NBC quitte le Liberia après la contamination d'un caméraman

Malgré l'épidémie, à Monrovia, certains continuent de douter... (PHOTO  PASCAL GUYOT, ARCHIVES AFP)

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Malgré l'épidémie, à Monrovia, certains continuent de douter de la réalité de l'Ebola.

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Virus Ebola
Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Marc BASTIAN
Agence France-Presse
MONROVIA

La chaîne américaine NBC a annoncé vendredi le rapatriement de son équipe envoyée au Liberia, pays le plus touché par l'Ebola, à la suite de la contamination d'un caméraman, au moment où les États-Unis tentent de circonscrire chez eux le premier cas hors d'Afrique.

Le chef de la nouvelle Mission des Nations unies pour la lutte contre Ebola (UNMEER), Anthony Banbury, poursuivait par ailleurs en Sierra Leone sa tournée des pays principalement touchés, après le Liberia et avant la Guinée.

M. Banbury a assuré jeudi à Monrovia vouloir faire de cette épidémie, la plus grave depuis l'identification du virus en 1976, «la plus haute priorité pour la communauté internationale - pour le monde entier, et pas seulement l'ONU».

Au Liberia, qui compte pour plus de la moitié des 3338 morts sur 7178 cas recensés par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), «l'ensemble des 15 provinces signale désormais des cas» et le virus se propage des zones urbaines vers les campagnes reculées, selon la présidente Ellen Johnson Sirleaf.

À Monrovia, la capitale, Ashoka Mukpo, 33 ans, un caméraman indépendant recruté mardi par la chaîne de télévision américaine NBC, était en quarantaine dans un centre de Médecins sans frontières (MSF) situé sur la route de l'aéroport.

Il s'était rendu il y a quelques jours à la clinique Island, un établissement ouvert en urgence le 21 septembre pour remédier à la saturation des services de santé, aussitôt surchargé, et où les mesures d'isolement étaient appliquées de manière peu rigoureuse, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Il manque encore quelque 1500 lits au Liberia par rapport au nombre déjà disponible ou en voie de l'être, et 450 en Sierra Leone, selon l'OMS.

Il s'agit du quatrième Américain contaminé dans ce pays et du premier journaliste étranger atteint depuis le début de l'épidémie.

«Les médecins sont optimistes sur son cas», a indiqué le père du caméraman, Mitchell Levy, dans un message aux proches publié par la chaîne.

La présidente de NBC Deborah Turness a précisé qu'il serait évacué vers un centre spécialisé, comme les précédents patients américains, et que «par principe de précaution», le reste de l'équipe, ne présentant pourtant aucun symptôme, serait «rapatrié par vol spécial et se placerait en quarantaine pendant 21 jours», durée d'incubation du virus.

«Autant de personnels que possible»

Au même moment, un médecin ougandais travaillant pour une ONG italienne contaminé en Sierra Leone était hospitalisé vendredi dans un «état très grave, mais stable» à Francfort (ouest), dans l'ouest de l'Allemagne, selon les autorités sanitaires.

La Sierra Leone a reçu jeudi un renfort appréciable dans la bataille contre Ebola, avec l'arrivée de 165 médecins et infirmiers cubains.

«Nous avons besoin d'autant de professionnels de santé que possible et cela fera une différence dans la lutte», a déclaré la secrétaire d'État à la Santé, Madina Rahman, venue les accueillir.

MSF, en pointe dans la lutte, avec 3000 personnels, dont quelque 250 internationaux, et près de 3300 patients pris en charge, a déploré l'inadéquation de l'aide internationale, réclamant des équipes médicales plutôt que des fonds.

Outre le manque criant de personnels de santé, le scepticisme persistant d'une partie de la population face au virus complique les efforts pour l'enrayer.

«Il y a beaucoup de malades à West Point, mais les gens ici ne croient toujours pas qu'Ebola existe vraiment, parce qu'ils n'ont pas vu quelqu'un mourir», a ainsi expliqué à l'AFP Jessica Neufville, 16 ans, membre d'un groupe d'adolescentes dans ce bidonville insalubre de Monrovia, l'un des plus grands d'Afrique de l'Ouest.

Dans le sud des États-Unis, les autorités texanes, confrontées à la première contamination hors d'Afrique, ont déclaré suivre plus de 100 personnes entrées en contact plus ou moins direct avec un Libérien dont la maladie s'est déclarée après son arrivée.

Il est arrivé à Dallas le 20 septembre en provenance du Liberia, sans symptôme, donc non encore contagieux, et a été diagnostiqué tardivement, avant d'être placé en quarantaine.

Les autorités sanitaires ont également annoncé le confinement à domicile de quatre membres de sa famille, jusqu'au 19 octobre, à l'expiration des 21 jours d'incubation.

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