Washington n'exclut pas d'armer l'Ukraine

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Les Occidentaux accusent la Russie d'armer les séparatistes prorusses dans l'Est de l'Ukraine et d'y envoyer hommes et matériels, ce que Moscou nie.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Nicolas REVISE, Jan DORNER, Ania TSOUKANOVA
Agence France-Presse
Washington et Kiev

Le président américain Barack Obama a laissé lundi la porte ouverte à des livraisons d'armes à l'Ukraine pour se défendre contre des séparatistes prorusses, à deux jours d'un sommet crucial pour la paix en Europe sous l'égide de Berlin et de Paris.

Avant cette réunion diplomatique de «la dernière chance» prévue mercredi à Minsk entre les présidents russe Vladimir Poutine, ukrainien Petro Porochenko, français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, cette dernière était lundi à Washington pour présenter à M. Obama ce plan de paix européen.

Simultanément, l'Union européenne a reporté la mise en oeuvre de nouvelles sanctions contre la Russie pour laisser une chance au sommet de Minsk. Avec l'espoir de mettre fin au conflit dans l'Est de Ukraine qui a fait plus de 5000 morts en dix mois.

Pour aider les forces ukrainiennes, la livraison «d'armes défensives est l'une des options envisagées. Mais je n'ai pas encore pris de décision», a indiqué le président Obama lors d'une conférence de presse avec Mme Merkel, après une semaine de débats à Washington sur l'opportunité de fournir des «armes défensives létales» à Kiev.

«Notre objectif n'est pas d'équiper l'Ukraine pour qu'elle poursuive des opérations offensives mais simplement qu'elle puisse se défendre», a fait valoir Barack Obama, dont le gouvernement semble enclin à doper son assistance militaire à Kiev.

Au contraire, Berlin et Paris y sont hostiles.

Mme Merkel n'a d'ailleurs pas caché son inquiétude face au péril qui menace la paix sur le Vieux continent, l'année du 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale.

«Pour quelqu'un qui vient d'Europe, je peux simplement dire que si nous renonçons au principe de l'intégrité territoriale, nous ne serons pas en mesure de maintenir l'ordre de la paix en Europe», a mis en garde la dirigeante allemande.

«Règlement diplomatique»

Mme Merkel est très impliquée aux côtés de M. Hollande pour trouver une solution diplomatique entre l'Ukraine et la Russie: le couple franco-allemand, ressoudé, est allé ces derniers jours à Kiev et à Moscou pour exposer son initiative de paix aux présidents Porochenko et Poutine.

Et même si Américains et Européens paraissent diverger sur l'attitude à adopter face à la Russie, le président Obama a assuré qu'il «continuait d'encourager un règlement diplomatique» du conflit. «Nous ne cherchons pas l'échec de la Russie (...) ni à ce qu'elle soit affaiblie», a-t-il martelé, les relations entre Washington et Moscou étant au plus bas depuis la fin de la Guerre froide.

Angela Merkel et Barack Obama, à la Maison-Blanche,... (PHOTO PABLO MARTINEZ MONSIVAIS, AP) - image 2.0

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Angela Merkel et Barack Obama, à la Maison-Blanche, le 9 février.

PHOTO PABLO MARTINEZ MONSIVAIS, AP

Les Occidentaux accusent la Russie d'armer les séparatistes prorusses dans l'Est ukrainien et d'y envoyer hommes et matériels, ce que Moscou nie. Barack Obama a même tempêté contre le Kremlin lundi, soupçonné de vouloir «redessiner les frontières de l'Europe par la force des armes».

Un des points cruciaux du plan de paix européen est le contrôle de la frontière ukraino-russe dans les territoires aux mains des rebelles.

«Le contrôle de la frontière devrait être réalisé par l'OSCE. C'était notre proposition et celle de l'OSCE, mais les Russes la bloquent», a déclaré à l'AFP un responsable de la diplomatie ukrainienne, Olexi Makeev.

Le plan, qu'on ne connaît pas dans sa totalité, vise à appliquer les accords de paix conclus en septembre à Minsk et prévoit une plus large autonomie des régions rebelles. Il retiendrait la ligne de front actuelle et prévoirait une zone démilitarisée de 50 à 70 kilomètres de large le long de celle-ci.

Mais Kiev a maintes fois jugé inacceptable de retenir l'actuelle ligne de front. Les séparatistes occupent en effet 500 km2 supplémentaires par rapport à septembre.

Une autre question litigieuse concerne le «statut des territoires» conquis par les séparatistes, Moscou insistant sur la constitution d'une fédération, idée évoquée aussi dans des capitales européennes. L'Ukraine n'y voit qu'une tentative du Kremlin de s'assurer un droit de veto sur les décisions de Kiev et n'accepte qu'une éventuelle autonomie plus large de ces régions.

La tenue du sommet de Minsk est d'ailleurs encore incertaine, a prévenu le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier.

Dans l'attente, l'UE a certes confirmé lundi le principe de nouvelles sanctions décidées après le bombardement en janvier par les rebelles prorusses de la ville ukrainienne de Marioupol (31 morts), mais elle a repoussé au 16 février leur entrée en vigueur «pour laisser de la marge aux efforts diplomatiques».

Mais aux États-Unis, les républicains ne décolèrent contre le président démocrate: «Le président Obama et la chancelière Merkel offrent la même stratégie diplomatique vouée à l'échec», a tonné le sénateur John McCain, partisan d'armer Kiev.

Un expert du centre de recherches CSIS à Washington, Andrew Kuchins, s'est d'ailleurs dit «sceptique sur la conclusion d'un accord» entre Kiev et Moscou sous auspices franco-allemands.

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