Vol MH17: tous les corps pourraient ne pas être récupérés

L'écrasement de l'avion de Malaysia Airlines, qui avait... (Photo Maxim Zmeyev, archives Reuters)

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L'écrasement de l'avion de Malaysia Airlines, qui avait décollé de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol en direction de Kuala Lumpur, avait fait 298 morts le 17 juillet dernier.

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Sergui BOBOK, Nicolas MILETITCH, Pierre-Henry DESHAYES
Agence France-Presse
KHARKIV, Donestk, Kiev

Il se peut que l'on ne retrouve jamais tous les corps des victimes du vol MH17 abattu au-dessus de l'est de l'Ukraine, a déclaré le chef de la diplomatie néerlandaise samedi, sur fond de combats qui ont fait six morts dans l'armée ukrainienne.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders dont le pays est chargé de l'identification et de l'enquête, s'est rendu samedi dans la région orientale de Kharkiv, voisine de celle rebelle de Donetsk où persistaient les affrontements entre troupes ukrainiennes et rebelles prorusses.

«On ne peut pas dire aujourd'hui de façon certaine (...) quand et même si nous pourrons récupérer les neuf dernières (victimes), mais nous ferons tout ce que nous pourrons, de concert avec les autorités ici, pour que cela puisse être le cas», a déclaré M. Koenders.

La destruction en vol du Boeing de Malaysia Airlines qui avait décollé de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol en direction de Kuala Lumpur et a été abattu par un missile en zone contrôlée par les séparatistes prorusses,  avait fait 298 morts - dont deux tiers de Néerlandais - le 17 juillet. Ce drame avait choqué les Occidentaux, entraînant de lourdes sanctions contre la Russie.

Selon les États-Unis et l'Ukraine, il s'agit d'un missile sol-air de type Bouk fournis aux rebelles par la Russie. A l'inverse, Moscou pointe du doigt les forces ukrainiennes.

Le gouverneur de la région de Kharkiv, Igor Balouta, a de son côté annoncé que cinq cercueils supplémentaires contenant des restes humains avaient été envoyés vers les Pays-Bas, où une commémoration en l'honneur des victimes doit avoir lieu lundi.

Poutine sous pression

Le gouvernement néerlandais a été fortement critiqué ces dernières semaines pour sa gestion du dossier MH17 et l'arrivée tardive d'experts sur les lieux de l'écrasement contrôlé par les séparatistes prorusses.

Les spécialistes néerlandais chargés de l'enquête souhaitent rassembler les restes de l'épave afin de reconstituer une partie de l'appareil, mais l'accès au site reste limité.

Peu amène à l'égard de la Russie sur le sujet, le premier ministre australien Tony Abbott, dont le pays a perdu 38 ressortissants dans l'écrasement, a averti que Vladimir Poutine ne pourrait pas éviter une «conversation» à ce sujet lors du sommet du G20 les 15 et 16 novembre à Brisbane.

De son côté, Moscou a indiqué avoir donné son feu vert pour «une courte rencontre» entre Vladimir Poutine et Tony Abbott en marge du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) les 10 et 11 novembre.

Nouveaux affrontements

Signe que la trêve conclue le 5 septembre entre les autorités ukrainiennes et les séparatistes est moribonde depuis la tenue dimanche d'élections dans les régions sous contrôle séparatiste, de nouveaux affrontements se sont produits ces dernières 24 heures dans l'Est rebelle.

Affirmant avoir essuyé des tirs d'artillerie et d'armes légères sur plusieurs de ses positions, l'armée ukrainienne a déploré la mort de six de ses soldats et indiqué que 17 personnes, 15 militaires et deux civils, avaient été blessées.

Après une matinée calme, les tirs d'artillerie ont repris dans l'après-midi dans la zone de l'aéroport de Donetsk, l'un des principaux points chauds que l'armée ukrainienne et les rebelles se disputent depuis des mois.

Des journalistes de l'AFP ont vu deux blindés légers et deux chars à la périphérie de la ville.

Dans la zone de l'aéroport, à proximité de la gare ferroviaire, les rebelles ont commencé à creuser des tranchées dans plusieurs endroits.

«Ça tire de plus en plus près, avec du gros calibre. Hier soir, j'ai sauté sous mon lit, tellement les bombardements semblaient proches de chez moi», a dit Lioumila Leonidovna, directrice adjointe d'une école du quartier.

Des habitants ont par ailleurs indiqué avoir vu entrer dans Donetsk une quarantaine de camions militaires Kamaz sans plaque d'immatriculation avec une vingtaine de canons en provenance de la ville voisine de Makiïvka.

Vendredi, les autorités ukrainiennes avaient dénoncé l'entrée depuis la Russie de dizaines de chars, de troupes et d'autres équipements militaires dans l'est du territoire ukrainien.

Cette affirmation n'a été confirmée ni par les États-Unis ni par l'OTAN.

Selon l'ONU, plus de 4000 personnes, des civils pour la plupart, ont été tuées depuis le début du conflit en avril.

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