Ebola: le personnel de santé en grève au Liberia

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Un homme passe devant une murale indiquant les symptômes liés au virus Ebola, le 12 octobre Monrovia au Liberia.

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L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

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Agence France-Presse
MONROVIA

Le personnel de santé était en grève lundi au Liberia pour obtenir le versement des rémunérations promises en raison de l'épidémie d'Ebola, qui frappe particulièrement les soignants, comme le montrent les deux premières contaminations hors d'Afrique, aux États-Unis et en Espagne.

Afin de coordonner la prévention face au risque de propagation en Europe, les ministres de la Santé de l'Union européenne (UE) ont été invités à participer jeudi prochain à Bruxelles à une réunion portant notamment sur les contrôles aux frontières.

Seule la Grande-Bretagne a établi, depuis le 10 octobre, des contrôles à l'arrivée dans ses principaux aéroports et gares, suivant les exemples américain et canadien.

Au Liberia, le mouvement de protestation, amorcé la semaine dernière par une grève perlée à la clinique Island de Monrovia, un centre de traitement débordé dès son ouverture en urgence le 21 septembre, semblait largement suivi dans la capitale, selon les témoignages du personnel et de patients.

«Nous sommes ici au centre de traitement d'Ebola et personne ne s'occupe de nous», a témoigné un patient de cette clinique en direct sur une radio locale. «La nuit dernière, plusieurs malades sont morts. Ceux qui peuvent marcher veulent s'échapper en escaladant la barrière», a-t-il ajouté.

«Les personnels de santé à travers le pays ont rendu leur tablier comme nous leur avons demandé de le faire», a déclaré à l'AFP le président du syndicat du secteur, Joseph Tamba, expliquant que les revendications portaient notamment sur la titularisation d'employés sans contrat.

«C'est comme si le gouvernement accumulait les personnels sans leur donner de salaire», a-t-il déploré, estimant leur nombre à plus de 6000.

S'agissant de la clinique Island, administrée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le mouvement a été déclenché par le versement de salaires inférieurs d'un tiers à la moitié aux montants prévus par contrat, a indiqué le syndicaliste.

Primes de risque

Un représentant du personnel de cet établissement, Alphonso Wesseh, a accusé le gouvernement de saper toute tentative de compromis ou de médiation de la directrice médicale ougandaise, le Dr Anne Atai Omoruto.

«Alors qu'elle tentait de nous convaincre de reprendre le travail, le gouvernement a demandé à l'OMS de la remplacer parce qu'elle avait accordé une interview à des journalistes de la MINUL (Mission des Nations unies au Liberia)», déplorant la gestion de ce conflit.

«Elle connaît les risques que nous prenons au quotidien, c'est pourquoi elle compatit avec nous», a-t-il déclaré à l'extérieur de la clinique, précisant que le personnel avait fait barrage à ce changement de direction.

Au démarrage de ce conflit la semaine dernière, les autorités ont décrété les journalistes indésirables dans les centres de traitement d'Ebola, invoquant le respect de «l'intimité» des patients.

La présidente Ellen Johnson Sirleaf a réclamé le 10 octobre lors d'une réunion de la Banque mondiale des fonds pour pouvoir notamment «dédommager les personnels de santé qui, par crainte du risque, ont refusé de reprendre le travail ou hésitent à le faire».

En Sierra Leone voisine, les équipes chargées d'enterrer les corps dans la région de la capitale, Freetown, ont observé la semaine dernière une grève d'une journée pour des retards dans le paiement de leurs primes de risque.

Les soignants sont particulièrement touchés par l'épidémie, qui a fait 201 contaminations dans leurs rangs au Liberia, où 95 en sont morts (un peu moins de 5% du total des décès dans ce pays) selon le dernier bilan de l'OMS.

Aux États-Unis, les autorités sanitaires ont confirmé une première contamination, celle d'une soignante de l'hôpital de Dallas où a été accueilli le premier malade déclaré dans le pays, un Libérien, incriminant une défaillance dans l'application des mesures de protection.

La soignante faisait partie de l'équipe qui a traité ce patient, Thomas Eric Duncan, de son admission le 28 septembre à son décès le 4 octobre. Elle se trouvait dimanche dans un «état stable», présentant de «légers symptômes» et une «faible fièvre», selon des sources médicales.

Le directeur des Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le Dr Thomas Frieden, a conclu à une «faille dans le protocole qui a causé l'infection».

La soignante, qui a requis le strict anonymat, a assuré avoir respecté les consignes et l'hôpital a souligné qu'elle portait l'équipement (masque, gants, tenue de protection) recommandé par les CDC.

Le président américain Barack Obama a réclamé dans un entretien téléphonique avec la ministre de la Santé Sylvia Burwell que les résultats de l'enquête sur cette contamination soient «rapidement et largement» partagés.

Il s'agit de la deuxième contamination hors d'Afrique, après celle d'une aide-soignante espagnole, Teresa Romero, qui a traité à Madrid un missionnaire mourant rapatrié de Sierra Leone.

Selon son dernier bulletin de santé dimanche soir, elle était dans un état «grave mais stable».

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