule locale de crise, Haji Sheriff, à une équipe de l'AFP qui s'est rendue dans cette localité de 3000 habitants proche du Liberia.

«Nous sommes passés de village en village» pour cette campagne, et «depuis onze mois maintenant, nous n'avons pas eu de cas d'Ebola» dans la zone, a dit M. Sheriff.

Au Liberia, ayant enregistré plus de 4300 morts sur plus de 9600 cas, l'heure était à la vigilance samedi, au lendemain du décès de la patiente testée positive le 20 mars.

80 personnes de son voisinage demeuraient sous surveillance, a indiqué à l'AFP Francis Karteh, responsable de la cellule nationale de crise contre Ebola, assurant qu'il n'y a plus de cas confirmé, «seulement deux cas suspects», sans plus de détails.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer