Poutine ordonne le retrait des troupes russes à la frontière ukrainienne

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L'annonce du retrait des troupes russes par le président Vladimir Poutine laisse espérer une accalmie entre les Occidentaux et les Russes, engagés dans leur plus grave confrontation depuis la fin de la Guerre froide.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Anaïs LLOBET, Simon VALMARY
Agence France-Presse
MOSCOU et Donetsk

Le président Vladimir Poutine a ordonné de retirer les troupes russes déployées depuis cet été pour des exercices à la frontière avec l'Ukraine, à la veille d'une semaine d'intense activité diplomatique autour de la crise ukrainienne, source de vives tensions entre Moscou et les Occidentaux.

«Le chef de l'État a chargé le ministre de la Défense de commencer à faire revenir les troupes vers leurs bases permanentes», a annoncé le Kremlin tard samedi à propos des 17 600 soldats impliqués dans des manoeuvres depuis l'été dans la région de Rostov-sur-le-Don, dans le sud-ouest de la Russie, frontalière de celle de Donetsk en Ukraine en proie depuis six mois à un conflit armé entre Kiev et les insurgés prorusses.

Isolée sur la scène internationale, la Russie voit son économie et notamment sa monnaie pénalisées par des sanctions économiques sans précédent introduites par les Occidentaux, qui l'accusent d'avoir armé les rebelles dans l'est de l'Ukraine et d'avoir envoyé en août des troupes régulières pour les soutenir.

Moscou a toujours démenti l'implication de ses soldats aux côtés des séparatistes prorusses. L'OTAN affirmait de son côté que quelque 20 000 soldats russes étaient présents «près de la frontière avec l'est de l'Ukraine».

L'annonce du retrait des troupes russes laisse espérer une accalmie entre les Occidentaux et les Russes, engagés dans leur plus grave confrontation depuis la fin de la Guerre froide.

Le président ukrainien Petro Porochenko a ainsi indiqué samedi qu'il rencontrerait M. Poutine lorsqu'il se rendra le 16 et 17 octobre au sommet de l'Asem (Dialogue Asie-Europe) qui réunira à Milan (Italie) des dirigeants de l'Union européenne et de plusieurs pays asiatiques.

Cette rencontre s'effectuera en présence de hauts responsables européens dont la chancelière allemande Angela Merkel et les premiers ministres italien Matteo Renzi et britannique David Cameron.

«Je ne m'attends pas à des négociations faciles», mais «je suis optimiste», a souligné samedi ajoutant que Moscou devait passer «des déclarations aux mesures concrètes».

«Poutine a perdu»

L'idée d'une nouvelle rencontre entre les présidents, mise en avant cette semaine par le Kremlin, rappelle leur premier entretien au moment des cérémonies du Débarquement, le 6 juin en Normandie, sous le patronage de Mme Merkel et du président français François Hollande.

Depuis, MM. Poutine et Porochenko se sont retrouvés fin août, à l'occasion d'une discussion en tête-à-tête en marge d'un sommet régional à Minsk, la capitale du Bélarus. Cette rencontre a été suivie de la signature de l'accord de cessez-le-feu dans cette même ville, le 5 septembre.

Le sommet de Milan sera lui-même précédé d'une rencontre en particulier consacrée à la crise ukrainienne entre le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry, à Paris mardi.

Mais l'annonce du départ des troupes russes a aussi été perçue par certains membres de l'opposition comme étant l'aveu de l'échec de la politique russe en Ukraine.

«Le projet "Nouvelle Russie" est fini», a annoncé sur sa page Facebook l'opposant et l'ancien vice-premier ministre Boris Nemtsov, faisant allusion à l'expression utilisée par M. Poutine après l'annexion en mars de la Crimée pour désigner les régions russophones ukrainiennes.

Selon l'analyste ukrainien Taras Berezovets, le retrait des troupes russes montre que «Poutine a perdu».

De fait, Washington avait mercredi une nouvelle fois averti Moscou du risque de sanctions supplémentaires européennes et américaines, si la Russie ne retirait pas «immédiatement» ses forces armées de l'est de l'Ukraine.

Combats moins intenses

Sur le front de l'Est ukrainien, l'heure semblait à l'apaisement même si séparatistes et représentants de Kiev s'accusent mutuellement de ne pas respecter l'accord de Minsk, censé permettre la création d'une zone tampon entre les belligérants.

Un porte-parole militaire ukrainien, Volodymyr Poliovy, a constaté dimanche une «diminution de l'intensité des tirs» des rebelles.

Alors que le nouveau gouverneur de la région de Donetsk, Olexandre Kikhtenko, s'est dit prêt à des discussions avec les insurgés, le «Premier ministre» de la république séparatiste autoproclamée de Donetsk (DNR), Alexandre Zakhartchenko, s'est également déclaré disposé à retirer ses armes lourdes du front à condition qu'un cessez-le-feu soit respecté pendant cinq jours.

Mais des journalistes de l'AFP sur place ont continué d'entendre des tirs réguliers après cette annonce.

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