Kerry à Kiev, les États-Unis appelés à livrer des armes

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Mardi, le président ukrainien Petro Porochenko avait affirmé n'avoir «aucun doute» quant à une livraison d'armes américaines.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Simon VALMARY, Thibault MARCHAND
Agence France-Presse
Washington et Kiev

Le secrétaire d'État américain John Kerry se rend jeudi à Kiev alors que l'Ukraine réclame des armes pour combattre les séparatistes prorusses dans l'Est, où des bombardements ont frappé un hôpital.

Le secrétaire d'État américain John Kerry se rend jeudi à Kiev alors que l'Ukraine réclame des armes pour combattre les séparatistes prorusses dans l'Est, où des bombardements ont frappé un hôpital.

Le chef de la diplomatie américaine doit s'entretenir avec le président ukrainien Petro Porochenko et le premier ministre Arseni Iatseniouk.

Sa visite intervient au moment où les autorités pro-occidentales espèrent une décision de l'administration américaine sur la livraison à ses troupes d'armes pour combattre la rébellion prorusse dans l'est de l'Ukraine.

M. Porochenko a encore appelé mercredi les pays membres de l'OTAN à livrer des armes à son pays pour lui permettre de se «défendre face à l'agresseur».

Washington affirme depuis lundi ne pas avoir tranché sur la question, mais le futur chef du Pentagone Ashton Carter a mis les pieds dans le plat lors de son audition de confirmation au Sénat en laissant entendre que les États-Unis devraient fournir des armes à Kiev pour contrer les séparatistes.

La Maison-Blanche a modérément apprécié sa prise de position.

«M. Carter a mentionné lors de cette audition qu'il était un fervent partisan de la chaîne de commandement, et il comprend certainement que le commandant en chef est au sommet de cette chaîne de commandement, et qu'une décision comme celle-ci sera prise par le commandant en chef», en l'occurrence le président des États-Unis, a taclé le porte-parole du président Obama, Josh Earnest.

Pour autant, M. Obama «prendra certainement en compte ce conseil», a ajouté le porte-parole.

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Le futur chef du Pentagone, Ashton Carter.

Photo: AP

De son côté, le vice-président américain Joe Biden juge jeudi dans un entretien avec un journal allemand qu'il n'y a pas de «solution militaire» à la crise en Ukraine.

«Nous n'avons aucun intérêt à une escalade militaire et insistons pour que ce soit le contraire», ajoute-t-il, précisant que les États-Unis pourraient se limiter à fournir «une aide dans le domaine de la sécurité».

En mauvaise posture dans l'Est où les rebelles gagnent du terrain, les autorités de Kiev espèrent une annonce au cours de la visite de M. Kerry, qui a quitté Washington mercredi soir.

Mardi, le président ukrainien Petro Porochenko avait affirmé n'avoir «aucun doute» quant à une livraison d'armes américaines.

Au moins 12 morts civils

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a de son côté déclaré mercredi que la France n'avait «pas l'intention de fournir aujourd'hui des armes létales» à Kiev.

L'Ukraine et les Occidentaux accusent la Russie d'armer la rébellion prorusse dans l'Est et d'y avoir déployé des troupes. Moscou nie.

Sur le terrain, la journée a été marquée par de nouvelles violences qui ont fait au moins 12 morts dont huit civils.

Dans l'ouest de Donetsk, les victimes ont été fauchées par les tirs de mortier qui ont touché l'hôpital N°27, selon des habitants du quartier. Le parquet ukrainien a attribué la responsabilité de ces «actes terroristes» aux rebelles.

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Dans l'ouest de Donetsk, les victimes ont été fauchées par les tirs de mortier qui ont touché l'hôpital N° 27, selon des habitants du quartier. Le parquet ukrainien a attribué la responsabilité de ces «actes terroristes» aux rebelles.

PHOTO ANDREY BORODULIN, AFP

Dans la soirée, des bombardements, visiblement au lance-roquettes multiples Grad, ont frappé le district de Solnetchny, dans le sud-ouest de la ville, a constaté un journaliste de l'AFP.

«C'est d'abord tombé a un kilomètre. Puis ça a touché l'usine de frigos à côté, puis ça a frappé l'immeuble, au 14e étage», a raconté un habitant.

Parallèlement, les séparatistes poursuivent leur offensive à Debaltseve, une ville stratégique située à 50 km au nord-est de Donetsk, toujours sous contrôle de l'armée ukrainienne, mais menacée d'encerclement.

«Les bombardements sont incessants. Nous tentons d'apporter des médicaments et d'évacuer les civils, mais cela se fait sous le feu de l'ennemi», a déclaré à l'AFP Ilia Kiva, responsable du ministère ukrainien de l'Intérieur dans la région de Donetsk.

Federica Mogherini, la chef de la diplomatie de l'UE, a appelé mercredi à une trêve immédiate.

«Les civils doivent pouvoir quitter la zone de conflit en toute sécurité», a-t-elle souligné.

La population de Debaltseve est passée de 25 000 à 7000 personnes en quelques jours, a affirmé Amnesty International.

S'exprimant mercredi soir sur le sort de Debaltseve, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a également appelé à une trêve pour permettre l'évacuation des civils.

Des duels d'artillerie opposent aussi l'armée ukrainienne aux rebelles le long de la ligne de front, faisant plusieurs dizaines de victimes civiles chaque jour. Au total, le conflit a fait plus de 5300 morts en dix mois, d'après l'ONU.

Le pape François a dénoncé le «scandale» d'une «guerre entre chrétiens», demandant que «l'horrible violence fratricide» cesse.

La semaine s'annonce cruciale pour Kiev : tout de suite après la visite dans la capitale ukrainienne de John Kerry, celui-ci se rendra en compagnie du président Porochenko à Munich pour une Conférence internationale sur la sécurité.

Les deux hommes y retrouveront la chancelière allemande Angela Merkel et M. Biden, selon le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine.

Mme Merkel partira ensuite pour Washington afin de «définir une ligne politique claire avec Barack Obama» face à la Russie avant une rencontre des chefs d'État européens prévue à Bruxelles pour le 12 février.

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