Ukraine: intenses combats d'artillerie à Donetsk

Des observateurs de l'OSCE ont indiqué samedi avoir... (Photo Mstyslav Chernov, AP)

Agrandir

Des observateurs de l'OSCE ont indiqué samedi avoir vu arriver à Donetsk d'importants renforts du côté des rebelles, soit plus de 40 chars et une vingtaine de camions, de fabrication russe et sans plaque d'immatriculation, portant des canons de 122 mm.

Photo Mstyslav Chernov, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Ukraine
Ukraine

Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Sergui BOBOK, Nicolas MILETITCH, Olga SHYLENKO
Agence France-Presse
KHARKIV, Donetsk, Kiev

D'intenses combats d'artillerie ont éclaté dans la nuit de samedi à dimanche à Donetsk, fief des séparatistes prorusses dans l'Est de l'Ukraine, où sont arrivés d'importants renforts selon l'OSCE.

Les tirs très proches du centre ont commencé à s'intensifier vers 2 h du matin (18 h samedi au Québec) et se poursuivaient avec la même force et régularité deux heures plus tard, selon des journalistes de l'AFP sur place. Il n'était pas possible dans l'immédiat d'évaluer les conséquences de ces bombardements, en raison du couvre-feu imposé à Donetsk par les autorités séparatistes de 23 h à 6 h locales.

Nouveau signe que la trêve conclue le 5 septembre entre Kiev et les séparatistes est moribonde depuis le déroulement dimanche dernier d'élections dans les régions sous le contrôle des rebelles, cette activité militaire sans précédent intervient alors que des observateurs de l'OSCE ont indiqué samedi avoir vu arriver à Donetsk d'importants renforts du côté des rebelles, soit plus de 40 chars et une vingtaine de camions, de fabrication russe et sans plaque d'immatriculation, portant des canons de 122 mm. Vendredi, les autorités ukrainiennes avaient dénoncé l'entrée à partir de la Russie, qui n'a été confirmée ni par les États-Unis ni par l'OTAN, de dizaines de chars, de troupes et d'autres équipements militaires.

L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) s'est déclarée samedi soir «très inquiète» de la présence de ces convois dans la zone de Donetsk et de la ville voisine de Makiivka, sous contrôle des séparatistes prorusses.

De violents bombardements s'étaient poursuivis samedi dans la zone de l'aéroport, au nord de Donetsk, épicentre des combats entre rebelles et forces ukrainiennes depuis plusieurs mois.

Affirmant avoir essuyé des tirs d'artillerie sur plusieurs de ses positions, notamment des points de contrôle, l'armée ukrainienne a déploré la mort de huit soldats, la plupart à l'aéroport de Donetsk et dans les environs de cette ville.

Une vingtaine de blessés, dont quelques civils, ont aussi été dénombrés.

En début de soirée, des journalistes de l'AFP dans le centre de Donetsk avaient entendu de fortes explosions. Les rebelles avaient commencé à creuser des tranchées à proximité de la gare ferroviaire dans la zone de l'aéroport, un des principaux points chauds, que les deux camps se disputent depuis des mois.

Selon l'ONU, plus de 4000 personnes, des civils pour la plupart, ont été tuées depuis le début du conflit en avril.

«Au bord d'une nouvelle guerre froide»

Dans une allusion manifeste à la crise ukrainienne, le dernier dirigeant de l'Union soviétique et prix Nobel de la Paix Mikhaïl Gorbatchev, a quant à lui été jusqu'à estimer que le monde était «au bord d'une nouvelle Guerre froide».

«Certains disent qu'elle a déjà commencé», a-t-il ajouté, en marge du 25e anniversaire de la chute du Mur de Berlin.

«On essaie de nous attirer dans une nouvelle Guerre froide. On voit de nouveaux murs. En Ukraine, c'est un fossé énorme qu'ils (les pays de l'OTAN, NDLR) veulent creuser», a-t-il encore déclaré.

Un contraste avec les propos du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui, après des entretiens avec son homologue américain John Kerry samedi à Pékin, a jugé que l'implication des États-Unis dans le règlement de ce conflit serait un «pas dans la bonne direction».

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Bert Koenders, dont le pays est chargé de l'identification et de l'enquête sur l'écrasement du MH17, a pour sa part dénoncé samedi à Kiev les élections séparatistes «illégales» de dimanche dernier en estimant qu'il n'y avait «pas de raisons de lever les sanctions» contre la Russie.

Dans la matinée, il a reconnu qu'on ne retrouverait peut-être jamais tous les corps des victimes du vol MH17 abattu au-dessus de l'est de l'Ukraine.

La destruction en vol au-dessus d'une zone contrôlée par les séparatistes du Boeing de Malaysia Airlines qui avait décollé de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol en direction de Kuala Lumpur, avait fait 298 morts - dont deux tiers de Néerlandais - le 17 juillet. Ce drame avait particulièrement choqué les Occidentaux, entraînant de lourdes sanctions contre la Russie.

Selon les États-Unis et l'Ukraine, l'appareil a été détruit par un missile sol-air de type Bouk fourni aux rebelles par la Russie. Moscou dément et montre du doigt les forces ukrainiennes.

En recevant samedi à Kiev le chef de la diplomatie néerlandaise, le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a déclaré que le drame du MH17 était «un crime contre l'humanité».

Cinq cercueils supplémentaires contenant des restes humains avaient été envoyés de Kharkiv (est de l'Ukraine) vers les Pays-Bas, où une commémoration en l'honneur des victimes doit avoir lieu lundi.

Les spécialistes néerlandais chargés de l'enquête souhaitent rassembler les restes de l'épave afin de reconstituer une partie de l'appareil mais l'accès au site reste limité.

Peu amène à l'égard de la Russie sur le sujet, le premier ministre australien Tony Abbott, dont le pays a perdu 38 ressortissants, a averti que Vladimir Poutine ne pourrait pas éviter une «conversation» à ce sujet au sommet du G20, les 15 et 16 novembre à Brisbane, en Australie.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer