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«Nous pouvons empêcher une sérieuse explosion de la maladie ici aux États-Unis. Mais ça devient plus difficile si l'épidémie d'Ebola prolifère de manière incontrôlée en Afrique de l'Ouest», a insisté Barack Obama à l'issue d'une rencontre à la Maison-Blanche avec les équipes chargées de coordonner la réponse à l'épidémie.

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Virus Ebola

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Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Kerry SHERIDAN
Agence France-Presse
Washington

L'épidémie d'Ebola qui a fait près de 4500 morts est «la plus grave urgence sanitaire de ces dernières années» pour les responsables occidentaux qui craignent une contagion dans leurs pays et appellent à prendre des mesures plus drastiques.

Le président Barack Obama, qui a annulé tous ses déplacements mercredi et jeudi face au risque de propagation de la maladie sur le sol américain après la contamination de deux soignantes, a promis une réponse «beaucoup plus agressive» pour éviter de nouveaux cas.

Le Conseil de sécurité a pour sa part demandé aux pays membres de l'ONU «d'accélérer et d'étendre de manière spectaculaire leur aide financière et matérielle» aux pays touchés. Leurs structures sanitaires rudimentaires sont incapables de faire face à la crise sans précédent.

En France, le président François Hollande a annoncé la mise en place «d'un dispositif de contrôles à l'arrivée des vols en provenance de la zone touchée par le virus».

La Maison-Blanche a également fait savoir mercredi soir que dès jeudi des mesures additionnelles de contrôle seront lancées dans quatre aéroports aux États-Unis : les aéroports Liberty à Newark (près de New York), O'Hare à Chicago, Hartsfield à Atlanta, et Dulles dans la banlieue de Washington. La semaine dernière, l'aéroport international JFK de New York avait déjà commencé à contrôler davantage les passagers en provenance des trois pays d'Afrique de l'Ouest les plus frappés par Ebola (Liberia, Guinée, Sierra Leone).

L'infection d'une deuxième soignante dans un hôpital du Texas, qui s'occupait d'un malade libérien depuis décédé, a provoqué la stupeur et fait craindre que les autorités sanitaires aux États-Unis n'aient pas pris toute la mesure du risque.

«Nous pouvons empêcher une sérieuse explosion de la maladie ici aux États-Unis. Mais ça devient plus difficile si l'épidémie d'Ebola prolifère de manière incontrôlée en Afrique de l'Ouest», a insisté M. Obama mercredi à l'issue d'une rencontre à la Maison-Blanche avec les équipes chargées de coordonner la réponse à l'épidémie.

Il a également pris l'initiative d'une vidéoconférence avec François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et les chefs de gouvernement britannique et italien, David Cameron et Matteo Renzi.

Selon la Maison-Blanche, il a demandé aux dirigeants européens de faire un effort plus important. Une critique récurrente alors que les États-Unis ont envoyé des centaines de militaires dans la zone de crise et promis de débloquer des centaines de millions de dollars.

«J'ai embrassé des infirmières»

Les ministres de la Santé européens doivent se réunir jeudi à Bruxelles pour rassurer les Européens, après l'annonce la semaine dernière de la contamination d'une aide-soignante à Madrid.

La polémique enfle aussi aux États-Unis sur l'insuffisance des mesures prises pour éviter la propagation du virus, alors que les autorités s'étaient voulues très rassurantes dans un premier temps.

Cette deuxième contamination est «très inquiétante», ont avoué les autorités sanitaires américaines qui se «préparent à l'éventualité de nouveaux cas dans les jours prochains».

L'inquiétude a encore bondi d'un cran quand les autorités ont révélé que la deuxième soignante contaminée avait pris l'avion après s'être occupée du malade libérien. Les autorités sanitaires ont demandé aux passagers de cet avion de se signaler.

Barack Obama a tenté de rassurer l'opinion américaine, rappelant que la transmission du virus ne se faisait pas par voie aérienne et qu'une personne n'était pas contagieuse tant que les symptômes ne s'étaient pas manifestés.

«J'ai serré la main, pris dans mes bras et embrassé (...) des infirmières pour saluer le travail courageux qu'elles avaient accompli en s'occupant d'un patient», a-t-il témoigné.

Le Maroc a de son côté annoncé le lancement d'un «plan national» pour «empêcher l'entrée du virus Ebola» dans le royaume, un des rares pays à avoir maintenu ses liaisons aériennes directes avec les principaux foyers de l'épidémie en Afrique de l'Ouest.

Le Premier ministre tchèque a également indiqué que tous les voyageurs arrivant à l'aéroport de Prague en provenance des zones touchées devraient désormais se soumettre à des tests de température et remplir des formulaires médicaux.

A Dubaï, le premier cas suspect dans le Golfe a été repéré mercredi. Le passager qui arrivait du Libéria via le Maroc a été placé en quarantaine.

Au Congrès américain, le président de la Chambre des représentants et d'autres responsables parlementaires ont suggéré mercredi à l'administration Obama de suspendre temporairement les visas des individus du Liberia, de Guinée et de Sierra Leone jusqu'à ce que l'épidémie soit sous contrôle.

Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la fièvre hémorragique a fait 4493 morts sur 8997 cas enregistrés dans sept pays (Liberia, Sierra Leone, Guinée, Nigeria, Sénégal, Espagne et États-Unis).

L'OMS craint jusqu'à 10 000 nouveaux cas par semaine prochainement en Afrique de l'Ouest, au lieu d'un millier actuellement.

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