Cessez-le-feu inattendu dans l'Est ukrainien

Un soldat ukrainien tire un missile sol-air à... (PHOTO ANATOLII STEPANOV, AFP)

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Un soldat ukrainien tire un missile sol-air à l'aide d'un système portable, lors d'un exercice militaire au nord de Lougansk, le 1er décembre.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Ioulia SILINA, Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
DONETSK et KIEV

Les rebelles prorusses et les autorités ukrainiennes se sont mis d'accord sur une trêve dans deux des points les plus chauds du conflit dans l'est et travaillaient mardi à un cessez-le-feu qui pourrait s'étendre à toute la ligne de front.

Un arrêt des combats à l'aéroport de Donetsk, théâtre de combats particulièrement meurtriers quasi ininterrompus depuis plusieurs mois, a été négocié entre les deux camps après la confirmation d'un accord similaire pour la région rebelle de Lougansk.

Ces négociations pour mettre fin aux combats qui ont fait plus de 4300 morts interviennent au moment où le Parlement ukrainien largement dominé par les pro-occidentaux s'apprête à approuver le nouveau gouvernement où plusieurs étrangers, dont une Américaine, sont pressentis à des postes de ministre.

Le président Petro Porochenko a ainsi signé mardi un décret accordant la nationalité ukrainienne à une Américaine, un Géorgien et un Lituanien.

Alors que la nouvelle coalition parlementaire s'est fixée comme objectif l'adhésion à l'OTAN, une perspective qui crispe Moscou, le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine, qui a toutes les chances d'être reconduit, a participé par vidéoconférence à une réunion de l'Alliance atlantique qui se tient à Bruxelles.

Sur le terrain, le gouvernement et les insurgés de la région de Lougansk ont conclu un cessez-le-feu devant entrer en vigueur le 5 décembre, a affirmé Igor Plotnitski, dirigeant séparatiste de la région confirmant les informations annoncées auparavant par l'OSCE.

Au cours d'une réunion le 29 novembre à Lougansk, le général ukrainien Volodymyr Askarov, le général russe Alexandre Lentsov, numéro deux de l'armée de terre russe, ainsi que les représentants de la république autoproclamée de Lougansk et l'OSCE «sont arrivés à un accord de principe concernant un cessez-le-feu total le long de la ligne du front à partir du 5 décembre», selon un communiqué de l'OSCE.

«Ils se sont également mis d'accord sur le retrait des armes lourdes à partir du 6 décembre», selon la même source.

Le chef séparatiste de Lougansk Igor Plotniski a confirmé l'accord, évoquant une zone tampon de «15-20 km» entre les positions des deux camps.

Mais, interrogé par l'AFP, le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a déclaré ne disposer d'aucune information à ce sujet en se bornant à dire que les tirs se poursuivaient.

Les mêmes généraux russe et ukrainien se sont retrouvés à huis clos dans l'après-midi à Donetsk, bastion des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine avec les représentants de l'OSCE et de la république autoproclamée de Donetsk (DNR), a indiqué à l'AFP une source au sein de la DNR.

La Russie accusée par Kiev et les Occidentaux d'armer la rébellion et d'avoir déployé des troupes dans l'est de l'Ukraine dément toute implication dans le conflit, mais participe toutefois en tant que «médiateur» aux pourparlers politiques et militaires.



«Pas beaucoup d'espoir»

Selon les experts, il est toutefois trop tôt pour tirer des conclusions de ces efforts pour un arrêt des combats.

«Avec le prix du pétrole en chute, la Russie pourrait être plus réticente à soutenir les régions rebelles et poussée à chercher une solution, mais il est trop tôt pour le dire», a indiqué Alisa Lockwood du centre IHS Country Risk de Londres.

«Je n'ai pas beaucoup d'espoir que ces accords aient de meilleurs résultats que ceux signés» le 5 septembre à Minsk, a pour sa part estimé Oleksiï Melnik du Centre Razumkov de Kiev.

Les trêves signées par le passé entre rebelles prorusses et armée ukrainienne ont été violées pratiquement chaque jour par les deux camps.

L'un des dirigeants séparatistes de la région de Donetsk, Andreï Pourguine, a néanmoins indiqué lundi à l'AFP que des négociations politiques allaient se poursuivre «dans le cadre des accords de Minsk».

Ces accords conclus le 5 septembre entre Kiev et les rebelles avec la participation de Moscou et de l'OSCE ont abouti à l'instauration d'un cessez-le-feu aujourd'hui moribond, alors que plus de 1000 personnes ont péri dans l'est depuis leur signature.

Les ministres des Affaires étrangères des 57 pays de l'OSCE doivent se rencontrer à Bâle jeudi et vendredi.

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