Le pape exhorte Poutine à faire «un effort» pour la paix

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Le président Poutine a été reçu au Vatican pendant 50 minutes par le pape François, en présence d'interprètes.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Jean-Louis DE LA VAISSIERE, Amélie HERENSTEIN
Agence France-Presse
Cité du Vatican et Milan

Le pape François a exhorté mercredi le président russe Vladimir Poutine à «faire un effort sincère» pour la paix en Ukraine, quelques heures après que le maître du Kremlin eût fustigé les sanctions contre son pays aux côtés de Matteo Renzi.

Lors de cette rencontre au Vatican, la seconde en moins de deux ans entre les deux hommes, «le Saint-père a affirmé qu'il fallait s'engager dans un effort important et sincère pour réaliser la paix (en Ukraine)», a indiqué dans la soirée un communiqué du Vatican.

Jorge Bergoglio a également appelé «toutes les parties» à respecter les accords de Minsk entre rebelles séparatistes prorusses et gouvernement de Kiev, selon ce texte.

Le président Poutine a été reçu mercredi au Vatican pendant 50 minutes par le pape François, en présence d'interprètes.

Le pape est apparu sérieux et peu souriant, même si l'atmosphère semblait s'être un peu réchauffée à l'issue de l'entretien.

En Ukraine, les rebelles sont en majorité des orthodoxes rattachés au patriarcat de Moscou et se battent contre d'autres orthodoxes et contre les grecs-catholiques (uniates) rattachés à Rome.

«La voix des opprimés» 

A la veille de cette rencontre, le primat de l'Eglise gréco-catholique (uniate) d'Ukraine, Mgr Sviatoslav Chevtchuk, a déclaré mardi espérer que le pape François «serait la voix des gens opprimés».

Mais le Vatican est resté très prudent dans cette crise, au grand dam des catholiques uniates qui souhaiteraient une condamnation directe de la politique russe en Ukraine.

Quelques heures auparavant, plus au nord à Milan, le maître du Kremlin avait fustigé les sanctions infligées à son pays, en présence du chef du gouvernement italien Matteo Renzi.

Le président russe se trouvait à Milan à l'occasion de la journée de la Russie à l'Exposition universelle, où il a été accueilli -avec près d'une heure de retard sur l'horaire prévu- par M. Renzi et par une petite foule de fans brandissant des drapeaux aux couleurs de son pays et criant son nom.

Rompre son isolement 

Ces deux entretiens ont représenté pour le chef de l'État russe une bonne occasion de rompre son isolement diplomatique, qui s'est encore accru depuis son exclusion du G7-G8. Pari presque gagné à Milan où son hôte italien a salué le rôle important de la Russie, «grande puissance qui l'a été, l'est et le sera», dans le monde.

Ce qui ne m'a pas empêché M. Renzi de rappeler combien était indispensable l'application des accords de Minsk. L'Italie, l'un des pays européens les mieux disposés à l'égard de la Russie, a été cette semaine l'un des pays signataires du sévère communiqué publié lundi à l'issue d'une réunion des dirigeants du G7 en Bavière.

Les sept chefs d'État ou de gouvernement y ont unanimement lié la durée des sanctions contre la Russie à «la mise en oeuvre intégrale des accords de Minsk» de février sur un cessez-le-feu en Ukraine et au «respect de la souveraineté» de Kiev, mençant même de les durcir faute de résultats.

Le respect de ces accords, censés dénouer la crise ukrainienne, est «l'étoile polaire, la boussole, le point de référence», a dit M. Renzi. Son règlement permettrait «d'évacuer de la table ce qui est aujourd'hui le seul élément de divergence. Si on se réfère a tous les autres dossiers, il peut bien sûr y avoir des évaluations, des sensibilités différentes, des intérêts nationaux différents mais il y a une profonde convergence», a-t-il dit.

M. Poutine a convenu de l'importance de parvenir à un règlement «pacifique» de la crise ukrainienne, mais a touché une corde sensible en Italie en faisant remarquer, devant une salle où siégeaient plusieurs grands patrons italiens, que les sanctions nuisent aussi aux pays qui les énoncent.

Un milliard de perdu  

C'est particulièrement vrai pour l'Italie, pays avec lequel la Russie entretenait jusqu'ici d'étroites relations économiques, a-t-il souligné.

«L'annulation de plusieurs projets (militaires) conjoints veut dire que les entreprises italiennes ont perdu un milliard d'euros. Elles auraient pu créer de l'activité, des emplois. Cela ne s'est pas produit à cause des sanctions», a-t-il souligné.

Le chef de l'État russe a quitté l'Italie en début de soirée après un entretien avec le président italien Sergio Mattarella. A l'aéroport romain de Fiumicino, il a brièvement retrouvé son «grand ami» Silvio Berlusconi, l'ancien chef du gouvernemnet italien, avec qui il avait prolongé la soirée à Milan jusqu'à 03H00 du matin, lors de leur dernière rencontre en novembre, en marge du sommet de l'Asem entre l'Europe et l'Asie.

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