Les mises en quarantaine, un couteau à deux tranchants face à l'Ebola

Selon l'étude, il n'y aura pas moyen de... (PHOTO CHRISTOPHER BLACK, ARCHIVES REUTERS)

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Selon l'étude, il n'y aura pas moyen de venir à bout de l'épidémie d'Ebola si les médecins occidentaux ne vont pas la combattre en première ligne parce qu'ils ne veulent pas être mis en quarantaine à leur retour.

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L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

L'isolement des patients et des gens avec qui ils ont été en contact est la manière la plus efficace d'affronter l'Ebola en Afrique, selon une nouvelle étude. Mais cette approche ne doit pas être adoptée par les pays occidentaux par la mise en quarantaine de leurs travailleurs humanitaires rentrant au pays après un séjour dans un pays touché par la fièvre Ebola: cela met en péril le travail dans les hôpitaux en première ligne de l'épidémie, qui manquent cruellement de médecins, selon l'un des auteurs de l'étude.

«Pour juguler l'épidémie avant la fin de l'année, il faut utiliser en parallèle quatre approches différentes», explique Martial Ndeffo Mbah, de l'Université Yale, un des coauteurs de l'étude publiée la semaine dernière dans la revue Science.

«L'isolement des gens qui ont été en contact avec les patients est l'une d'elles. Mais l'approche la plus efficace est l'isolement des patients dans les hôpitaux. Et pour cela, les pays touchés ont besoin des médecins occidentaux. Si ces derniers ne viennent pas parce qu'ils ne veulent pas être mis en quarantaine pour trois semaines à leur retour, il n'y aura pas moyen de venir à bout de l'épidémie. Le danger pour les pays occidentaux grandit si elle dure plus longtemps.»

Mesure «excessive»

L'ONU a renchéri lundi en qualifiant la quarantaine imposée aux travailleurs humanitaires d'«excessive».

Quant à l'interdiction d'entrée de gens qui ont séjourné dans un pays affecté, comme le Canada l'a fait partiellement en suspendant la délivrance de visas la semaine dernière, elle ne fonctionne pas, selon les tests mathématiques faits par les chercheurs pour vérifier l'efficacité des différentes approches. Une telle interdiction a fait couler beaucoup d'encre aux États-Unis, mais n'a pas été adoptée.

«Au Liberia, le gouvernement a mis en place un cordon sanitaire avec un contrôle des mouvements de population, dit M. Ndeffo Mbah. Ça n'a pas marché et si ça continue à être la principale approche utilisée, le nombre de cas va augmenter.»

Le Liberia, épicentre de l'épidémie avec plus de 2400 morts, est la cible des efforts de l'armée américaine, qui veut pallier le manque de lits d'isolement - seul un tiers des lits nécessaires est disponible.

«L'approche la plus efficace est l'isolement des patients dans les hôpitaux. Et pour cela, les pays touchés ont besoin des médecins occidentaux.»

Martial Ndeffo Mbah
coauteur de l'étude

Quatre approches

> Isoler les patients pour limiter l'infection des médecins et infirmières

> Enterrer les morts de manière sécuritaire à l'hôpital

> Enterrer les morts de manière sécuritaire dans la communauté

> Retracer et isoler les personnes qui ont été en contact avec des malades à l'extérieur des hôpitaux

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