Près de mille morts depuis la trêve dans l'Est ukrainien

Des combattants prorusses prennent position à un point... (PHOTO ANTONIO BRONIC, REUTERS)

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Des combattants prorusses prennent position à un point de contrôle près de Donetsk, le 20 novembre.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Pierre-Henry DESHAYES
Agence France-Presse
KIEV

Près de 1000 personnes ont été tuées en Ukraine depuis la trêve conclue en septembre entre l'armée ukrainienne et les séparatistes prorusses, soit en moyenne 13 par jour, a annoncé l'ONU jeudi, journée ponctuée par de nouvelles violences.

Chargée de surveiller l'application du cessez-le-feu entré en vigueur le 5 septembre, mais aujourd'hui violé quotidiennement, l'OSCE a annoncé le même jour avoir été elle-même prise pour cible dans l'est de l'Ukraine.

Si l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) a qualifié l'épisode d'«acte isolé», l'incident montre que les violences ne connaissent pas de répit dans la région.

Du 5 septembre au 18 novembre, 957 personnes, dont 119 femmes, ont été tuées dans des affrontements entre l'armée et les séparatistes prorusses, a indiqué à Genève le bureau du Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies.

Depuis le début du conflit en avril, le bilan est de 4317 morts, y compris les 298 passagers et membres de l'équipage du Boeing de la Malaysian Airlines abattu en juillet, et de 9921 blessés.

«Des civils continuent d'être tués, détenus illégalement, torturés et de disparaître», relève le rapport qui dénonce des violations graves des droits de l'homme dans les deux camps.

Parmi les témoignages recueillis, un soldat ukrainien a affirmé avoir eu le bras sectionné à la hache par des rebelles parce qu'il portait un tatouage intitulé «gloire à l'Ukraine». Un insurgé a dit, de son côté, que des troupes régulières lui avaient placé un sac plastique sur la tête et l'avaient battu.

Selon le rapport, le nombre de déplacés a également «fortement augmenté, passant de 257 489 le 18 septembre à 466 829 au 19 novembre».

Biden attendu à Kiev

Le vice-président américain Joe Biden était attendu dans la soirée à Kiev pour y célébrer vendredi le 1er anniversaire de la révolte du Maïdan, les manifestations pro-occidentales qui avaient finalement eu raison du régime prorusse de Viktor Ianoukovitch en février.

Selon ses services, M. Biden devrait à cette occasion discuter avec l'actuel président Petro Porochenko et le premier ministre Arseni Iatseniouk «des violations toujours en cours par la Russie de l'accord (de paix) de Minsk du 5 septembre».

Les autorités ukrainiennes et l'Occident accusent la Russie de soutenir militairement les rebelles, ce que Moscou dément.

De son côté, Washington a annoncé, depuis le début de la crise, une aide de 116 millions de dollars pour l'équipement et la formation des forces de sécurité ukrainiennes.

Interrogé sur l'aide militaire américaine jeudi, M. Iatseniouk a dit espérer des précisions pendant la visite de M. Biden.

Le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, a pour sa part affirmé qu'une éventuelle aide militaire américaine à Kiev serait un facteur d'«aggravation du conflit» dans l'est.

En visite en Pologne, la chancelière allemande Angela Merkel a réaffirmé jeudi que la sécurité en Europe, «à moyen et à long terme, ne pouvait être assurée qu'avec la Russie» tandis que le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, tentait à Tallinn de rassurer les pays baltes, membres de l'Alliance qui se sentent vulnérables face à la Russie voisine.

Dans un incident qui n'a pas fait de blessés, l'OSCE a expliqué qu'un de ses convois avait été visé par des tirs mercredi dans une zone sous contrôle de l'armée ukrainienne.

Selon l'OSCE, qui a déployé près de 300 observateurs en Ukraine, deux de ses véhicules faisaient route vers Donetsk, un bastion séparatiste, quand ils ont essuyé deux tirs d'un soldat en uniforme.

Interrogé par l'AFP, Michael Bociurkiw, porte-parole de la mission d'observation spéciale en Ukraine (SMM), a indiqué que c'était la première fois que les observateurs étaient directement et délibérément pris pour cible dans le conflit, mais il n'a pas pu préciser l'origine des tirs.

Jeudi, les rebelles de Donetsk ont fait état d'un mort et de trois blessés dans leurs rangs en 24 heures et l'armée ukrainienne a déploré six blessés. Dans la région de Lougansk, autre bastion des séparatistes, une infirmière de 58 ans a été tuée et un autre civil blessé dans le bombardement d'un village, selon les autorités régionales.

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