Les combats meurtriers reprennent en Ukraine

Un homme marche devant un maison endommagée par... (PHOTO VASILY MAXIMOV, AFP)

Agrandir

Un homme marche devant un maison endommagée par les tirs, le 17 décembre à Donetsk.

PHOTO VASILY MAXIMOV, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Ukraine
Ukraine

Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Olga NEDBAEVA, Oleksandr SAVOCHENKO
Agence France-Presse
Kiev, Ukraine

Les efforts de paix s'enlisent en Ukraine où cinq soldats ont été tués en 24 heures dans l'Est séparatiste prorusse, malgré l'appel du chef de la diplomatie allemande à reprendre dès dimanche les pourparlers à Minsk.

Les représentants de Kiev et des rebelles n'étaient pas parvenus vendredi soir à fixer une date pour la réunion de Minsk destinée à relancer le processus de paix et ainsi mettre fin à un conflit qui a fait plus de 4700 morts, à l'issue d'une vidéoconférence.

En visite à Kiev, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, dont le pays est le principal médiateur européen dans la crise ukrainienne, avait estimé quelques heures plus tôt que tout devait être fait pour qu'ait lieu la rencontre entre les rebelles et le Groupe de contact composé de représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE.

«Je voudrais qu'une rencontre physique ait lieu entre les protagonistes, probablement dimanche», avait-il déclaré à l'issue d'une rencontre avec le président Petro Porochenko.

«Nous devons faire des efforts dans ce sens et il y a de bonnes prémisses pour cela,» avait-il poursuivi.

Après avoir parlé au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel, les présidents français François Hollande et russe Vladimir Poutine, M. Porochenko avaient aussi avancé cette semaine la date de dimanche.

Tous les acteurs placent leurs espoirs dans le format de Minsk pour trouver une solution au conflit qui a provoqué la pire dégradation des relations entre Moscou et les Occidentaux depuis la fin de la Guerre froide.

Mais les responsables des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, auxquelles Kiev a coupé tout financement en novembre, ont annoncé vendredi en fin de journée qu'aucune date de la reprise de pourparlers n'avait été fixée.

«La date de la rencontre de Minsk n'a pas encore été fixée», a déclaré à l'AFP Vladislav Deïnego, représentant de la république de Lougansk.

«Il fait encore trouver des compromis», a pour sa part souligné Denis Pouchiline, représentant de la république de Donetsk cité par l'agence Interfax.

La rencontre de Minsk, où avaient déjà été signés les accords de paix le 5 septembre, était initialement prévue le 9 décembre, le jour de l'instauration du nouveau cessez-le-feu.

Les protagonistes jugent que la trêve est globalement respectée, malgré quinze tués à ce jour du côté ukrainien.

Renforts russes dans l'Est

Assombrissant encore les perspectives diplomatiques, le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a annoncé que cinq soldats avaient été tués et sept blessés en 24 heures, ce qui constitue le pire bilan journalier pour l'armée depuis la trêve.

Il a par ailleurs accusé les rebelles de redéployer armes et troupes, et la Russie de leur envoyer de nouveaux renforts.

Accusé par les autorités ukrainiennes et les Occidentaux d'armer les séparatistes dans l'Est et d'y avoir déployé des troupes - jusqu'à 10 000 selon Kiev -, Moscou dément catégoriquement.

Interrogé jeudi sur le nombre de militaires russes en Ukraine, Vladimir Poutine s'est contenté d'évoquer ceux qui «suivant l'appel de leur conscience, accomplissent leur devoir ou qui en tant que volontaires combattent dans l'est de l'Ukraine».

Déjà frappée par de lourdes sanctions économiques occidentales qui ont participé à aggraver une crise monétaire, la Russie risque de nouvelles mesures américaines contre ses entreprises énergétiques et militaires.

Barack Obama a en effet annoncé jeudi la promulgation d'une loi qui lui donne la possibilité d'introduire de nouvelles sanctions contre la Russie et qui, selon le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, peuvent «saper pour longtemps» les relations entre les deux pays.

Cette loi autorise également les États-Unis à fournir à l'Ukraine des armes létales, une éventualité à laquelle Barack Obama s'est jusqu'ici opposé.

M. Obama, qui n'envisage pas de nouvelles sanctions à l'encontre de Moscou dans l'immédiat, a indiqué à plusieurs reprises qu'il jugeait contre-productive l'imposition de sanctions américaines supplémentaires sans coordination avec l'Union européenne.

Le Canada, de son côté, a annoncé vendredi de nouvelles sanctions contre Moscou. Il a ainsi notamment interdit l'entrée sur son territoire à une vingtaine de responsables politiques russes et séparatistes ukrainiens. Par ailleurs, le Canada impose aussi des restrictions à l'exportation vers la Russie de technologies liées à l'exploration et l'extraction du pétrole en Arctique et en eau profonde, ainsi que du pétrole de schiste en coordination avec «des mesures analogues adoptées par l'Union européenne et les États-Unis».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer