Nouvelle trêve en Ukraine

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Un silence inhabituel s'est instauré dans le fief rebelle de Donetsk, malgré quelques bombardements sporadiques.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Ioulia SILINA, Ania TSOUKANOVA
Agence France-Presse
Donetsk et Kiev

L'armée ukrainienne et les rebelles prorusses devaient entamer mercredi un retrait des armes lourdes de la ligne de front pour créer une zone tampon large de 30 km, au lendemain d'un cessez-le-feu décrété mardi entre les parties.

La trêve, globalement respectée, est la quatrième en huit mois, mais les négociations de paix prévues à Minsk visant à mettre fin au conflit ont en revanche été reportées. Une nouvelle date pourrait être annoncée mercredi.

Un silence inhabituel s'est instauré dans le fief rebelle de Donetsk, malgré quelques bombardements sporadiques, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Et alors que les autorités ukrainiennes déploraient la mort de six soldats et de deux civils lors des dernières 24 heures précédant la trêve, le président ukrainien Petro Porochenko s'est félicité depuis Singapour de l'absence de nouvelles victimes depuis le début de la trêve.

«Nous n'avons aucun soldat tué», a-t-il déclaré lors d'une conférence publique à Singapour.

Les militaires ukrainiens n'ont rapporté que plusieurs bombardements isolés et les rebelles ont fait de même. «Nous espérons que cette fois-ci la trêve sera durable», a déclaré à l'AFP Denis Pouchiline, président du «Parlement» de la République autoproclamée de Donetsk.

Un combattant du mouvement ultranationaliste paramilitaire Pravy Sektor basé dans la localité de Pisky, près de l'aéroport de Donetsk, a toutefois indiqué à l'AFP que l'aéroport avait essuyé des tirs d'artillerie lourde.

Autre signe d'apaisement, le chef des garde-frontières ukrainiens a indiqué sur son compte Twitter que les troupes russes stationnées à la frontière entre la péninsule de Crimée annexée en mars par la Russie et le reste de l'Ukraine avaient commencé à se retirer.

«Levée du blocus» 

Sur le plan diplomatique, les négociations de paix prévues mardi à Minsk ont été reportées sine die.

«Aujourd'hui, il n'y aura rien», a indiqué à l'AFP le porte-parole de la diplomatie ukrainienne Evguen Perebyinis.

La nouvelle date sera déterminée mercredi lors d'une vidéo-conférence, a ajouté M. Pouchiline selon lequel la rencontre pourrait avoir lieu «cette semaine».

Selon lui, les séparatistes exigent que les négociations portent notamment sur la «levée du blocus économique» de la zone sous contrôle rebelle dont Kiev a entièrement stoppé le financement.

«La date peut être fixée dès qu'on se met d'accord sur l'agenda» de cette rencontre, a dit M. Pouchiline.

Les autres demandes des rebelles portent sur l'échange de prisonniers ainsi que la «mise en oeuvre» de deux lois ukrainiennes prévoyant l'amnistie pour certains combattants rebelles et donnant davantage d'autonomie aux territoires sous leur contrôle, selon la même source.

Ce dernier point témoigne d'un tournant dans la position des rebelles, qui avaient rejeté ces lois après leur adoption en septembre arguant que la législation ukrainienne n'était pas appliquée sur le territoire des deux républiques autoproclamées.

Cette volte-face pourrait refléter la nouvelle politique de la Russie dont le soutien affiché au rebelles a déclenché une crise sans précédent dans ses rapports avec l'Occident et lui a valu de grosses pertes économiques.

Changement de tactique à Moscou? 

Même l'Allemagne, jusqu'alors un des pays les plus enclins à poursuivre le dialogue avec Moscou, a fini par changer de ton. La chancelière Angela Merkel a accusé à nouveau mardi la Russie d'avoir «enfreint le droit international, et de continuer à le faire» tout en estimant qu'«une solution diplomatique» à la crise ukrainienne était toujours possible.

«La Russie ne s'attendait pas à un changement si profond de l'attitude de l'Europe et surtout de l'Allemagne», a estimé Kadri Liik, une experte de l'institut European Council on Foreign Relations à Bruxelles.

Moscou «commence lentement à se rendre compte que les choses n'ont pas marché comme prévu. La question est de savoir si l'Europe et plus particulièrement l'Allemagne arrivent à lui faire accepter une solution sauvant la face», a ajouté Mme Liik.

Or le quotidien d'opposition russe Novaïa Gazeta a affirmé lundi que le Kremlin a changé son approche sur le sort de l'Est de l'Ukraine et cherche à remettre ces territoires sous le contrôle de Kiev «sous condition d'une certaine autonomie».

Vladislav Sourkov, l'un des conseiller les plus influents du président russe Vladimir Poutine, serait chargé de réaliser ce projet, soutien le journal.

Dans un autre registre, le ministère des Affaires étrangères autrichien a jugé mardi «tout à fait problématique» le soutien apporté par la soprano russo-autrichienne Anna Netrebko aux séparatistes pro-russes d'Ukraine.

La soprano a suscité la controverse lundi après avoir fait publiquement un don à un théâtre de la région de Donetsk et posé avec un drapeau séparatiste ukrainien.

De leur côté, les autorités ukrainiennes ont interdit mardi la diffusion de 71 films et séries mettant en scène l'acteur russe Ivan Okhlobystine, qui a suggéré aux rebelles prorusses de «prendre Kiev» au nom de la «paix» dans l'Est de l'Ukraine.

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