Il y a un an, le Maïdan débutait

Un militant poro-occidental lance un cocktail Molotov en... (PHOTO VASILY MAXIMOV ARCHIVES AFP)

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Un militant poro-occidental lance un cocktail Molotov en direction des policiers alors que de violents affrontements opposent activistes et forces de l'ordre dans le centre de Kiev, le 22 janvier dernier. Depuis le 21 novembre, les anti-Ianoukovitch ont fait de la place de l'Indépendance au centre de Kiev, le Maïdan, le haut lieu de leur contestation.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Olga SHYLENKO, Pierre-Henry DESHAYES
Agence France-Presse
KIEV

L'Ukraine a accusé vendredi la Russie d'avoir effectué des tirs d'artillerie contre le territoire ukrainien, le jour anniversaire du Maïdan qui a donné lieu à une commémoration agitée en présence du vice-président américain Joe Biden.

Nouvelle étape dans l'ancrage occidental du pays, une revendication des contestataires du Maïdan, cinq partis pro-occidentaux ont symboliquement annoncé le même jour la création d'une coalition suffisamment forte pour amender la Constitution.

«Pour la première fois depuis les accords de Minsk (qui ont instauré un cessez-le-feu dans l'Est séparatiste le 5 septembre), des tirs en provenance de la Fédération russe contre le territoire ukrainien ont repris», a indiqué le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko.

L'accusation, qui n'a pas été confirmée de source indépendante, pourrait aggraver les tensions déjà très fortes entre les Occidentaux et la Russie : les premiers accusent la seconde de soutenir militairement les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine et d'y avoir déployé des troupes et équipements lourds, ce que Moscou dément.

Au risque d'ulcérer la Russie, le vice-président américain devrait évoquer à Kiev la question controversée d'une fourniture d'équipements - non létaux - aux troupes ukrainiennes en lutte contre les rebelles.

Depuis le début de la crise dans l'est de l'Ukraine en avril, Washington a annoncé une aide de 116 millions de dollars pour la fourniture d'équipements non létaux (casques, gilets pare-balles, matériel de déminage...) aux forces de sécurité ukrainiennes et pour leur formation.

«À la lumière des agissements de la Russie», la fourniture d'équipements létaux «est quelque chose que l'on devrait examiner», a indiqué jeudi le département d'État américain, en soulignant toutefois qu'«il n'y a pas de solution militaire».

Moscou a de son côté prévenu qu'une aide militaire américaine serait un facteur d'«aggravation du conflit».

Signe que les nerfs restent à vif, l'actuel... (PHOTO ANASTASIA SIROTKINA, REUTERS) - image 2.0

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Signe que les nerfs restent à vif, l'actuel président pro-occidental Petro Porochenko a été hué par des dizaines de personnes alors qu'il déposait une gerbe en mémoire des victimes du Maïdan. Ci-dessus, M. Porochenko porte une chandelle lors des commémorations.

PHOTO ANASTASIA SIROTKINA, REUTERS

Vendredi matin, la célébration du début du Maïdan, l'élan populaire qui a abouti à la chute du régime prorusse de Viktor Ianoukovitch, a été perturbée.

Signe que les nerfs restent à vif, l'actuel président pro-occidental Petro Porochenko a été hué par des dizaines de personnes alors qu'il déposait une gerbe en mémoire des victimes du Maïdan.

«Honte! Pourquoi personne n'a été puni?!», ont crié des proches des victimes.

La contestation du Maïdan a commencé il y a un an jour pour jour après la décision du régime de M. Ianoukovitch de renoncer à un accord d'association avec l'Union européenne au profit d'une coopération accrue avec la Russie.

Réprimée dans le sang, la contestation s'est soldée par la mort d'une centaine de personnes, mais le drame n'a toujours pas été élucidé.

«Porochenko, où sont les tueurs de nos enfants?», pouvait-on lire sur une affiche.

Joe Biden, qui devait prendre part à la cérémonie, n'est finalement pas sorti de sa voiture.

Sur le Maïdan, place de l'Indépendance du centre de Kiev illuminée par un soleil froid d'automne, des anonymes ont déposé dans la matinée des fleurs au pied de portraits, croix ou casques célébrant la mémoire des morts.

«Bien sûr que nous sommes déçus. Rien n'a changé», a confié à l'AFP Petro Rounkiv, qui dit avoir participé au mouvement de bout en bout malgré les supplications de sa femme.

«Nous étions ici parce que nous voulions que l'Ukraine soit un pays prospère, pas un pays de millionnaires et de mendiants», a ajouté cet ingénieur de 58 ans. «Nous avons besoin de réformes et nous sommes ici pour dire au gouvernement que nous sommes prêts pour un autre Maïdan».

L'élan populaire a contribué à ancrer l'Ukraine à l'Ouest, mais aussi divisé le pays provoquant une rébellion armée prorusse dans les régions russophones de Donetsk et Lougansk (est).

Kiev et les rebelles ont conclu le 5 septembre un accord de cessez-le-feu, mais celui-ci est aujourd'hui violé quotidiennement.

Près de 1000 personnes ont été tuées dans l'est de l'Ukraine depuis la trêve, soit 13 nouvelles victimes par jour en moyenne, a annoncé l'ONU jeudi.

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