Ebola: 1427 morts selon un nouveau bilan de l'OMS

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Le 8 août, l'OMS a décrété une urgence de santé publique mondiale contre cette épidémie de fièvre hémorragique sans précédent, et recommandé des mesures d'exception dans les pays affectés.

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Virus Ebola
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L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Agence France-Presse
GENÈVE

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dénombré 2615 cas d'Ebola, dont 1427 décès dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest, selon son dernier bilan arrêté au 20 août et publié vendredi.

Le précédent bilan, arrêté au 18 août, faisait état de 2473 cas, dont 1350 morts.

Sur deux jours, les 19 et 20 août, il y a eu 142 nouveaux cas d'Ebola et 77 décès supplémentaires. Le Liberia reste le pays le plus touché, avec 1082 cas dont 624 morts. En Guinée, il y a eu en deux jours 28 cas supplémentaires portant le nombre de malades à 607. Le nombre de décès a augmenté de 10 pour atteindre 406.

En Sierra Leone, il y a 910 cas et  le nombre de décès s'élève à 392. Au Nigeria, l'épidémie a tué une personne de plus. Le bilan des décès est de 5 et le nombre de cas est de 16.

Le 8 août, l'OMS a décrété une urgence de santé publique mondiale contre cette épidémie de fièvre hémorragique sans précédent, et recommandé des mesures d'exception dans les pays affectés.

Stopper la progression d'Ebola «prendra six à neuf» mois

(MONROVIA) L'épidémie d'Ebola a atteint une telle vitesse de propagation qu'il faudra de six à neuf mois pour l'arrêter, a prévenu vendredi un haut responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Liberia, le pays le plus touché, où plus aucune région n'est épargnée.

Sur le terrain, Médecins Sans Frontières (MSF) se préparait à de nouvelles vagues de malades. «Nous avons actuellement environ 60 patients pour une capacité de 120 lits», a indiqué un coordinateur de MSF, Henry Gray, au centre de l'ONG à Monrovia, en cours d'agrandissement. «Dans les 10 prochains jours, nous espérons pouvoir accueillir jusqu'à 400 patients», a-t-il ajouté.

«Le rythme et l'ampleur de l'accélération d'Ebola sont du jamais vu», a déclaré le directeur adjoint de l'OMS pour la sécurité sanitaire, Keiji Fukuda, au siège de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul).

«Cela ne va pas être facile. Nous nous attendons à plusieurs mois de travail acharné, plusieurs mois à nous débattre avec cette épidémie», a-t-il dit au cours d'une conférence de presse avec le coordinateur de l'ONU contre Ebola, le Dr David Nabarro.

En comparant cette épidémie aux précédentes, «nous pensons que six à neuf mois est l'estimation raisonnable sur laquelle nous devons tabler pour la flambée d'Ebola», a précisé M. Fukuda.

Le Dr Nabarro a souligné qu'il s'agissait d'un «défi pour le monde et qui exige énormément de courage et d'efforts pour y répondre efficacement», disant vouloir non seulement arrêter la transmission, mais aussi rétablir une vie normale dans les pays frappés.

«Afin d'y arriver, nous envisageons une manière radicale d'augmenter le soutien fourni par la famille de l'ONU. Nous devons faire cela d'une manière qui soit rapide et extrêmement efficace», a-t-il dit, sans autre précision.

Les deux hommes devaient ensuite poursuivre leur tournée des pays touchés à Freetown, Conakry et Abuja.

Au même moment, l'OMS annonçait à Genève un bilan au 20 août d'au moins 1.427 morts: 624 au Liberia, 406 en Guinée, 392 en Sierra Leone et 5 au Nigeria, sur un total de 2615 cas (confirmés, probables ou suspects).

«Manque de réaction et abandon»

Au Liberia, plus aucune région n'est à l'abri depuis la découverte de cas dans le sud-est près de la frontière avec la Côte d'Ivoire.

Le secrétaire général du syndicat des services de santé, George Williams, a fait état de «deux morts à Gbokon-Jelee», une ville qui attire de nombreux marchands d'or de tout le Liberia et même de Côte d'Ivoire, soulignant que «c'était la dernière région épargnée par Ebola».

Le responsable médical de la région, George Daouda, a confirmé un cas avéré d'Ebola.

En Sierra Leone, le Parlement a adopté en urgence une loi punissant d'une peine d'emprisonnement allant jusqu'à deux ans quiconque «cache un patient contaminé par Ebola ou d'autres maladies contagieuses de même nature».

«Nous sommes consternés par la lenteur de la réaction de certains de nos partenaires de développement, et l'abandon et l'isolement imposé par ceux que nous considérions comme nos meilleurs amis au niveau sous-régional, régional et mondial», a par ailleurs déclaré le chef de la majorité parlementaire, Ibrahim Bundu.

Il faisait allusion à la fermeture des frontières par plusieurs pays africains, dont le Sénégal, l'Afrique du Sud ou le Kenya.

Vendredi soir, le Gabon a lui aussi suspendu les liaisons aériennes et maritimes en provenance des pays affectés. Il a indiqué qu'il délivrerait les visas «au cas par cas» aux voyageurs venant de ces pays.

En revanche, la Russie a apporté son aide, acheminant par avion une équipe de virologues et un laboratoire mobile à Conakry.

Le Nigeria, pays le moins affecté, avec cinq morts pour 16 cas, a néanmoins annoncé deux nouveaux cas, les premiers de «contamination secondaire», les épouses d'hommes ayant été en contact avec le haut fonctionnaire libérien qui a introduit le virus dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

Une nouvelle inquiétude est apparue sur le continent, en provenance de République démocratique du Congo (RDC), dans la province de l'Équateur (nord-ouest) où le virus Ebola avait été découvert en 1976.

Le gouvernement a annoncé jeudi la mort de 13 personnes, victimes d'une «fièvre hémorragique d'origine indéterminée» depuis le 11 août.

Mais l'OMS et MSF ont jugé prématuré d'incriminer une fièvre hémorragique. Les résultats des prélèvements sont attendus «dans sept jours», a indiqué le ministre congolais de la Santé, Félix Kabange Numbi. Selon lui, la fièvre est «sous contrôle».

- avec Zoom DOSSO, AFP




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