Sainte-Justine renforce ses mesures contre l'Ebola

En Alabama, des travailleurs de la santé suivent... (PHOTO TAMI CHAPPELL, REUTERS)

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En Alabama, des travailleurs de la santé suivent une formation pour être en mesure d'intervenir auprès des patients potentiellement atteints par la fièvre Ebola.

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L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Des mesures de protection poussées qui serviront dans le cadre des traitements offerts aux patients atteints de fièvre Ebola sont actuellement déployées au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine. Au cours des prochains jours, les employés recevront une formation pour utiliser de nouveaux équipements.

«On revoit les directives en ce moment. Tout le personnel sera reformé avec du nouvel équipement qui couvrira toute la tête. Un genre de scaphandre. Et on va apprendre à s'habiller et à se déshabiller convenablement», affirme la vice-présidente responsable de la catégorie des soins infirmiers et cardiorespiratoires de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Nadine Lambert, qui travaille comme infirmière au CHU Sainte-Justine.

Cette fin de semaine, une infirmière américaine ayant soigné Thomas Eric Duncan, le premier patient à succomber à la fièvre Ebola aux États-Unis, a contracté la maladie. Cette infection a créé une véritable commotion dans le monde entier.

«Depuis les événements aux États-Unis, ça bouge. Notre préparation n'était pas adéquate. Mais là, on donne un coup de barre, ajoute Mme Lambert. Il n'y a pas de panique actuellement chez nous. Mais le fait de revoir les directives, ça va réactiver les craintes.»

Tout comme le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), le CHU Sainte-Justine a été désigné le mois dernier pour traiter tout patient potentiellement atteint de la fièvre Ebola au Québec.

Responsable des communications au CHU Sainte-Justine, Mélanie Dallaire assure que les protocoles n'ont pas changé.

Le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, précise quant à lui que le déploiement de nouveaux équipements au CHU Sainte-Justine était «déjà prévu» et n'est pas lié aux récents événements aux États-Unis.

Hier après-midi, les hauts responsables de la santé publique de toutes les provinces canadiennes ont tenu une conférence téléphonique pour voir si un renforcement des mesures prises au pays devrait être envisagé dans la foulée de l'infection de l'infirmière américaine, Nina Pham, âgée de 26 ans.

«Aucun changement aux protocoles en place n'est nécessaire», affirme le Dr Arruda. Mais plus de formation sera offerte aux employés du réseau de la santé, notamment sur la façon de retirer les tenues de protection de manière sécuritaire.

«Nous avons convenu que même si nous sommes préparés, nous devons continuer d'être vigilants et d'améliorer nos systèmes et notre état de préparation», a écrit l'administrateur en chef de la santé publique du Canada, le Dr Gregory Taylor, après la rencontre.

Québec rassure

Hier matin, le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, a voulu rassurer les employés du réseau de la santé. Dans un point de presse à sa sortie de l'hôpital LaSalle, où il inaugurait la nouvelle salle des urgences, il a assuré que les protocoles étaient bien mis en place dans les hôpitaux de la province pour soigner les patients atteints de la fièvre Ebola.

Même s'il a dit «comprendre» l'inquiétude des employés du réseau, il a assuré que les risques de contracter la maladie au Québec étaient «très, très minces».

Le ministre a rappelé aux voyageurs revenant de Guinée, de Sierra Leone et du Liberia de faire preuve de «civisme» et de mentionner où ils ont séjourné si jamais ils doivent se présenter aux urgences avec des symptômes susceptibles d'être causés par l'Ebola.

Il a également invité tous les hôpitaux de la province à faire des simulations pour voir si les infirmières au triage sont capables de détecter efficacement les patients atteints de l'Ebola. «Aujourd'hui, la première question à poser à quelqu'un qui fait de la fièvre, c'est: "Êtes-vous allé en Afrique?"»

Malgré les propos du ministre Barrette, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Régine Laurent, affirme que dans le réseau, ses membres disent «ne pas avoir assez d'information ni de formation» sur la maladie.

Le Canada et le virus Ebola

Depuis le 26 septembre, 76 voyageurs arrivant des pays d'Afrique de l'Ouest touchés par l'épidémie d'Ebola ont été recensés au Canada. L'ensemble de ces voyageurs est arrivé aux aéroports de Toronto et Montréal. Quatre cas suspects ont été pris en charge au Québec depuis le début du mois (3 à Montréal, 1 en Abitibi-Témiscamingue). Aucun cas ne s'est avéré positif.

L'absence de cadres-conseils en prévention des infections inquiète

L'Association du personnel d'encadrement du réseau de la santé et des services sociaux (APER) s'inquiète du fait que des cadres-conseils responsables de la prévention des infections dans les hôpitaux de la province ont perdu leurs fonctions cette année. «Dans certains établissements, il n'y a plus personne pour coordonner les efforts et appliquer le protocole si jamais un patient avec l'Ebola arrive», dit la porte-parole de l'APER, Me Anne-Marie Chiquette.

Hier, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, a souligné que les infirmières du réseau «aimeraient avoir une personne-ressource vers qui se tourner en tout temps» dans les établissements pour les aider à prendre en charge les patients atteints du virus.

«Cette personne, c'est un cadre. Il ne faut pas oublier que les cadres, ce sont souvent des infirmières, des professionnels du réseau qui aident à gérer. On est en discussions actuellement avec Québec pour ramener ces cadres dans le réseau. Dans le contexte actuel lié à l'Ebola, ça nous inquiète», note Me Chiquette.

Évaluation des malades: «penser constamment à l'Ebola»

Au cours des derniers jours, plusieurs acteurs des réseaux de santé publique à travers le monde ont invité les travailleurs du milieu de la santé à « penser constamment à l'Ebola » quand vient le temps d'évaluer un malade.

Directrice des cliniques du Groupe santé voyage, la Dre Dominique Tessier croit elle aussi que le réseau de santé québécois ne doit pas oublier la maladie.

« La plus grande faille du réseau, c'est si un patient ne dit pas qu'il a voyagé dans les pays touchés par l'Ebola, mais aussi, si on ne lui pose pas la question », explique-t-elle.

La Dre Tessier note que la saison de la grippe s'en vient. « Il va y avoir plusieurs patients qui vont se présenter aux urgences avec de la fièvre. Les employés doivent développer le réflexe de leur poser la question : «Avez-vous voyagé et où ?» » dit-elle.

La Dre Tessier ajoute que les autorités de santé publique doivent continuer de faire de la sensibilisation pour inciter les gens à informer le personnel soignant de tout voyage dans les pays touchés par la maladie.

La Dre Tessier estime que le personnel des hôpitaux doit absolument recevoir des formations pour utiliser l'équipement de protection adéquatement. « Et il faut aussi se méfier de l'habitude au risque. Les travailleurs de la santé ne doivent jamais baisser la garde », note la Dre Tessier.

Celle-ci assure toutefois que les probabilités que la maladie se répande au Québec sont très minces. « Il y a plus de chances qu'elle ne se répande pas ! » dit-elle.

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