La Crimée célèbre le 1er anniversaire de son annexion par la Russie

Un grand rassemblement a eu lieu à Simferopol... (PHOTO MAXIM SHEMETOV, REUTERS)

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Un grand rassemblement a eu lieu à Simferopol pour marquer le premier anniversaire de l'annexion de la Crimée à la Russie, le 16 mars.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Oleg LEOUS
Agence France-Presse
SÉBASTOPOL

Entre concerts et feux d'artifice, la Crimée a commencé lundi à célébrer le 1er anniversaire de son «retour» dans le giron russe, un an jour pour jour après le référendum controversé qui a justifié son annexion par la Russie.

Le 16 mars 2014, sous le regard de soldats de forces spéciales non identifiés et dépourvus d'insignes qui avaient deux semaines plus tôt investi le Parlement de Crimée et nombre de sites stratégiques de la péninsule ukrainienne, les habitants de cette région à majorité russophone s'étaient rendus aux urnes pour approuver leur réintégration à la Fédération de Russie.

Donnant le coup d'envoi aux festivités prévues toute la semaine, au moins 2000 personnes se sont rassemblées pour un concert de quatre heures à Sébastopol, la plus grande et traditionnellement la plus prorusse des villes de Crimée du fait de la présence dans ce port de la flotte russe de la mer Noire.

«Vous, les habitants de Crimée, avez dit que vous vouliez rentrer à la maison et le président [russe) a pris sa décision», s'est félicité le gouverneur de la ville, Sergueï Meniaïlo. «Et nous sommes rentrés à la maison sans bain de sang», a-t-il poursuivi, devant une foule conquise mais loin de montrer les marques de liesse observées il y a un an.

«Nous étions et nous sommes heureux d'avoir rejoint la Russie», a dit à l'AFP Ivan Grigorevitch, un ingénieur de 65 ans qui reproche cependant aux nouvelles autorités de «voler énormément». «Ils disaient qu'en Russie, les soins étaient gratuits mais il faut payer pour tout», regrette-t-il.

«Nous croyons en Vladimir Poutine mais il n'y a rien à attendre des autorités locales», renchérit Tatiana Tsarevna, 60 ans.

Violations des droits de l'homme 

Le référendum, approuvé par 97 % des votants selon les autorités de Crimée mais dénoncé comme illégal par Kiev et les Occidentaux, ouvrait une année de confrontation diplomatique sans précédent depuis la Guerre froide. Il alimentait les aspirations séparatistes dans l'est de l'Ukraine, où un conflit armé a fait depuis plus de 6000 morts.

Deux jours après, défiant les sanctions introduites par les Occidentaux, le président russe signait un décret sur l'intégration de la Crimée à la Russie.

L'Union européenne, par la voix de la chef de sa diplomatie Federica Mogherini, a réaffirmé lundi sa condamnation de «l'annexion illégale» de la péninsule et s'est dite inquiète de sa «militarisation croissante».

Un an plus tard, des organisations internationales dénoncent des violations des droits de l'Homme en Crimée et l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) s'inquiète de la «répression» des médias indépendants.

La péninsule, qui dépend de l'Ukraine pour l'eau et l'électricité, ne possède par ailleurs aucune liaison terrestre avec la Russie et souffre de difficultés d'approvisionnement ainsi que d'une inflation galopante.

Le «premier ministre» de la Crimée, Sergueï Axionov, a plaidé que la péninsule aurait connu le même destin que l'est de l'Ukraine si elle n'avait pas été rattachée à la Russie. «La guerre et le sang avec l'Ukraine, la paix et la stabilité avec la Russie», a-t-il résumé lundi.

Dispositif nucléaire 

Les autorités russes, qui avaient dans un premier temps rejeté les accusations de Kiev et de l'Occident sur leur rôle dans son organisation, tout comme ils le font pour le conflit dans l'Est, sont devenues bien plus loquaces quant à la Crimée.

Le président Vladimir Poutine, qui avait déjà reconnu que le commando qui avait pris le contrôle du parlement de la Crimée le 27 février 2014 était composé de soldats russes, a raconté dans un documentaire diffusé dimanche soir que Moscou avait à cette époque notamment positionné dans la péninsule de puissantes batteries de missiles de défense côtière.

«Nous devions renforcer notre présence militaire en Crimée pour que le nombre de nos soldats permette de créer les conditions propices à l'organisation d'un référendum», a-t-il souligné.

«Nous étions prêts» à mettre en état d'alerte le dispositif nucléaire face à une éventuelle intervention militaire occidentale, a-t-il ajouté.

L'annexion de la Crimée a été applaudie en Russie où beaucoup voyaient comme une «erreur» son rattachement administratif à l'Ukraine par le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev en 1954, et a permis à M. Poutine de surfer depuis sur des taux de popularité proches de 90 % selon de récents sondages.

Pourtant, des voix s'élèvent aussi en Russie pour se demander si le prix à payer n'était pas trop élevé. «La Crimée est à nous bien sûr. Mais combien de temps faudra-t-il payer et combien de zéros y aura-t-il au final sur la note, même Poutine n'en sait rien», s'interrogeait lundi un éditorialiste du quotidien populaire Moskovski Komsolets.

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