Restrictions de visas au Canada: l'OMS veut des explications

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La décision du Canada contrevient au Règlement sanitaire international, qui interdit aux pays signataires de restreindre le trafic et le commerce au-delà de ce que recommande l'OMS.

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L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Helen Branswell
La Presse Canadienne
TORONTO

L'Organisation mondiale de la santé demande des explications au Canada, qui a décidé de refuser temporairement l'entrée des voyageurs provenant des pays affectés par l'épidémie Ebola.

Vendredi, le gouvernement a annoncé qu'il cesserait immédiatement l'émission de visas pour les ressortissants étrangers qui se sont rendus dans des pays comme la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia.

L'OMS a répété à plusieurs reprises que les pays ne devraient pas fermer leurs frontières aux pays d'Afrique de l'Ouest touchés par le virus. Ces mesures pourraient avoir des conséquences plus graves que si les voyageurs avaient pu se déplacer librement, selon l'organisme.

La docteure Isabelle Nutall, de l'OMS, craint que les Canadiens aient un sentiment de sécurité artificiel avec une telle mesure.

La docteure Nutall a précisé qu'elle avait envoyé une requête à l'Agence de santé publique du Canada pour obtenir des explications.

«Nous ne croyons pas que les restrictions de voyage peuvent être efficaces dans les circonstances actuelles. Nous ne croyons pas que la propagation d'Ebola peut être freinée en imposant des restrictions de voyage», a insisté Mme Nutall.

La décision du Canada contrevient au Règlement sanitaire international, qui interdit aux pays signataires de restreindre le trafic et le commerce au-delà de ce que recommande l'OMS.

Ce règlement prévoit que les pays qui décident d'aller au-delà des recommandations de l'OMS doivent démontrer clairement pourquoi, chiffres et données scientifiques à l'appui.

Le traité ne prévoit pas de sanctions pour les pays qui ne respectent pas leurs engagements.

En 2003, lors de l'épisode de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en Ontario, l'OMS avait conseillé aux voyageurs d'éviter tous les endroits du monde aux prises avec des éclosions graves, notamment Toronto, un type de mise en garde qui n'a jamais été lancé depuis.

Le ministre ontarien de la Santé à l'époque, Tony Clement, aujourd'hui ministre dans le gouvernement Harper, s'était insurgé contre l'avis de l'OMS. Il avait aussitôt dirigé une délégation au siège de l'OMS à Genève pour faire renverser la décision, avec succès.

Preben Aavitsland, un épidémiologiste norvégien qui a contribué à écrire le traité croit que le Canada ne donne pas un bon exemple aux autre pays.

«Ces restrictions de voyage vont beaucoup plus loin que ce qui est nécessaire pour protéger les Canadiens. Nous avons besoin d'une abondance de précautions, mais le bon niveau de précaution», a-t-il expliqué.

L'Australie a aussi fermé ses frontières aux ressortissants de pays touchés par l'épidémie.

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