Ukraine: réunion des ministres européens de la Défense

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Depuis quelques semaines, les combats ont redoublé d'intensité dans l'Est séparatiste de l'Ukraine.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Alix RIJCKAERT, Laetitia PERON
Agence France-Presse
Bruxelles et Moscou

Les ministres européens de la Défense doivent se réunir mardi à Bruxelles, au lendemain de nouvelles sanctions et en plein regain de tension de l'Occident avec Moscou qui a accusé l'Otan d'«attiser les sentiments antirusses».

Les Européens ont décidé lundi d'élargir la liste des personnes sanctionnées pour leur implication dans le conflit en Ukraine. Les sanctions, qui seront appliquées «d'ici la fin du mois», viseront des séparatistes pro-russes de l'est du pays, ont indiqué les ministres européens des Affaires étrangères à l'issue d'une réunion à Bruxelles. A ce jour, 119 personnes --des séparatistes mais aussi des Russes (politiques, oligarques et proches de Vladimir Poutine)-- sont visées par un gel de leurs avoirs et une interdiction de visa pour l'UE.

La réunion des 28 ministres de la Défense se déroulera en présence du secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, qui a salué lundi les sanctions de l'UE depuis le début du conflit, estimant que cela «montre clairement que la façon dont la Russie se comporte a un coût».

Un peu plus tôt, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine, présent à Bruxelles, avait appelé l'UE à adresser «un message clair envers Moscou disant que toute nouvelle déstabilisation en Ukraine déclenchera des mesures supplémentaires de l'UE».

Il avait plaidé pour des sanctions «robustes», ajoutant que Kiev espérait participer à une rencontre de haut niveau avec la Russie «cette semaine» sous l'égide de l'UE pour faire revivre le cessez-le-feu conclu à Minsk en septembre, dans un entretien à l'AFP.

Cette trêve n'existe plus guère que sur le papier, comme en témoignent les combats sur le terrain, qui ont tué six soldats et trois policiers ukrainiens ces 24 dernières heures, selon les autorités.

Depuis quelques semaines, les combats ont redoublé d'intensité dans l'Est séparatiste, et Kiev accuse la Russie d'envoyer des troupes de combat et du matériel militaire en renfort aux rebelles, ce que l'Otan et l'OSCE ont confirmé.

Mais Moscou nie catégoriquement. Le ministère des Affaires étrangères russe a accusé l'Otan de faire circuler des «élucubrations» à ce sujet. «Malheureusement, l'Alliance ne cherche pas à parler de manière constructive des problèmes graves et préfère attiser les sentiments antirusses pour justifier ses projets (...) qui visent à renforcer la présence militaire de l'OTAN près des frontières russes», a-t-il accusé.

Le président Vladimir Poutine a pour sa part affirmé que les rebelles tenant les bastions de Donetsk et Lougansk se procurent des armes par eux-mêmes. «Les gens qui mènent une lutte et qui jugent cette lutte légitime (...) trouveront toujours des armes», a-t-il dit dans une interview à la chaîne de télévision allemande ARD.

La Russie «fait partie de la solution» 

L'UE n'envisage pas à ce stade de durcir ses sanctions économiques. Les Européens préfèrent tendre la main au président russe afin de le ramener à la table des négociations.

«Les sanctions ne sont pas un objectif en soi», a expliqué la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, qui préfère «relancer le dialogue avec la Russie vu que la Russie fait partie du problème, mais aussi de la solution». Elle se rendra bientôt à Kiev et plusieurs ministres lui ont demandé d'aller rencontrer M. Poutine, mais «il faudra d'abord que je me prépare physiquement et psychologiquement», a plaisanté Mme Mogherini après la réunion.

L'UE a déjà lourdement sanctionné la Russie pour son implication dans le conflit, interdisant notamment à des banques et entreprises du secteur de la défense et du pétrole, dont le géant Rosneft, de se financer en Europe. Ces mesures, prises en juillet et septembre, ont contribué aux difficultés de l'économie russe, mais elles n'ont en rien infléchi l'attitude de Moscou.

La réunion des 28 a eu lieu au lendemain d'un G20 aux accents de guerre froide où les Occidentaux ont durement critiqué M. Poutine, et le jour où Moscou a annoncé l'expulsion pour espionnage de diplomates polonais. Selon Varsovie, il s'agit d'une «réponse symétrique» à une mesure analogue contre des diplomates russes.

«Qui aurait cru que 25 ans après la fin de la guerre froide, après la fin de la division de l'Europe (...) une telle chose pouvait se passer au coeur même de l'Europe», a lancé la chancelière allemande, Angela Merkel, lors d'un discours à Sydney. Elle s'est dit «convaincue» que le Kremlin «ne l'emportera pas».

Dans l'est de l'Ukraine, la queue de l'avion de Malaysia Airlines, abattu en juillet faisant 298 morts, a été évacuée lundi au deuxième jour des opérations de ramassage des débris, qui pourraient durer cinq jours selon les enquêteurs néerlandais. Ces fragments du Boeing doivent être envoyés aux Pays-Bas -qui ont payé le plus lourd tribut avec 193 victimes- pour être expertisés. 

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