Un médecin québécois sur la ligne de front en Sierra Leone

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Habitué des missions humanitaires, Marc Forget a été aux premières loges de la naissance de l'actuelle épidémie au début de l'été en Guinée.

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Virus Ebola
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L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Alors qu'on annonçait hier un premier cas d'Ebola aux États-Unis, le bilan des morts atteignait le cap des 3000 cette semaine en Afrique de l'Ouest. Les secours manquent toujours cruellement. Un médecin québécois s'apprête à diriger une nouvelle opération en Sierra Leone.

D'ici la fin de la semaine, Marc Forget débarquera à Bo, deuxième plus grande ville en Sierra Leone. Là-bas, le médecin québécois, 18 expatriés et 300 employés locaux de Médecins sans frontières (MSF) travailleront contre la montre pour freiner l'épidémie du virus Ebola.

La situation presse. Cette semaine, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé que le bilan des morts liés à l'épidémie a dépassé le cap des 3000, soit deux fois plus qu'au cours de toutes les autres éclosions précédentes du virus rassemblées. Des études démontrent qu'un million de personnes pourraient être éventuellement atteintes.

«Les besoins sont énormes. Excusez le québécisme, mais il n'y a que Médecins sans frontières qui va au batte», note Marc Forget en expliquant que l'épidémie fait peur à presque toutes les organisations qui se déploient habituellement lors de crises humanitaires. À ce jour, MSF s'occupe des deux tiers des patients. «Comme médecins, on a vraiment le sentiment qu'on a besoin de nous. Je me sentirais coupable de ne pas y aller», note celui qui travaille aussi dans le Grand Nord québécois.

Marc Forget a dû annuler sa participation au marathon de Toronto pour aller courir un marathon bien différent en Afrique de l'Ouest. En Sierra Leone, lui et son équipe auront droit à de longues journées de travail et devront porter des combinaisons de protection sous une chaleur étouffante dans l'espoir de sauver des vies.

Aux premières loges

Le médecin québécois n'est pas un débutant. Ni du travail dans une zone difficile ni de l'Ebola. Habitué des missions humanitaires depuis 2002, il a été aux premières loges de la naissance de l'actuelle épidémie au début de l'été en Guinée. «J'étais dans l'épicentre de l'infection. Nous avons vu toutes les étapes de l'épidémie se dessiner. Nous avons vu les gens traverser la rivière [vers les pays voisins]», se rappelle-t-il.

Depuis son retour au Québec en juillet, la situation n'a fait que s'aggraver. En plus de la Guinée, l'épidémie fait des ravages au Liberia (1830 morts) et en Sierra Leone (605 morts). Des débuts d'épidémie au Nigeria et au Sénégal semblent être maîtrisés.

Les travailleurs de la santé sont particulièrement touchés par le virus. Au 26 septembre, 375 d'entre eux avaient contracté la maladie. De ce nombre, 211 sont morts.

Malgré ces statistiques, Marc Forget garde le cap. «Je persiste à croire que si on est bien informés et qu'on suit les procédures, le risque est presque nul. Il reste un risque, mais il est limité», dit-il, en rappelant qu'une première collègue expatriée de MSF a récemment contracté le virus, mais s'est remise.

Tensions sociales

Il s'inquiète davantage des dangers de tensions sociales et politiques causées par les mesures mises en place par les pays touchés. La semaine dernière, le président de la Sierra Leone a annoncé un bouclage de plusieurs parties du pays. «Les mesures de coercition adoptées ne font qu'exacerber les tensions. Des régions entières sont isolées. Le commerce est bloqué. L'économie s'effondre», dit Marc Forget.

Le tout ne facilite pas la tâche des équipes soignantes. «Du point de vue médical, ce n'est pas l'idéal. Il faut avant tout gagner le coeur et la confiance des gens. Les mesures d'isolement actuelles forcent les gens dans le déni», ajoute le docteur.

Plusieurs experts s'inquiètent d'un regain de tensions politiques dans une région qui a été ébranlée par plusieurs guerres civiles. En Guinée, l'assassinat d'une équipe de sensibilisation de huit personnes par une foule en colère a sonné l'alarme. «En tant que coordonnateur de mission, ce sera à moi à veiller à la sécurité de mon équipe.»

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