L'armée ukrainienne est une «Légion étrangère de l'OTAN», accuse Poutine

Vladimir Poutine accuse l'OTAN de se servir de... (PHOTO MIKHAIL KLIMENTYEV, REUTERS/RIA NOVOSTI)

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Vladimir Poutine accuse l'OTAN de se servir de l'armée ukrainienne comme d'une «Légion étrangère» pour «contenir» la Russie.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Karim TALBI, Laetitia PERON
Agence France-Presse
MOSCOU et MARIOUPOL

Vladimir Poutine a accusé lundi l'OTAN de se servir de l'armée ukrainienne comme d'une «Légion étrangère» pour «contenir» la Russie, «un non-sens», selon l'Alliance qui a tenu une réunion extraordinaire consacrée à l'escalade des violences en Ukraine.

De son côté, l'ONU, par la voix d'un haut responsable, a affirmé que l'attaque à la roquette des séparatistes pro-russes sur la ville ukrainienne de Marioupol, qui a fait 30 morts ce week-end, ciblait «sciemment» des civils, ajoutant que ses responsables devaient être traduits en justice.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en session d'urgence lundi après l'attaque de la cité industrielle d'un demi-million d'habitants, dernière grande ville de l'Est ukrainien sous contrôle de Kiev et dont la conquête par les pro-russes créerait un pont terrestre entre la Russie et la Crimée.

Face aux attaques conduites désormais sur toute la ligne de front par les rebelles prorusses, qui ont fait 12 morts dont cinq civils en 24 heures, et en prévision d'une offensive annoncée par les séparatistes, les autorités ukrainiennes ont par ailleurs commencé à évacuer les enfants de plusieurs points chauds de l'Est.



Sous pression croissante des Occidentaux, le président russe s'est livré à une diatribe contre les forces ukrainiennes engagées dans l'Est, composées selon lui «en grande partie des soi-disant bataillons de volontaires nationalistes».

«De fait, il ne s'agit pas d'une armée mais d'une Légion étrangère, dans le cas présent une Légion étrangère de l'OTAN», a ajouté M. Poutine. Son but ? «contenir la Russie» et non servir les intérêts du peuple ukrainien, a-t-il asséné.

À l'issue de la réunion extraordinaire de la commission Otan-Ukraine, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a immédiatement répondu au chef de l'État russe.

«La déclaration selon laquelle il y a une légion étrangère en Ukraine est un non-sens. Il n'y a pas de légion de l'OTAN, les forces étrangères en Ukraine sont russes», a-t-il dit.

Il a également accusé la Russie d'avoir fourni ces dernières semaines aux séparatistes prorusses «des centaines de pièces d'équipement avancé, dont des systèmes de roquettes, de l'artillerie lourde, des tanks, des véhicules blindés et des systèmes électroniques militaires».

Crainte d'un assaut des rebelles

Après le drame de Marioupol samedi où 30 personnes ont été tuées par des roquettes tirées, selon l'OSCE, depuis des zones contrôlées par les séparatistes, la situation est restée calme lundi dans ce port industriel d'un demi-million d'habitants, selon des journalistes de l'AFP sur place. Mais les blessés dans les bombardements ne cachaient pas leur peur.

«C'est un cauchemar. Si la guerre vient ici, je ne sais pas ce qu'on va faire», a raconté Tatiana Gavriltchichina, 54 ans, blessée à l'épaule par des éclats.

«On disait «Dans une semaine, il va y avoir un assaut», et puis rien. (...) Et là des obus sont tombés. C'était comme dans un film», a résumé Assif Alekberov, 30 ans, vendeur sur le marché.

Les bombardements au lance-roquettes multiples Grad contre un quartier habité de Marioupol ont marqué un tournant psychologique dans le conflit de neuf mois qui a fait plus de 5.000 morts. Les rebelles ont annoncé dans la foulée une offensive qui ne s'est pas pour l'instant vérifiée sur le terrain.

Jusqu'ici, cette dernière grande ville de l'Est sous contrôle de Kiev était épargnée même si des combats sporadiques éclataient aux environs.

Après le drame de Marioupol, les États-Unis et les Européens ont brandi la menace de nouvelles sanctions contre la Russie.

De son côté, le président François Hollande, «très inquiet» de la dégradation de la situation en Ukraine, s'est entretenu successivement lundi soir au téléphone avec M. Poutine et la chancelière Angela Merkel, a indiqué l'Élysée à l'AFP.

Combats autour de Debaltseve

Sur le terrain, sept soldats ukrainiens ont péri en 24 heures ainsi que cinq civils.

Le chef de la police de la région de Donetsk, Viatcheslav Abroskine, a averti les rebelles que la police procéderait à l'évacuation des enfants des localités de Mariïnka et Krasnogorivka (20 km à l'ouest de Donetsk), où les tirs de roquettes Grad se sont intensifiés depuis plusieurs jours, vers la région voisine de Dnipropetrovsk.

Le gouverneur, loyal à Kiev, de la région de Lougansk, Guennadi Moskal, a pour sa part annoncé préparer l'évacuation d'une centaine d'enfants du village de Troïtske du district de Popasna (60 km à l'ouest de Lougansk).

La situation restait également tendue autour de Debaltseve, ville stratégique de la région de Donetsk où les rebelles disent «mener une opération pour repousser les forces ukrainiennes».

Un porte-parole ukrainien, Léonid Matioukhine, a confirmé à l'AFP que «les combats étaient en cours» et que les rebelles attaquaient les positions ukrainiennes avec des chars et à l'artillerie.

«Les Grad pleuvent depuis quelques jours et les autorités font comme si de rien n'était», a raconté à l'AFP au téléphone Svetlana, 30 ans, habitante d'un village proche de Debaltseve.

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