Ukraine: la campagne électorale se termine, la crise se poursuit

Des pancartes électorales à l'effigie du premier ministre... (PHOTO VALENTYN OGIRENKO, REUTERS)

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Des pancartes électorales à l'effigie du premier ministre Arseni Iatseniouk, à Kiev, le 21 octobre.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Olga NEDBAEVA, Nicolas MILETITCH
Agence France-Presse
KIEV et DONETSK

L'Ukraine achève vendredi la campagne électorale pour les législatives anticipées de dimanche, avec lesquelles les pro-occidentaux issus du mouvement de contestation du Maïdan comptent renforcer leur pouvoir, en pleine crise avec la Russie dans l'Est séparatiste prorusse.

Les élections se déroulent pendant une période extrêmement difficile pour cette ex-république soviétique aux portes de l'Union européenne qui a perdu en mars la Crimée, annexée par la Russie, et est confrontée à une insurrection armée prorusse dans le bassin minier du Donbass, un conflit qui a fait plus de 3700 morts depuis la mi-avril.

Plus de 824 000 personnes ont été forcées de fuir leur foyer en Ukraine à cause des hostilités, a annoncé vendredi le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU : 430 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays, 387 000 ont fui en Russie, 6600 ont demandé l'asile dans l'UE.

«Il n'y aura pas de conflit gelé, parce que le Donbass ne peut survivre sans l'Ukraine», a assuré jeudi soir à Odessa le président Petro Porochenko dont le mouvement part favori pour les législatives.

Le processus de paix lancé par le président n'a cependant pas suffi à mettre fin totalement aux combats et les séparatistes, qui contrôlent une partie des régions de Donetsk et Lougansk, s'apprêtent à organiser leurs propres élections le 2 novembre.

Un cessez-le-feu a été conclu début septembre entre Kiev et les rebelles avec la participation de la Russie, mais de vifs combats se poursuivent dans quelques poches de résistance, provoquant la mort de civils quasi quotidiennement.

À Donetsk vendredi, des tirs d'artillerie se faisaient régulièrement entendre dans le secteur de l'aéroport, l'un des points les plus disputés ces dernières semaines.

À Kiev, un porte-parole militaire Andriï Lyssenko a fait état d'un bilan de huit soldats blessés en 24 heures dans l'Est.

Réformes économiques

Le président Porochenko, sur son compte Twitter, a appelé les Ukrainiens à voter en masse pour «achever la formation d'un nouveau pouvoir commencé en juin», avec son entrée en fonction à la place du prorusse Viktor Ianoukovitch en fuite en Russie depuis février.

Le mouvement du président est en tête des sondages avec plus de 30 % des intentions de vote suivi d'autres formations pro-occidentales. Il espère former à l'issue de ce scrutin une «majorité constitutionnelle» pour permettre la conduite de réformes vitales pour ce pays très corrompu et en profonde récession aggravée par le conflit armé.

Pour la première fois de l'histoire de l'Ukraine postsoviétique, le Parlement devrait être largement dominé par les pro-occidentaux en raison de la montée des sentiments antirusses alors que 5 millions des 36,5 millions d'électeurs ne pourront pas voter, vivant en Crimée et dans les zones rebelles du Donbass, traditionnellement prorusses.

Deux formations héritières du Parti des régions du président déchu Viktor Ianoukovitch, Ukraine forte et Bloc d'opposition, pourraient franchir la barre de 5 % nécessaire pour entrer au Parlement, mais les communistes risquent de ne plus être représentés.

La nouvelle Assemblée comprendra en revanche des militants de la société civile engagés dans la contestation du Maïdan, ainsi que des volontaires ayant combattu dans l'Est qui veulent faire entendre «la voix du front» au Parlement.

Une fois les législatives passées, la première tâche du chef de l'État sera de constituer une coalition solide capable d'adopter les difficiles mesures de rigueur exigées par les bailleurs de fonds internationaux de l'Ukraine, Fonds monétaire international et Bruxelles en tête.

Le premier ministre Arseni Iatseniouk a prévenu jeudi que l'Ukraine devrait s'attacher, une fois les législatives passées, à obtenir plus d'aide du FMI qui a déjà mis 17 milliards de dollars sur la table.

«Nous devons former le plus vite possible un nouveau gouvernement et inviter une mission du Fonds monétaire international», a souligné M. Iatseniouk. «Nous avons besoin de plus d'aide», a-t-il poursuivi.

À l'approche de l'hiver, Kiev privé du gaz russe depuis juin doit en outre résoudre d'urgence le conflit gazier avec Moscou qui risque de perturber les approvisionnements en Europe.

La Russie, visée par des sanctions occidentales sans précédent, subit également les conséquences du conflit sur son économie. Le rouble est tombé vendredi à des records de faiblesse face aux monnaies européenne et américaine, l'euro dépassant le seuil psychologique des 53 roubles.

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