Ukraine: une «trêve véritable» dans l'Est

Le président ukrainien, Petro Porochenko.... (Photo EMMANUEL DUNAND, archives AFP)

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Le président ukrainien, Petro Porochenko.

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Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
KIEV

Le président ukrainien Petro Porochenko a salué mercredi la «trêve véritable» qui s'est installée dans l'Est séparatiste prorusse, tout en estimant que la guerre ne serait finie qu'après la libération des terres ukrainiennes de l'«occupant» russe.

Dans un conflit qui a coûté la vie à plus de 8000 personnes en 18 mois, «nous assistons à une accalmie totale en cette première semaine d'octobre. Pas un seul coup de feu», s'est félicité le chef de l'État dans un discours devant les étudiants de l'Institut militaire de Kiev.

«C'est une trêve véritable», a-t-il ajouté, soulignant cependant que la guerre n'était «pas finie pour autant».

«La guerre sera finie quand sera libérée des mains de l'ennemi, de l'occupant, chaque parcelle de terre ukrainienne», a-t-il poursuivi.

Le ministre ukrainien de la Défense, Stepan Poltorak, a pour sa part souligné que l'Ukraine devait «profiter de la trêve pour (...) équiper ses troupes» et préparer ses terrains militaires.

Le conflit en Ukraine avait éclaté un mois après l'annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée en mars 2014, à la suite d'un référendum qui n'a pas été reconnu par la communauté internationale.

Alors que le cessez-le-feu est largement respecté depuis septembre, que les armes lourdes ont déjà été retirées, Kiev et les rebelles retirent désormais leurs chars et pièces d'artillerie de calibre inférieur à 100 mm de la ligne de front dans le cadre d'un accord signé la semaine dernière entre belligérants.

Ce processus est pratiquement achevé dans l'une des deux républiques rebelles, celle de Lougansk, ont annoncé mercredi l'armée ukrainienne et les rebelles.

La mission d'observation de l'OSCE présente dans l'est de l'Ukraine a indiqué mercredi qu'elle allait vérifier d'ici à vendredi que les chars avaient bien quitté leurs positions des deux côtés de la ligne de front.

Le retrait dans la république autoproclamée de Donetsk doit débuter le 18 octobre.

Divergences sur les élections séparatistes

Ce retrait a été décidé comme un geste de bonne volonté pour consolider la trêve, même s'il n'était pas prévu par les accords de paix fondamentaux dits de Minsk 2, signés en février grâce à la médiation du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel, en présence du président russe Vladimir Poutine.

Après un sommet à Paris vendredi entre les trois dirigeants et le président ukrainien, le chef de l'Etat français a reconnu que la mise en oeuvre du processus de paix prendrait du retard et ne serait pas achevé comme prévu en 2015.

Si les rebelles ont accepté, conformément au souhait des Européens, de reporter à l'année prochaine les élections locales qu'ils prévoyaient cet automne, les interprétations divergent quant aux conditions de la tenue de ces élections.

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkine, a souligné que celles-ci ne pourraient avoir lieu qu'une fois que l'Ukraine aurait retrouvé le contrôle de 400 km de sa frontière avec la Russie - par où transitent selon Kiev et les Occidentaux armes et troupes destinées à l'Est rebelle - et après le retrait des troupes russes.

«Conformément à tous les critères du droit international et national, les élections ne peuvent pas avoir lieu là où sont présentes des troupes ou des armes étrangères», a déclaré le chef de la diplomatie ukrainienne lors d'une intervention devant les députés.

Les dirigeants européens n'ont toutefois pas mentionné cette condition, le président François Hollande disant simplement qu'il «faudrait du temps pour aboutir (...) au contrôle total des frontières et au retrait des unités étrangères».

Il avait en revanche évoqué l'adoption par Kiev d'une nouvelle loi électorale pour rendre le  scrutin en zones rebelles «incontestable», sous observation de l'OSCE.

Les responsables ukrainiens défendent depuis plusieurs jours leur bilan après le sommet de Paris.

Ses résultats ont toutefois été interprétés par plusieurs experts comme une victoire de la Russie: avec la bénédiction des alliés européens de Kiev, Moscou pousserait l'Ukraine à réintégrer des territoires prorusses en son sein sans les avoir soustraits à l'influence déterminante de la Russie.

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