Le virus Ebola inquiète l'Europe

Au moins trois nouveaux foyers d'épidémie ont fait... (Photo Michael Duff, Archives AP)

Agrandir

Au moins trois nouveaux foyers d'épidémie ont fait leur apparition lundi dans le département de Kono dans l'est de la Sierra Leone, selon des autorités locales et des habitants dans la région.

Photo Michael Duff, Archives AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Virus Ebola

International

Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Jessica BERTHEREAU
Agence France-Presse
LONDRES

Le virus Ebola inquiète à nouveau en Europe, avec une infirmière contaminée et deux cas suspects au Royaume-Uni mardi, tandis que de nouveaux foyers sont apparus dans l'est de la Sierra Leone, longtemps épicentre de la maladie.

L'infirmière est traitée dans une unité d'isolement de... (PHOTO LEON NEAL, AFP) - image 1.0

Agrandir

L'infirmière est traitée dans une unité d'isolement de haut niveau.

PHOTO LEON NEAL, AFP

Cette infirmière qui travaillait pour l'ONG Save the Children au centre médical britannique de Kerry Town, en Sierra Leone, a été admise mardi matin à l'hôpital Royal Free de Londres, après avoir été diagnostiquée positive lundi à Glasgow.

Selon les médias britanniques, elle s'appelle Pauline Cafferkey et faisait partie d'une équipe de bénévoles du NHS, le système britannique de santé publique.

Pendant son séjour en Sierra Leone, elle a écrit une chronique pour le quotidien The Scotsman dans laquelle elle a notamment raconté comment elle avait dû apprendre à un jeune garçon que sa mère était décédée de la fièvre hémorragique.

L'infirmière est revenue de Sierra Leone dimanche soir et a d'abord été admise tôt lundi matin dans un hôpital de Glasgow après s'être sentie mal.

À Londres, où elle a été transférée dans la nuit par un avion de la Royal Air Force, elle est prise en charge par le même hôpital qui avait soigné avec succès cet automne l'infirmier bénévole britannique William Pooley, lui aussi contaminé en Sierra Leone.

L'infirmière est traitée dans une unité d'isolement de haut niveau, dont l'accès est réservé au personnel qualifié, dans un lit recouvert d'une tente disposant d'un système de ventilation autonome.

«Elle va aussi bien qu'on peut s'y attendre dans ces circonstances», a indiqué, sans autre détail, le premier ministre écossais, Mme Nicola Sturgeon.

Parallèlement, un nouveau patient, qui n'a pas été en contact avec cette infirmière, a été admis dans l'hôpital Royal Cornwall (sud-ouest de l'Angleterre) pour passer un test de dépistage d'Ebola. Peu d'informations ont été données sur cette personne, hormis qu'elle revenait d'Afrique de l'Ouest. Les résultats du test ne sont pas attendus avant mardi soir au plus tôt.

Un deuxième cas suspect, une professionnelle de santé qui revenait elle aussi de cette région, devrait également être soumis dans la journée à un test de dépistage au Aberdeen Royal Infirmary (Écosse).

Elle n'a aucun lien avec l'infirmière contaminée. N'ayant a priori pas été en contact avec des malades, les autorités considèrent comme «faible» la probabilité qu'elle ait contracté le virus Ebola.

Soixante-trois des 70 personnes qui se trouvaient sur le même vol Londres-Glasgow que l'infirmière contaminée ont par ailleurs déjà pu être contactées.

Nouveaux foyers en Sierra Leone

Cette année, une centaine de personnes ont été testées pour le virus Ebola dans différents hôpitaux d'Angleterre. À l'heure actuelle, aucun vaccin n'existe contre cette fièvre contractée par contact direct avec les fluides corporels.

Ce retour du virus Ebola en Europe intervient alors qu'au moins trois nouveaux foyers d'épidémie ont fait leur apparition lundi dans le département de Kono dans l'est de la Sierra Leone, selon des autorités locales et des habitants dans la région.

Selon des responsables locaux du Centre national de lutte contre le virus Ebola (NERC), cités par la radio publique, plusieurs nouveaux cas ont été signalés ces derniers jours dans trois chefferies de Kono: Kamara, Nimikoro et Nimiyama. Aucun responsable national n'a souhaité commenter.

L'Est, longtemps épicentre de l'épidémie dans le pays, avait enregistré depuis plusieurs semaines une forte baisse des nouveaux cas. Certaines localités, comme Kailahun, n'ont notifié aucun nouveau cas depuis trois semaines.

Selon Aminata Sesay, agent de santé de la région, la résurgence des contaminations vient du lavage rituel des corps de victimes d'Ebola avant l'inhumation, une des pratiques à risque dans la transmission du virus, les cadavres étant particulièrement contagieux.

Cette situation «est la faute de quelques personnes» qui font fi des consignes anti-Ebola, a avancé Mme Sesay.

Le virus Ebola a causé en un an près de 7.900 morts dans plusieurs pays sur un total d'un peu plus de 20 000 cas enregistrés, à 99% au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, d'après un bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié lundi.

Selon les résultats d'une étude de terrain allemande publiée mardi, des chauve-souris mangeuses d'insectes pourraient être à l'origine de l'épidémie actuelle, la plus longue et meurtrière depuis la découverte du virus en 1976.

Ce type de chauve-souris pourrait avoir contaminé, dans le village guinéen de Meliandou, près de Guéckédou, un enfant de deux ans, mort en décembre 2013, considéré comme le point de départ de l'épidémie.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer