Poutine attendu de pied ferme au G20 australien

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Le président Poutine est arrivé vendredi dans la soirée (heure locale) sur le tarmac de l'aéroport international de Brisbane.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Benoit FINCK
Agence France-Presse
BRISBANE

Grande-Bretagne et Australie ont vivement critiqué vendredi l'action de la Russie dans la crise ukrainienne, avant un G20 aux accents de guerre froide, avec des navires russes au large de l'Australie et un ultimatum de Moscou à la France pour qu'elle livre les Mistral.

Avant même son arrivée en Australie, le président russe Vladimir Poutine a réaffirmé son opposition à la formation d'éventuels «nouveaux blocs» au sein du G20, opposant les Occidentaux aux pays émergents, dans une interview publiée vendredi.

Le premier ministre britannique, David Cameron, a averti dans un discours devant le Parlement australien à Canberra que la Russie s'exposait à de nouvelles sanctions occidentales si elle ne s'engageait pas à régler le conflit ukrainien.

M. Cameron, comme son homologue australien Tony Abbott, hôte du G20, ont employé des mots très fermes contre M. Poutine.

La Russie se comporte comme un «grand État agressant de plus petits États en Europe», a lancé le chef du gouvernement britannique avant de se rendre à Brisbane pour ce sommet des chefs d'État et de gouvernement des pays les plus puissants du monde, samedi et dimanche.

M. Abbott a dénoncé l'accroissement des activités militaires tous azimuts de la Russie, citant en particulier l'apparition de plusieurs navires de la marine russe cette semaine au nord des côtes australiennes.

«Qu'il s'agisse d'agresser l'Ukraine, qu'il s'agisse de la multiplication des vols d'avions militaires dans l'espace aérien du Japon, des pays européens, qu'il s'agisse de la force navale qui est maintenant dans le Pacifique Sud, la Russie est beaucoup plus sûre d'elle maintenant qu'elle ne l'a été depuis longtemps», a lancé M. Abbott.

«La Russie serait beaucoup plus attrayante si elle aspirait à être une superpuissance pour la paix, la liberté et la prospérité, au lieu de tenter de recréer la gloire perdue du tsarisme ou de l'Union soviétique», a-t-il ajouté.

M. Poutine est arrivé vendredi dans la soirée à Brisbane (vers 11H30 GMT).

Auparavant, il avait réitéré son opposition à la formation d'éventuels «nouveaux blocs» au sein du G20 : «Ce n'est pas du tout constructif et même nuisible à l'économie mondiale», a-t-il dit à l'agence de presse officielle TASS, précisant qu'il avait «plusieurs rencontres» prévues à Brisbane, notamment avec la chancelière allemande, Angela Merkel.

L'Ukraine sera également l'un des thèmes abordés à Brisbane par le président américain Barack Obama, arrivée samedi matin, pour l'ultime étape de sa tournée asiatique.

L'Otan a confirmé cette semaine les affirmations de Kiev accusant la Russie d'avoir déployé des troupes et équipements militaires russes dans l'est de l'Ukraine contrôlé par des rebelles prorusses, ce que Moscou a farouchement nié.

Et la Russie a accusé vendredi les observateurs de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) déployés en Ukraine de soutenir de facto les autorités de Kiev. Selon le ministère russe des Affaires étrangères : «on a l'impression que tous ses efforts ne visent qu'à apporter de l'aide et du soutien à une seule partie du conflit, les autorités officielles de Kiev».

Deux semaines

Moscou a par ailleurs lancé un ultimatum à Paris.

Une source russe «haut placée» a déclaré à l'agence de presse Ria Novosti que Paris avait jusqu'à fin novembre pour livrer un premier navire de guerre Mistral à la Russie si elle ne voulait pas s'exposer à de «sérieuses» demandes d'indemnisations.

Premier à réagir en France vendredi soir, le premier ministre Manuel Valls a affirmé que son pays prenait ses décisions de manière souveraine, «sans que quiconque ne lui dicte sa conduite de l'extérieur». «J'ai déjà eu l'occasion de dire qu'à ce stade, aujourd'hui, les conditions n'étaient pas réunies pour la livraison du Mistral» à la Russie, a-t-il rappelé devant la presse.

Ce sujet sensible devrait être abordé samedi au cours d'une rencontre bilatérale en marge du G20, à 18h locales, entre Vladimir Poutine et son homologue français, François Hollande.

Les Mistral, des bâtiments de projection et de commandement vendus par Paris à la Russie en juin 2011 pour 1,2 milliard d'euros, sont au centre d'un imbroglio diplomatico-militaire depuis la décision de M. Hollande, le 4 septembre, de lier leur livraison au règlement politique de la crise en Ukraine où la situation s'est détériorée.

La crise ukrainienne et la controverse autour des Mistral risquent de peser lourd dans les débats au G20, forum habituellement dominé par les questions économiques entre des pays représentant 85% de la richesse mondiale.

Et ce, d'autant que les relations entre la Russie et le pays organisateur, l'Australie se sont brusquement dégradées depuis la chute de l'avion de la Malaysia Airlines (vol MH17), abattu en juillet dans une zone contrôlée par des rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine, faisant 298 morts, dont 38 Australiens.

L'avion a été abattu par un missile fourni par la Russie, selon l'Ukraine et les Occidentaux, ce que Moscou dément en montrant du doigt les troupes de Kiev.

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