La Chine «particulièrement vulnérable» face à l'Ebola

À l'aéroport international de Pékin, une file est... (PHOTO KIM KYUNG-HOON, REUTERS)

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À l'aéroport international de Pékin, une file est destinée spécifiquement aux passagers revenant de l'Afrique de l'Ouest.

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Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Agence France-Presse
Tokyo, Japon

Le professeur belge Peter Piot, codécouvreur du virus Ebola en 1976, s'est dit jeudi particulièrement inquiet pour la Chine, qui a une très importante communauté en Afrique de l'Ouest, face à cette épidémie qui selon lui pourrait toutefois commencer à baisser d'intensité à partir de Noël.

«Des milliers et des milliers de Chinois vivent et travaillent aujourd'hui en Afrique. C'est une situation très différente par rapport aux épidémies précédentes. Il n'est pas impossible que des travailleurs (infectés) retournent en Chine», a expliqué M. Piot lors d'un séminaire de médecine organisé à Tokyo.

«Dans les hôpitaux publics en Chine, en tout cas ceux que j'ai visités, le niveau de contrôle des infections est très faible», indique Peter Piot à l'appui de ses craintes, en ajoutant reconnaître toutefois que le niveau a été amélioré après l'expérience de l'épidémie de SRAS. «Jusqu'à cette épidémie de SRAS, la Chine n'était pas très ouverte aux nouvelles épidémies, mais depuis lors c'est très différent et beaucoup d'efforts ont été faits», a-t-il reconnu.

«On ne peut pas arrêter les gens de voyager, on verra des malades arriver dans n'importe quel pays, et de ce point de vue je pense que la Chine est particulièrement vulnérable», poursuit le professeur Piot pour qui la bataille se gagnera en Afrique même et non par les contrôles dans les aéroports à l'étranger.

«Franchement, d'un point de vue scientifique, ce n'est pas très efficace», a-t-il ajouté.

Plus tôt cette semaine, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait assuré que les autorités prenaient les mesures nécessaires face à la menace de l'Ebola.

«Jusqu'à maintenant, grâce à nos efforts, aucun cas suspect n'a été rapporté, mais nous restons en alerte maximum et nous ne baisserons pas la garde», a déclaré Hong Lei.

Selon le bilan publié samedi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola a fait depuis le début de l'année 4922 morts sur plus de 10 141 cas recensés au 23 octobre, essentiellement en Afrique de l'Ouest (Liberia, Guinée, Sierra Leone).

M. Piot, qui dirige à Londres une école de médecine tropicale, a également renouvelé ses critiques contre l'OMS, dont il a dénoncé la «lenteur» à réagir lorsque la crise a éclaté.

Enfin, il a estimé que dans un «scénario optimiste» l'épidémie pourrait commencer à décroître aux environs de Noël, tout en mettant en garde : «il suffit d'une seule personne pour que l'épidémie reparte».

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