Une nouvelle police «d'incorruptibles» dans les rues de Kiev

Sélectionnés sur plus de 33 000 candidats, les 2000... (PHOTO VALENTYN OGIRENKO, REUTERS)

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Sélectionnés sur plus de 33 000 candidats, les 2000 policiers ont été entraînés par des policiers américains et ont dû passer des tests sévères pour prouver leur forme physique, contrairement aux policiers ventrus qu'ils vont remplacer et auxquels seuls 2% des Ukrainiens font confiance.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

leksandr SAVOCHENKO
Agence France-Presse
KIEV

À Kiev, 2000 Ukrainiens, jeunes et sportifs, prêtent serment la main sur le coeur: la nouvelle police de la route et urbaine, formée par les États-Unis, se veut incorruptible et «symbole des réformes» que le gouvernement promet depuis le soulèvement de Maïdan.

Uniforme noir, insigne flambant neuf brillant au soleil, les nouveaux policiers, dont 20% de femmes, entonnent l'hymne national sur la place Sainte-Sophie, dans le centre de Kiev, en présence du président Petro Porochenko, du premier ministre Arseni Iatseniouk, du maire de Kiev Vitali Klitschko et de l'ambassadeur américain Geoffrey Pyatt.

«Croyez-moi, votre tâche ne sera pas plus facile que celle des soldats dans le Donbass», où les troupes ukrainiennes pro-occidentales combattent depuis avril 2014 les séparatistes prorusses dans un conflit qui a fait plus de 6500 morts, leur lance M. Porochenko, dont le gouvernement est critiqué pour l'absence quasi-totale des réformes promises après le renversement du régime prorusse corrompu de Viktor Ianoukovitch en février 2014.

Celle de la police, à laquelle seuls 2% des Ukrainiens font entièrement confiance, fait partie des chantiers prioritaires pour convaincre les Ukrainiens de la bonne volonté du pouvoir.

«La principale zone à risque n'est pas celle où sifflent les balles, mais là où bruissent les billets», poursuit-il, faisant allusion aux pratiques de la police de la route connue pour extorquer des pots-de-vin.

Le commandant Olexandre Fatsevitch, 28 ans, qui a combattu dans l'Est a pris la tête de cette nouvelle structure.

«Chacun de vous est devenu le symbole des réformes ukrainiennes», souligne M. Porochenko.

«Meilleurs des meilleurs»

Les nouveaux policiers, qui ont dû passer des tests sévères pour prouver leur forme physique avant d'être recrutés, contrastent avec les policiers ventrus qu'ils vont remplacer.

La trentenaire Valeria Volochtchouk a abandonné sa carrière de juriste et d'hôtesse de l'air pour se reconvertir en policière.

«Je voudrais que l'attitude des gens envers les forces de l'ordre change, il faut qu'on nous fasse confiance. Nous sommes les premiers, c'est difficile, mais nous assumons la responsabilité», explique la jeune femme, chignon blond sous la casquette.

«Les relations entre les gens et la police sont aujourd'hui inacceptables», renchérit Olexandre Okhrimenko, 31 ans, qui lui a abandonné son poste au ministère de la Culture.

«Ici, ce sont les meilleurs des meilleurs. Nous voulons que notre pays change», assure Artem Tovstenko, 24 ans, ex-employé d'une compagnie de transport.

Sélectionnés sur plus de 33 000 candidats, les 2000 policiers ont été entraînés depuis mars par des policiers américains. La secrétaire d'État adjointe Victoria Nuland avait assisté à l'un des entraînements lors de sa visite à Kiev à la mi-mai.

Les États-Unis ont déboursé 15 millions de dollars pour cette réforme et d'autres pays comme le Japon, l'Australie ou le Canada y ont également contribué.

Des unités similaires seront déployées à Odessa (sud), Kharkiv (est) et Lviv (ouest).

Cette réforme est supervisée par la vice-ministre de l'Intérieur Eka Zgouladzé, une Géorgienne naturalisée ukrainienne, convaincue que les policiers sont «la base» du système étatique.

Elle avait été en charge d'une réforme similaire menée avec succès dans la Géorgie du président réformateur pro-occidental Mikheïl Saakachvili, lui-même nommé récemment gouverneur de la région ukrainienne d'Odessa.

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