Obama met en garde Poutine

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Sur le terrain, les violences se sont propagées à un endroit très symbolique: Kramatorsk, ville de 200 000 habitants reprise par l'armée ukrainienne aux rebelles en juillet où une attaque au lance-roquettes multiples Smertch a visé mardi l'état-major, provoquant la mort d'au moins quinze civils et militaires.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Valéri KALINOVSKI, Oleksandr STACHEVSKIY, Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
Kiev, Minsk, Kramatorsk

Les séparatistes prorusses ont présenté mardi leurs propositions de règlement aux négociateurs réunis à Minsk à la veille d'un sommet crucial pour la paix en Ukraine, tandis que Barack Obama a mis en demeure Vladimir Poutine de trouver une solution pacifique au conflit dans l'est de ce pays.

Des bombardements meurtriers sur Kramatorsk, bastion des forces de Kiev dans l'est de l'Ukraine où les violences ont fait 37 morts en 24 heures, avaient précédé cette réunion dans la capitale bélarusse, qui s'est achevée après deux heures de discussions.

«Nous avons soumis aux participants du Groupe de contact un projet de protocole qui prévoit une série de mesures en vue d'un règlement politique et militaire», a déclaré à Minsk l'émissaire de la république autoproclamée de Donetsk Denis Pouchiline, cité sur le site internet séparatiste officiel.

Le Groupe de contact, composé de représentants de Kiev, de Moscou et de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), «a promis de donner une réponse», a-t-il ajouté, soulignant qu'«il est trop tôt pour parler d'un cessez-le-feu».

À l'issue des pourparlers, l'ex-président ukrainien Léonid Koutchma, l'ambassadeur de Russie à Kiev Mikhaïl Zourabov, la représentante de l'OSCE Heidi Tagliavini et les émissaires des deux républiques séparatistes d'Ukraine orientale, Denis Pouchiline et Vladislav Deïnego («République» de Lougansk), ont quitté une résidence officielle de la capitale bélarusse, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ces négociateurs étaient chargés d'affiner les positions des uns et des autres en vue du sommet de la dernière chance de mercredi, également à Minsk, entre les présidents russe Vladimir Poutine, ukrainien Petro Porochenko, français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel pour tenter de mettre fin à un conflit, qui a fait plus de 5300 morts en dix mois.

Obama met en garde Poutine 

De son côté, exprimant son inquiétude sur «le soutien continu de la Russie aux séparatistes», le président américain Barack Obama a prévenu au téléphone le président russe Vladimir Poutine que l'échec de ces négociations de paix organisées à l'initiative de la France et de l'Allemagne aurait des conséquences pour Moscou.

M. Obama a «souligné l'importance pour le président Poutine de saisir l'occasion» de ces pourparlers «pour tenter de trouver une solution pacifique au conflit», avertissant que «si la Russie continue ses actions agressives en Ukraine, en envoyant notamment des soldats, des armes et en finançant les rebelles, le prix à payer pour la Russie augmentera», selon un communiqué de la Maison-Blanche.

Au cours d'un autre entretien téléphonique, MM. Obama et Porochenko ont dit espérer des «progrès» mercredi.

François Hollande a affirmé aller à Minsk avec Angela Merkel avec «la ferme volonté d'aboutir» à un accord en vue de rétablir la paix en Ukraine,  tandis que le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier s'est entretenu au téléphone avec ses homologues russe et ukrainien «pour plaider en faveur d'un compromis sur les questions difficiles».

S'il n'a pas été rendu public, le plan franco-allemand vise à faire appliquer les accords de paix conclus en septembre dans la capitale bélarusse, mais plusieurs points restent en suspens.

L'Ukraine insiste notamment sur le respect de la ligne de front telle qu'elle existait en septembre, alors que les séparatistes occupent 500 km2 supplémentaires depuis.

Concernant le «statut des territoires» conquis par les rebelles, Moscou insiste sur une «fédéralisation», quand l'Ukraine ne parle que de «décentralisation».

Autre pomme de discorde : la question de la surveillance de la frontière ukraino-russe dans les territoires aux mains des rebelles. Kiev propose de la contrôler en commun avec l'OSCE, mais Moscou, estimant que cette question n'est pas de son ressort, exige du gouvernement ukrainien qu'il se mette d'accord avec les rebelles, d'après une source gouvernementale ukrainienne.

Cible symbolique 

Sur le terrain, les violences se sont propagées à un endroit très symbolique: Kramatorsk, ville de 200 000 habitants reprise par l'armée ukrainienne aux rebelles en juillet où une attaque au lance-roquettes multiples Smertch a visé mardi l'état-major, provoquant la mort d'au moins quinze civils et militaires.

Les roquettes parsemaient le centre-ville et de nombreux habitants interrogés par l'AFP accusaient le président russe d'être responsable de cette attaque.

«Avec les compliments de Poutine! Qui d'autre aurait pu faire ça?», lançait un passant en observant devant lui une roquette n'ayant pas explosé, dont le nez était enfoncé dans le sol gelé.

L'armée ukrainienne et les rebelles prorusses semblaient chercher à s'emparer du plus de terrain possible pour arriver en position de force à la table des négociations.

Au sud de la ligne de front, les troupes ukrainiennes ont annoncé avoir déclenché une contre-offensive et repris le contrôle de trois villages à l'est du port de Marioupol, une des dernières grandes villes de la région sous contrôle ukrainien.

A Dokoutchaivsk, à 35 kilomètres au sud de Donetsk, un journaliste a entendu mardi des tirs d'artillerie et constaté que des combats intenses s'y étaient déroulés.

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