L'Ukraine prête à se défendre militairement

Kiev et la rébellion séparatiste ont signé samedi... (Photo ANATOLII STEPANOV, AFP)

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Kiev et la rébellion séparatiste ont signé samedi à Minsk un mémorandum en neuf points qui prévoit la mise en place d'une zone tampon de 30 km de large le long de la ligne de front.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Galina KORBA, Karim TALBI, Michel MOUTOT
Agence France-Presse
KIEV et Donetsk

Le président ukrainien Petro Porochenko a prévenu dimanche les séparatistes pro-russes et le Kremlin que l'Ukraine serait prête à se défendre militairement si le processus de paix amorcé ces derniers jours échouait.

Cette mise en garde du chef de l'État, arrivé au pouvoir en mai et qui a lancé les forces militaires dans une vaste opération «antiterroriste» dans les régions de Donetsk et de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, intervient après la signature samedi entre belligérants d'un mémorandum prévoyant la mise en oeuvre d'une zone tampon de 30 km de large le long de la ligne de front.

Mais alors que la mort d'au moins deux soldats ukrainiens a montré une nouvelle fois la fragilité du cessez-le-feu, que ce mémorandum visait pourtant à consolider, l'armée ukrainienne a annoncé son refus de mettre en oeuvre le plan de paix tant que la trêve ne serait pas totale.

Désescalade

Dans une longue interview à des chaînes de télévision ukrainiennes, le président a dressé un premier bilan de la courte trêve.

«Une désescalade est en cours, quoi qu'on dise», a déclaré M. Porochenko.

Mais «nous devons être prêts à défendre notre État si le plan de paix ne fonctionne pas», a-t-il ajouté.

«Nous devons renforcer nos lignes de défense, renforcer notre armée», a-t-il martelé, évoquant pour cela l'acquisition d'équipements de surveillance, de radars, auprès des Occidentaux, après sa visite la semaine dernière aux États-Unis, où l'administration américaine a annoncé le déblocage de 46 millions de dollars d'aide pour l'équipement et la formation des forces ukrainiennes.

Le dirigeant ukrainien a également rejeté l'idée d'une réponse uniquement militaire aux séparatistes, estimant que «plus il y aurait de groupes tactiques ou de bataillons de l'armée ukrainienne (dans les régions séparatistes), plus il y aurait de troupes russes sur place».

Moscou a toujours démenti toute présence de ses troupes malgré les informations de médias indépendants russes selon lesquels des parachutistes tués en Ukraine ont été inhumés en Russie.

M. Porochenko a enfin assuré «qu'aucun ordre n'a été donné de tirer sur des bâtiments d'habitations» et que les militaires responsables de bombardements sur des civils seraient traduits en justice.

Combats près de l'aéroport de Donetsk

Plus tôt dans la journée, le porte-parole de l'armée ukrainienne, Andriï Lyssenko, avait annoncé que la mise en oeuvre de la zone démilitarisée ne serait possible qu'une fois que le cessez-le-feu serait complet dans les régions séparatistes.

«L'un des principaux points (de l'accord de Minsk) concerne le cessez-le-feu, et seulement après, il y a les autres points», a déclaré M. Lyssenko.

«Tant que ce premier point n'est pas acquis, nous ne pouvons pas parler des points suivants», a-t-il averti, alors que le texte prévoit bien une entrée en vigueur simultanée de toutes les mesures prévues par l'accord de Minsk.

Le mémorandum de Minsk fait suite à un «protocole de cessez-le-feu» conclu le 5 septembre, déjà dans la capitale bélarusse. Mais depuis cette date, au moins 37 civils et militaires ont été tués dans l'est de l'Ukraine, selon un comptage a minima de l'AFP.

À Donetsk, principale ville tenue par les pro-russes, des tirs à l'arme lourde se sont poursuivis par intermittence dimanche matin aux abords de l'aéroport contrôlé par l'armée loyaliste, mais le calme semblait être revenu dans l'après-midi.

«Nous répliquons, bien sûr»

«Depuis l'aube et l'entrée en application du cessez-le-feu, nous avons remarqué une diminution de l'utilisation par l'armée ukrainienne des lance-roquettes multiples et de l'artillerie», a déclaré à l'AFP un membre des services de renseignement militaire de la République autoproclamée de Donetsk, prénommé Denis.

«Ils tirent moins sur les quartiers de la ville proches de l'aéroport. Mais ils n'ont pas bougé, ne se sont pas repliés. Leurs chars et leurs blindés sont cachés dans les stationnements souterrains, dans des positions enterrées», a-t-il ajouté.

«Nous avons reçu l'ordre de ne pas leur tirer dessus à l'arme lourde. Mais quand ils nous tirent dessus, nous répliquons, bien sûr. Dès qu'ils observent un mouvement de notre part, ils tirent. Chacun veut montrer à l'autre qu'il est toujours là», a expliqué Denis.

Parallèlement la violence des combats, qui ont fait près de 2900 morts et provoqué la fuite de plus de 600 000 civils, a pour la première fois conduit à l'organisation à Moscou d'un rassemblement massif pour la paix.

Des milliers de personnes se sont réunies dimanche après-midi dans le centre de la capitale russe pour dénoncer la «politique agressive et irresponsable» du Kremlin en Ukraine, qui mène selon elles la Russie vers l'isolement.




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