Le président ukrainien dénonce l'accord de Minsk, qui ne «fonctionne pas»

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Le président ukrainien, Petro Porochenko

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Laetitia PERON
Agence France-Presse
Kiev

Le président ukrainien Petro Porochenko a affirmé que les accords de paix de Minsk «ne fonctionnent pas» dans l'est séparatiste du pays, où un combattant ukrainien a été tué dimanche et où des violations quotidiennes du cessez-le-feu sont enregistrées.

«Chaque jour, il y a des tirs de la partie russe, souvent plus de 60 par jour, au total le cessez-le-feu a été bafoué 1100 fois», a affirmé le président Petro Porochenko dans une interview au quotidien allemand Bild.

Kiev et les Occidentaux accusent Moscou d'armer les rebelles prorusses et d'avoir déployé des troupes régulières dans l'est de l'Ukraine, ce que la Russie a toujours démenti.

«La vérité, c'est que l'accord (de Minsk) ne fonctionne pas», a encore ajouté le président. «Minsk est pour nous un espoir, pas la réalité», a-t-il dit.

Vendredi pourtant, M. Porochenko avait estimé que le conflit dans l'est, qui a fait plus de 6000 morts en onze mois, était en voie de «désescalade».

Un nouveau cessez-le-feu est officiellement entré en vigueur le 15 février, après la signature des accords dits de Minsk 2, le 12 février, qui prévoient aussi un retrait des armes lourdes le long de la ligne de front.

Depuis plusieurs semaines, une certaine accalmie est observée dans l'Est, mais des accrochages sporadiques ont cependant lieu quotidiennement.

Dimanche encore, un combattant du bataillon ukrainien Dnipro-1, qui combat aux côtés des troupes ukrainiennes, a été tué près de Piski, un village proche des ruines de l'aéroport de Donetsk, aux mains des rebelles depuis janvier.

L'armée ukrainienne ne cesse de dénoncer une concentration de troupes ennemies le long de la ligne de front.

«L'opposant continue de mener de nombreuses activités de renseignement dans le but de collecter des informations sur les positions militaires ukrainiennes. Au cours des dernières 24 heures, nous avons enregistré le survol de 13 drones ennemis», a déclaré dimanche le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko.

Signe que les tensions persistent, les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont également annoncé dimanche l'arrestation d'un journaliste, qui travaillait pour une chaîne d'information des rebelles dans l'Est.

Le caméraman de la chaîne de télévision Novorossia TV était rentré dans sa région natale de Khmelnitski, dans l'ouest de l'Ukraine, pour des «vacances» lorsqu'il a été interpellé pour «participation à une organisation terroriste» et «aide aux activités d'une organisation terroriste» (terme employé par les autorités de Kiev pour qualifier les combattants des républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk).

Anniversaire de l'annexion de la Crimée

Arrivé en Allemagne dimanche, le président ukrainien s'est rendu dans un hôpital de Dresde, où sont hospitalisés des soldats ukrainiens blessés. Il doit rencontrer lundi à Berlin la chancelière allemande Angela Merkel.

Cette visite intervient alors que la péninsule ukrainienne de Crimée va fêter en grande pompe le premier anniversaire de son intégration à la Russie.

Le 16 mars 2014, les habitants de cette péninsule à majorité russophone ont voté à 97% leur rattachement à la Russie lors d'un référendum organisé sous le contrôle de forces russes et dénoncé comme «illégal» par l'Occident.

Le 18 mars 2014, la Crimée, offerte à l'Ukraine par le numéro un soviétique Nikita Khrouchtchev en 1954 lorsque la Russie et l'Ukraine faisaient toutes deux partie de l'Union soviétique, redevenait officiellement russe, au grand dam de Kiev, qui dénonçait une «annexion».

S'exprimant sur ces évènements dans une émission de télévision dimanche, Vladimir Poutine, qui avait lors des faits nié toute implication des forces russes avant de se rétracter, a estimé que l'envoi de soldats russes en Crimée avait permis d'éviter une «effusion de sang».

«Nous devions renforcer notre présence militaire en Crimée pour que le nombre de nos soldats permette de créer les conditions propices à l'organisation d'un référendum, un référendum sans effusion de sang», a jugé M. Poutine.

Pour cette annexion mais aussi en raison du soutien militaire que la Russie est accusée d'apporter aux séparatistes dans l'Est, le président russe est honni dans l'ouest de l'Ukraine.

Dimanche, des militants ont installé une pierre tombale le représentant en Adolf Hitler devant l'ambassade de Russie à Kiev.

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