L'Allemagne «pas optimiste» face à une escalade «dangereuse»

Sur le terrain, la guerre de tranchées et... (Photo MENAHEM KAHANA, AFP)

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Sur le terrain, la guerre de tranchées et d'artillerie s'est intensifiée depuis les élections tenues le 2 novembre dans les régions séparatistes.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Olga ROTENBERG, Dmytro GORSHKOV
Agence France-Presse
Kiev et Moscou

Le chef de la diplomatie allemande s'est déclaré mardi «pas optimiste» sur une sortie de crise en Ukraine face à une escalade «dangereuse» dans l'est séparatiste du pays où l'Otan a dénoncé un renforcement militaire russe «très grave».

«Il n'y a pas de fondement pour l'optimisme dans la situation actuelle», a déclaré M. Steinmeier, lors d'une conférence de presse avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Moscou, après une visite à Kiev.

Il a appelé à surtout ne pas abandonner l'accord de Minsk du 5 septembre sur un cessez-le-feu en Ukraine, de plus en plus moribond.

«Même s'il y a des raisons de se dire que les obligations les plus importantes n'ont pas été remplies, l'abandon de ce document serait toutefois une grande perte», a souligné M. Steinmeier.

«Nous devons maintenant faire un effort, même s'il s'agit d'un effort immense, de donner une nouvelle impulsion» aux négociations visant à trouver un règlement du conflit ukrainien, a-t-il ajouté.

M. Steinmeier s'est ensuite entretenu avec le président Vladimir Poutine. Leur entretien a porté sur une sortie de crise «qui pourraient ouvrir de nouvelles perspectives de coopération», selon des sources au sein de la délégation allemande.

Les accords de Minsk signés en septembre entre Ukrainiens et séparatistes prorusses avec la participation de la Russie et de l'OSCE avaient permis la mise en place d'un cessez-le-feu quotidiennement bafoué désormais.

«Les accords de Minsk ne sont pas parfaits, mais c'est la seule chose qui a été soutenue par tous les acteurs clé: l'Union européenne, les États-Unis, les parties du conflit ukrainien et la Russie», a déclaré M. Lavrov.

«Si nous sommes sincères, faisons respecter ces accords», a-t-il lancé, soulignant que «la tâche la plus importante actuellement est la poursuite d'un dialogue direct stable» entre Kiev et les rebelles prorusses.

A Kiev, M. Steinmeier avait estimé, après une rencontre avec le président ukrainien Petro Porochenko, que la situation dans l'Est était «dangereuse» et ne faisait que «s'aggraver».

Sa visite intervient en effet sur fond de craintes d'une «guerre totale» dans l'Est séparatiste prorusse en proie aux violences.

La Russie menacée d'isolement 

Au même moment à Bruxelles, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a accusé la Russie de «continuer de déstabiliser l'Ukraine».

«La Russie a le choix: la Russie peut soit participer à une solution de paix négociée ou elle peut continuer sur le chemin qui mènera à son isolement», a-t-il mis en garde au début d'une réunion avec les ministres européens de la Défense.

«Nous voyons des mouvements de troupes, d'équipements, de tanks, d'artillerie et aussi de systèmes de défense anti-aérienne modernes», a détaillé M. Stoltenberg ajoutant «c'est un renforcement militaire très grave (...) à la fois en Ukraine et sur le côté russe de la frontière».

Les accusations de déploiement massif russe avancées depuis plus d'une semaine par Kiev et les Occidentaux sont qualifiées d'«élucubrations» par la diplomatie russe.

Les autorités ukrainiennes disent pourtant se préparer au «pire scénario» dans le conflit qui a déjà fait plus de 4100 morts depuis la mi-avril.

Négocier en «terrain neutre» 

Après l'accueil glacial réservé à Vladimir Poutine le week-end dernier lors du sommet du G20 en Australie, M. Lavrov a déclaré mardi à Minsk espérer que les relations de la Russie avec l'Union européenne n'ont pas atteint un point de «non-retour».

Il a également pressé Kiev de s'engager dans des négociations avec les rebelles. Une option inacceptable pour Kiev qui les qualifie de «terroristes» aux ordres de Moscou.

«Tout dépend en premier ordre du président russe», a lancé mardi le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk en invitant Moscou à négocier «en terrain neutre».

La Russie a immédiatement rejeté l'invitation.

«Le plus important, ce sont les négociations entre Kiev et les régions, et non pas une tentative de se cacher derrière un paravent de formats (de négociations) qui n'aboutissent à rien», a déclaré un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karassine, cité par l'agence publique Ria Novosti.

Sur le terrain, la guerre de tranchées et d'artillerie s'est intensifiée depuis les élections le 2 novembre dans les régions séparatistes, un scrutin que Moscou a dit «respecter» alors que Kiev et les Occidentaux l'ont dénoncé comme une grave entrave au processus de la paix.

Six soldats ukrainiens ont été tués et neuf blessés ces dernières 24 heures dans des tirs ou après avoir sauté sur des mines artisanales.

Selon un porte-parole militaire ukrainien, Vladislav Seleznev, les insurgés «posent de façon active des mines en exposant au danger les civils», une tactique de guérilla relativement nouvelle dans ce conflit rythmé par les tirs d'artillerie et de lance-roquettes multiples Grad.

Selon un porte-parole militaire ukrainien, Vladislav Seleznev, les insurgés «posent de façon active des mines en exposant au danger les civils», une tactique de guérilla relativement nouvelle dans ce conflit rythmé par les tirs d'artillerie et de lance-roquettes multiples Grad.

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