Kiev et les séparatistes assurent avoir commencé à retirer les chars de la ligne du front

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Aux termes de cet accord, le retrait des armes légères va prendre une quarantaine de jours.

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Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
KIEV

L'armée ukrainienne et les séparatistes prorusses ont annoncé samedi le début du retrait des chars dans l'Est rebelle pour consolider la trêve, mais la paix négociée avec la médiation franco-allemande semble encore bien loin.

L'annonce intervient au lendemain d'un sommet à Paris entre les dirigeants ukrainien, russe, français et allemand qui ont reconnu l'impossibilité de mener à bien le processus de paix d'ici la fin de l'année, ce qui est pourtant prévu par les accords signés à Minsk en février avec leur médiation.

Les rebelles de la république autoproclamée de Lougansk ont annoncé dans la matinée avoir entamé le retrait des chars, qui doit être suivi de celui des pièces d'artillerie de calibre inférieur à 100 mm. «Un convoi de chars vient de prendre la direction d'un nouveau lieu de déploiement à 15 km de la ligne du front», a annoncé l'agence officielle de la république séparatiste de Lougansk.

Il était impossible dans l'immédiat de confirmer cette information de source indépendance.

«Le processus a commencé», a pour sa part déclaré à l'AFP un porte-parole de l'armée ukrainienne, Vladislav Seleznev. Il a indiqué que la première étape était «l'établissement de listes des armes qui vont être soumises aux observateurs internationaux».

Le retrait des chars et des pièces d'artillerie de calibre inférieur à 100 mm dans une zone de 15 km de part et d'autre de la ligne de front a été convenu cette semaine entre les belligérants comme un geste de bonne volonté afin de préserver les vies alors que le conflit a fait plus de 8000 morts, principalement des civils, depuis avril 2014.

Aux termes de cet accord, le retrait des armes légères va prendre une quarantaine de jours.

Les rebelles de l'autre république séparatiste voisine, celle de Donetsk, vont commencer à retirer leurs armes «après le 18 octobre» si la trêve qui règne depuis peu «est respectée», a annoncé un haut responsable de la république Edouard Bassourine.

Le «ministre de la Défense» de la république autoproclamée de Donetsk Vladimir Kononov, cité sur le site officiel séparatiste, a précisé la veille que le retrait commencerait après la fin du processus dans la république de Lougansk.

La paix prend «du retard»

Les accords de paix fondamentaux dits Minsk 2 ne prévoyaient que le retrait des armes de plus de 100 mm, mais cette clause avait été régulièrement violée, provoquant la mort de plus de mille personnes, selon les observateurs internationaux.

Réunis vendredi à Paris pour faire le point sur la mise en oeuvre des accords de paix, Petro Porochenko, Vladimir Poutine, François Hollande et Angela Merkel ont reconnu en substance que le règlement dans l'Est de l'Ukraine serait retardé.

À l'issue de négociations qui ont duré quatre heures et demie à l'Élysée, le président français a annoncé le report «au-delà du calendrier de 2015» des élections locales prévues dans l'Est séparatiste selon les accords de paix de Minsk 2.

Une nouvelle loi électorale devra être adoptée pour rendre ce scrutin «incontestable», sous observation de l'OSCE, a souligné M. Hollande dans une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Un autre point clé des accords de Minsk- la reprise du contrôle par Kiev de 400 km de frontière avec la Russie, accusée d'envoyer troupes et armes dans le Donbass - va aussi prendre du retard.

«Il faudra encore du temps pour aboutir à la dernière étape (...) l'étape essentielle du point de vue du retour de l'intégrité de l'Ukraine, c'est-à-dire le contrôle total des frontières et le retrait des unités étrangères (...) ça prendra plus de temps qu'il n'était prévu, nous en avons acté le principe et finalement les modalités aujourd'hui», a souligné le chef de l'État français.

En commentant les résultats de ce sommet, l'analyste politique ukrainien indépendant Olexandre Souchko estime qu'il ne s'agit ni d'une victoire, ni d'une défaite, mais d'«un match nul pour l'Ukraine» qui va «inévitablement entraîner des décisions contraires aux intérêts nationaux, mais impossibles à éviter».

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