L'OSCE se penche sur la situation en Ukraine

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L'aéroport de Donetsk est le théâtre de combats meurtriers quasi ininterrompus depuis plusieurs mois.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Laetitia PERON, Maxime POPOV
Agence France-Presse
Bâle et Kiev

La réunion en Suisse des pays membres de l'OSCE doit se pencher jeudi sur la situation en Ukraine, avec l'espoir d'«un pas de plus vers une paix durable», alors que Kiev accusait la veille les rebelles prorusses d'avoir violé la trêve à Donetsk.

Le secrétaire d'État américain John Kerry est arrivé mercredi soir à Bâle, où a lieu la conférence ministérielle annuelle de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Une rencontre est prévue jeudi matin avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

La conférence de l'OSCE se tient deux jours après une réunion ministérielle de l'OTAN à Bruxelles au cours de laquelle la Russie a été durement critiquée pour son soutien aux rebelles séparatistes dans l'est de l'Ukraine.

Elle intervient aussi deux jours après que les rebelles prorusses et les autorités ukrainiennes se soient mis d'accord sur une trêve dans deux des points les plus chauds du conflit dans l'Est: dans la région rebelle de Lougansk (à partir du 5 décembre) et à l'aéroport de Donetsk, théâtre de combats meurtriers quasi ininterrompus depuis plusieurs mois.

Toutefois, dès mercredi, Kiev a accusé les rebelles d'avoir violé la trêve à l'aéroport.

Selon le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko, si les tirs avaient bien cessé le temps des négociations sur le cessez-le-feu, ils ont repris dès le départ des négociateurs mardi soir.

Des journalistes de l'AFP sur place ont entendu des salves de lance-roquettes multiples Grad mercredi dans la zone de l'aéroport vers 11h00 locales.

Les autorités ukrainiennes n'ont pas fait état de victimes dans les combats dans la zone, mais avaient admis quelques jours auparavant qu'il était impossible d'avoir des informations fiables en raison des combats ininterrompus.

Poutine a «improvisé» selon Obama 

Selon les experts, il est trop tôt pour fonder beaucoup d'espoir sur ces efforts pour un arrêt des combats dans l'est de l'Ukraine, qui ont déjà fait plus de 4300 morts selon l'ONU depuis plus de sept mois.

Les accords de paix conclus en septembre à Minsk entre Kiev et les rebelles avec la participation de Moscou et de l'OSCE ont été violés quasiment chaque jour par les deux camps.

L'ancien président ukrainien Leonid Koutchma, qui participe au groupe de médiateurs sur l'Ukraine, a indiqué mercredi que le prochain cycle de pourparlers avec les rebelles pourrait être entamé la semaine prochaine, ce que les rebelles n'ont pas confirmé.

M. Lyssenko a également souligné qu'il y a «des signaux qui montrent que les rebelles commencent à écouter les négociateurs».

Dans ce contexte, le président américain Barack Obama a affirmé ne pas croire à un changement soudain de la position de son homologue russe Vladimir Poutine sur la question ukrainienne, soulignant que les difficultés économiques n'avaient pas encore eu de réel impact politique en Russie.

«Si vous me demandez si je suis optimiste sur le fait que Poutine change soudain d'état d'esprit, je ne pense pas que cela arrivera tant que ce qui se passe au niveau économique n'aura pas un impact politique à l'intérieur de la Russie», a-t-il expliqué.

Selon le président américain, M. Poutine «a été pris par surprise par la situation en Ukraine». «Il a improvisé et s'est enfermé dans une approche nationaliste tournée vers le passé qui effraye ses voisins et fait énormément de mal à son économie», a ajouté M. Obama, soulignant avoir une relation très «directe» avec son homologue russe.

Ce dernier doit prononcer jeudi matin son discours annuel devant les chambres réunies du Parlement russe.

«Reconstruire les contacts» entre armées 

Les membres de l'OTAN se sont montrés soucieux mercredi de rétablir le dialogue entre les militaires de l'Alliance atlantique et l'armée russe pour éviter «tout incident» en cette période de tensions.

Ils ont demandé au secrétaire général de l'Organisation «d'examiner les moyens de reconstruire les contacts au niveau des experts militaires», a rapporté le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier.

Par ailleurs, le directeur exécutif de Human Rights Watch, Kenneth Roth, a déploré l'absence d'une «enquête satisfaisante» de la part de Kiev à la suite des accusations de l'ONG concernant l'utilisation par l'armée ukrainienne de bombes à sous-munitions.

«Plutôt que de se rendre sur place et d'examiner les preuves, les enquêteurs sont allés au dépôt de munitions et ont examiné les registres. Ils en ont conclu que ces armes n'avaient pas été déplacées», a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse à Kiev.

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